Mon Quechua Trail des Fiz

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Quechua-Trail-des-fiz-Recit-de-course

Après avoir eu quelques mésaventures avant la course, qui remettaient en cause ma participation au 60km des Fiz, je suis finalement bien présent sur la ligne de départ. Voici le récit de mon aventure.

Départ-Quechua-Trail-des-Fiz-2012
En attendant le départ

Le dossard enfin accroché à ma ceinture porte dossard Quechua, je prends conscience qu’il faut maintenant que je me concentre sur la course. Je me rends alors compte que je ne me suis pas du tout concentré sur le parcours et que je n’ai pas réfléchis à une éventuelle stratégie de course à mettre en place. Dans la tente où les 150 coureurs attendent le départ, l’organisateur nous annonce un départ repoussé de 30 minutes. Il faut dire qu’un véritable déluge est tombé durant la nuit et qu’une légère pluie tombe toujours. Pour des raisons de sécurité, la partie relative à la 2ème bosse du tracé, celle de Grenairon, est supprimée, jugée trop dangereuse. C’est donc un parcours amputé de 5km et de 1000m de dénivelé que nous allons emprunter aujourd’hui.

Sur-la-ligne-de-départ
Sur la ligne de départ

5h30: Le départ est lancé. Le jour commence à se lever sous une pluie fine. Bastien et moi partons parmi les derniers du peloton. Nous décidons de débuter le parcours ensemble. La première partie du parcours est assez roulante, jusque Charbonnières. Très vite, nous nous arrêtons pour enlever notre imperméable, car la pluie a cessé. Un coureur abandonne déjà; il vient de se fouler la cheville. Nous entamons une légère montée puis une légère descente. Rapidement, je remarque que je n’ai pas récupéré de mon trail de Verbier 3 semaines plus tôt. Les jambes ne sont plus douloureuses mais je ressens un manque de vigueur, un manque d’énergie. Ca promet d’être dur.

 

Vue-Sur-la-route-vers-Varan
Sur la route du refuge de Varan

 

Refuge-de-Varan
Au refuge de Varan

Pour la première montée qui nous amène au refuge de Varan, la vue est magnifique. Je monte lentement et très vite Bastien prends le relais. Il imprime un bon rythme en ascension. Le parcours en lacets nous amène au refuge de Varan, au bout de 11km et 1h45min de course, pour notre premier ravitaillement. Le temps de faire le plein et de prendre quelques photos et nous repartons pour une courte descente. Bastien est toujours devant, je le suis dans le descente. Je vais mieux dans cette portion de route. Une petite montée est à emprunter avant de replonger. Le terrain est gras et les coureurs ne sont pas à leur aise. Bastien décide de doubler la petite troupe de coureurs devant. J’attends une nouvelle « fenêtre » pour pouvoir également les doubler et je rejoins Bastien. Nous poursuivons la descente et je prends la tête cette fois-ci. Ca descend vite et nous rejoignons une portion du parcours que nous avons emprunté à l’aller. Le virage sec nous permet de partir pour le premier sommet du parcours, vers le refuge de Platé, qui culmine à plus de 3 400  2 000 mètres. C’est plus de 1 000 mètres de montée qui nous attendent. Je mène l’allure sur le premier tiers du parcours. Mais très vite, je ressens un mal de bide. Les barres ne passent pas et la boisson Effinov qui, généralement passe très bien, me fait dégoût. Au bout de 2h45 de course, et à 1800m d’altitude, nous entrons dans une purée de pois. Nous ne voyons pas à plus de 50m et il nous arrive d’être surpris de nous retrouver d’un seul coup face à une falaise, ou a proximité d’un précipice. Nous atteignons ainsi le second point de ravitaillement au bout de 3h15 de route. Le temps de remplir les CamlBack et nous repartons aussitôt. Nous nous faisons doubler par les 1ers coureurs des 30kms. Dans la purée de pois, nous avançons sur un sol composé de grands rochers lisses et plats. L’ascension se poursuit mais j’ai de plus en plus mal au ventre. Je n’arrive pas à manger ni à boire. Du coup, l’effort est dur à maintenir. Progressivement, je vois Bastien s’éloigner. J’essaie de boire ma boisson Effinov mais ca ne passe pas. On n’y voit pas grand chose, le vent souffle, il commence à faire froid. Mais j’approche du sommet. Je ne vois plus Bastien depuis plusieurs minutes. J’approche des Grandes Platières et le terrain est de plus en plus accidenté. Seuls les carbris peuvent s’en sortir; ca tombe bien, j’en suis un. Je saute de rocher en rocher, essayant de prendre le chemin le plus court. D’autres coureurs, moins à leur aise, sont obligés de contourner les difficultés et perdