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Semi-marathon de Lille 2011

Arrivés vendredi soir, nos amis nous accueillent, Lucie et moi, à la gare de Lille Europe. J’impose la Pasta Party, c’est pâtes pour tout le monde! Bien que nous  tentons de ne pas veiller trop tard, je me couche juste après-minuit.

5 heures du matin, je suis réveillé.

Même si j’ai encore un peu de temps avant la sonnerie du réveil, je n’arrive pas à m’endormir de nouveau. A 5h30, je file dans la cuisine pour engloutir mon assiette de pâtes natures. Je prends une douche pour réveiller mon corps puis je « check » mon sac pour être sûr de ne rien oublier: casquette, t-shirt Runnosphère, short, booster, chaussettes, running, Forerunner 405, nok, ceinture et gourdes remplies, épingles à nourrice pour le dossard. Tout est prêt!

Je quitte l’appart’ du Vieux Lille à 6h00. Il fait encore nuit et une légère fraîcheur peut encore se faire ressentir. Je me promène tout doucement dans les rues de la ville à destination de la mairie de Lille. Les « bradeux » installent leurs stands. Dans quelques heures, ces mêmes rues seront bondées de monde.

J’arrive à la mairie de Lille avec un peu d’avance, enfin beaucoup d’avance. Il est 6h45; le départ à lieu dans 2h15. Je m’allonge sur un banc à l’extérieur en attendant que la tente décernée à la remise des dossards ouvre. 20 minutes plus tard, le dossard est retiré. J’entre dans la mairie de Lille transformée pour l’occasion en vestiaires. Je trouve un banc isolé et je m’allonge. Je m’endors très rapidement. A 8h, je me réveille; de nombreux coureurs sont autour de moi en train de se changer. Ma sieste m’a fait du bien. Je m’en change à mon tour, je dépose mon sac et je pars vers la ligne de départ. Sur le chemin, je croise Jean-Pierre qui me semble au taquet. Je sens que j’ai besoin de m’échauffer avant de prendre le départ. J’en profite également pour bloquer mes lacets, afin d’éviter qu’ils ne se défassent pendant la course. Des jeunes s’approchent de moi, baignant dans un alcool euphorique:  » Hé, monsieur, chiche que vous courrez tout nu’ – je leur souris en répondant négativement de la tête, je suis déjà concentré, et dans ces cas là, je ne suis plus très drôle – « Allez Monsieur! Pourquoi vous ne voulez pas courir tout nu » – ma réponse est simple mais efficace « Cela aurait été avec plaisir mais j’ai déjà froid en short, alors tout nu… ».

Le pistolet pointe son canon vers le ciel bleu lillois…

Je m’approche de la ligne de départ. Je suis juste derrière la corde qui me sépare les amateurs de l’élite. Je n’ai plus froid. Parmi les coureurs, je sens que la chaleur monte. Le pistolet pointe alors son canon vers le ciel bleu lillois et retentit. C’est parti. Ma stratégie de me mettre devant pour éviter de devoir doubler ou d’être ralenti est efficace. Mais du coup, je suis happé par des coureurs qui partent vite, très vite, trop vite. Bien que je n’arrête pas de me faire doubler, je suis à une allure de 3’30 »/km. J’essaie de ralentir pour me poser autour de 4′/km. Mais c’est dur de ralentir. Et je sais alors que ce départ rapide, avec mon état de forme moyen et la chaleur qui commence à peser, annulera toutes mes chances de battre mon chrono perso (1h29min57sec lors du semi de Paris 2011).

J’arrive au premier virage, au km 1,5. Je sais que Lucie, ma famille et Juliette sont là pour m’encourager. Ils sont d’ailleurs surpris de me voir si rapidement. Ils sont tous avec des banderoles, des sifflets et ils donnent de la voix. Je suis vraiment content de les voir. Je viens de faire 3 km et j’ai déjà chaud. Je commence à boire comme convenu ma boisson de l’effort toutes les 10 minutes, et a prendre mon gel toutes les 15 minutes. J’ai les jambes un peu dures comme des bâtons. Mais je suis en meilleure forme que la semaine précédente. J’avais débuté une sortie de 1h30 mais au bout de 40 minutes, j’avais abandonné car j’étais épuisé, et j’avais une grosse envie de dormir. Quand j’y repense, je me dis que j’ai dû me surentraîner et du coup, le gros coup de fatigue était là.

Les premières éponges font du bien, elles rafraichissent. J’attends avec impatience le ravitaillement en eau, que j’atteins après le 5ème km. Et là, déception, ce sont des gobelets. Je ne sais pas qui a eu l’idée d’organiser ce stand de cette manière mais il ne doit pas être un coureur. A-t-il déjà essayé de boire un verre d’eau en courant à 14,5 km/h?! Du coup, je m’asperge d’eau et bois très peu d’eau fraîche, ce qui pourtant n’aurait pas été du luxe… Je repasse devant mes supporters pour la seconde partie de cette première boucle. Cette fois, ils anticipent mon arrivée et je les entends avant de les voir. Je tape dans leurs mains au passage et me retourne pour les saluer.  Ca passe toujours très vite ces moments là. Je remonte le boulevard Vauban et je me prépare à tourner dans le bois de Boulogne, vers la citadelle Vauban. Et en fait non. Je dois alors tourner vers la droite pour remonter le boulevard de la Liberté. Je suis un peu déboussolé, et je perds un peu mes marques. Il faut dire que le plan officiel était un peu brouillon. Une image de la carte de Lille sur lesquels sont tracés 3 courses différentes dont une en 2 boucles, ça donne 4 codes couleurs sur la même carte, ce qui fait un peu amateur. Il existe tellement de solutions gratuites pour faire des tracés bien plus lisibles…

Un peu perdu, je remarque que, hormis l’impasse sur la citadelle, le parcours ne change pas trop par rapport à ce que je m’étais imaginé. Je passe la rue Nationale qui se remplie doucement d’une foule venue pour la braderie de Lille, je traverse la grand place et puis je remonte vers la ligne d’arrivée (mais que j’aurai alors à franchir une seconde fois pour finir le semi, dans 12,5km). Cette route est sur un faux plat qu’il faut gravir, en ligne droite. Je passe sous la porte de Paris qui se trouve devant la Mairie de Lille puis je débute le tour du parc rouge (que j’appelle ainsi à cause de la couleur de ses grilles). C’est beaucoup plus facile de l’appeler ainsi plutôt que « Parc Urbain Jean-Baptiste Lebas ».

Au passage du parc rouge, je demande à un bénévole où sont les lillois. Car, bien que de nombreuses personnes sont présentes sur le parcours, l’ambiance est plutôt morose, silencieuse. Moi qui m’attendait à un accueil chaleureux des nordistes… Heureusement, quelques personnes sont là pour encourager à différents endroits du parcours.

L’idée de l’abandon surgit

Je franchis la ligne de départ pour la seconde fois. Je fais le 10km en moins de 40 minutes. Le chrono est envisageable sur le papier. Mais mes jambes sont très lourdes. Je m’arrête d’ailleurs 5-6 secondes le temps de prendre mon gel et je relance. Je pense alors à un éventuellement abandon, histoire de me préserver pour le marathon dans un mois. Mais je décide de continuer, pour tous ceux qui sont venus m’encourager.  Je les entends pour la 3ème  fois m’encourager. Et je poursuis, un peu boosté. Mais une centaine de mètres plus loin, je marche une nouvelle fois, histoire de boire un peu. Et je repars. Sur la longue ligne droite, je me cale avec un autre coureur qui se trouve à mes côtés. Nous sommes sur le même rythme et la même foulée. A un moment, je sens qu’il décroche un peu et je l’encourage, il me rattrape et  nous nous présentons. Je cours ainsi avec Pierre pendant 4km. Il me rebooste le moral et me permet de puiser un peu plus d’énergie. Mais je ne lui apporte pas le même soutien, il commence à traîner un peu plus derrière moi, bien que j’essaie de l’attendre et de l’encourager. Je passe alors une quatrième fois devant mon fan club qui donne de la voix , des sifflets et des encouragements. On n’entend qu’eux sur ce grand boulevard rempli de monde. Ca me pousse un peu plus. Pierre doit le sentir et me crie de le laisser, d’y aller. J’entends Lucie me demander au loin comment je vais et je lui fais signe que ca va moyen.

Je quitte alors Pierre à l’entrée du bois de la citadelle de Vauban. J’arrive au 16ème km. Je vois un ravitaillement Powerade. Je repense alors au même ravitaillement qu’il y avait sur le marathon de Paris. Le sol était alors particulièrement collant juste après ce ravitaillement. Je ne prends pas de Powerade mais un verre d’eau. Cette fois, je manque de me noyer. Boire un verre d’eau à 4’30 le km, c’est également impossible. La chaleur est vraiment insoutenable, mais nous avons la chance d’avoir une bonne partie de parcours à l’ombre. Je ne reconnais pas le parcours, alors que c’est un chemin que j’ai emprunté en courant des dizaines de fois, quand j’habitais à Lille il y a 6-7 ans. Il y a eu des changements depuis. Et j’avais l’habitude de l’emprunter dans l’autre sens, ce qui bouleverse les repères. A la sortie de la citadelle, j’entends un encouragement dont je me serai bien passer « allez, c’est pas le moment de faire un infarctus! ». No comment…

Un dernier 1500m en 3’54 »/km (15,4 km/h)

A l’approche de l’avenue de la Liberté, je me fais doubler par le meneur d’allure de 1h30. Ca me casse le moral et je me mets à marcher de nouveau. A peine le temps de marcher 2 secondes qu’un coureur décide de m’emmener en me disant que ce n’est pas le moment de s’arrêter, si proche de l’arrivée. Je guette mon fan club, mais je ne l’aperçois pas; cela m’aurait fait du bien. Je les ai peut-être loupé car les personnes sont nombreuses sur le bas côté. Une femme donne de la voix pour encourager les coureurs et je la remercie. Je me fais doubler, je regarde ma montre et ej calcule que j’arriverai en 1h32 à cette allure. Soudain, j’entends mon fan club qui m’encourage pour la 5ème fois sur le parcours. Ca me redonne la banane. Je prends conscience que je peux finir en 1H30 ce semi, que le dernier trajet et comme un fractionné de plusieurs 1 500 mètres, sauf que là, je n’en ai plus qu’un à faire. J’accélère donc sur ce dernier tronçon à une allure moyen de 3min54 le km. Je puise au fond de mes forces. Je double les coureurs qui me doublaient quelques minutes auparavant, je traverse à nouveau la grand place. Je franchis le dernier virage qui mène à la ligne d’arriver. La route monte légèrement, et c’est dur. Ma montre affiche 21,1km mais il me reste encore 200m. Un coureur me double, ce qui hors de question. J’accélère et je me mets à son niveau; c’est un bon compromis. Je franchis la ligne d’arrivée en 1h30 minutes et 18 secondes. 21 secondes de plus qu’il y a 6 mois, au semi de Paris.  Je m’écroule et m’allonge sur le bitume. J’ai tout donné. Le temps de reprendre mon souffle et mon esprit, je vois Jean Pierre de Run Reporter Run qui ne semble pas trop content de lui non plus. Puis je me lève et j’attends Pierre. Il franchit la ligne peu de temps après moi. Je le félicite et nous nous remercions mutuellement. Nous empruntons l’itinéraire obligatoire d’après ligne d’arrivée ensemble. Retrait des puces, ravitaillement en eau et en oranges. J’apprends que c’est son premier semi, qu’il a plutôt  l’habitude de courir des 10km. Etant de Paris, je l’invite à venir prochainement à une Pasta Running Party, ce qu’il accepte volontiers. Et nous nous séparons.

 

 

Je sors des sas d’arrivée. Ce sont les bouchons à la sortie. Ceux qui sortent sont stoppés par les familles et amis supporters, qui attendent devant une sortie pas très bien placée. Je reçois ma médaille encore emballée dans son sachet et je file vers les vestiaires, pour récupérer rapidement mon portable et appeler la fine équipe de supporters. J’apprends qu’ils sont déjà au village d’arrivée. Je me dépêche pour les rejoindre. Bien que la canicule se fait sentir, j’ai un peu froid. Je décide donc garder mon sweat et mon survêt. Nous nous retrouvons au village d’arrivée. Nous prenons des photos ensemble. Puis je file au lieu de rendez-vous que j’avais fixé. Très vite, Nico me retrouve et nous échangeons sur la course. Même si son temps est meilleur que l’année dernière, lui aussi n’est pas trop satisfait. Mais je pense que la chaleur aura eu son effet négatif, puisque le vainqueur aura mis 2 minutes de plus que celui de l’année précédente. Personne ne sera passé sous la barre des 1heure pour le semi de Lille 2011.

Avec Nico, nous discutons beaucoup de course à pied bien sûr, de la Runnosphère, de triathlon. Nous parlons aussi de la braderie de Lille. Nous attendons DD2012, nfkb et only_and_lost. Mais à midi, ne les voyant pas, nous décidons de nous séparer. Je découvre un peu plus tard les twitts des 3 attendus. Le réseau a dû saturer avec le monde à l’arrivée. La rencontre sera alors pour une prochaine fois…

Je finis donc la course en 415ème place. Un peu amer, mais content. Je remarque que sur les 4 dernières courses auxquelles j’ai participé, la chaleur s’était particulièrement faite ressentir: marathon de Paris, Paris-Saint-Germain, cross du Mont-Blanc et maintenant le semi de Lille. Pour quelqu’un qui n’aime pas la chaleur, je suis servi!

Mais à ce moment là de ma réflexion, un nouveau ravitaillement m’attend : un bon plat de moules frites, accompagné d’une bonne pression belge bien fraîche, avec toute la famille!…

 

 

Un grand merci à (par ordre d’apparition)…

- Lucie pour avoir organisé l’équipe des supporters, de m’avoir encouragé sur le parcours, et d’avoir pris mon « pass escapade » sinon, j’aurai eu une belle amende dans le train,
- Guillaume, d’avoir joué le taxi-driver en venant nous chercher et nous raccompagnant à la gare,
- Pauline, d’avoir organisé une Pasta Party en mon honneur,
- Juliette, de m’avoir hébergé pour la nuit,
- Mon oncle, ma tante et ma cousine, qui se sont levés encore plus tôt que moi, pour venir m’encourager sur le parcours, armés de banderoles, de sifflets, de leurs voix et de leurs sourires,
- les bénévoles qui ont su garder le sourire et encadrer la course dans la bonne humeur (faisant parfois une chaîne humaine pour éviter que les piétons ne gènent la course),
- les quelques supporters qui ont donné de la voix et qui ont applaudi sur le parcours; leurs encouragements sont vraiment un plus pour les coureurs.

Je ne remercie pas:

- la SCNF pour ses 28min de retard pour un trajet de moins de 1h pour le Paris-Lille (avec un retard de 30minutes, c’était une partie de billet remboursé), ni pour ses grèves de TER en pleine braderie de Lille.
- le gars qui a fait intentionnellement semblant de passer juste devant moi pour me couper dans mon élan en pleine course.

Ils ont couru le semi de Lille:

- Nico: http://www.letsrun.fr/?p=510
- nfkb0: http://www.nfkb0.com/2011/09/03/mes-progres-en-course-a-pied-semi-marathon-de-la-braderie-2011/
- DD2012: http://run.dd2012.fr/2011/09/07/course-3-semi-marathon-de-lille/#comment-645
- Run not only: http://runnotonly.wordpress.com/2011/09/05/semi-marathon-de-lille/
- Jean-Pierre de Run Reporter Run (récit de son coéaquipier Christophe): http://runreporterrun.wordpress.com/2011/09/05/semi-marathon-de-lille/

Si vous avez vécu le semi de Lille, tant en tant que coureurs que supporters, faites nous part de votre sentiment par rapport à cette course.

Quels sont pour vous les points positifs du semi de Lille?

Quels sont les choses qui devraient évoluer pour la prochaine version du semi de Lille?

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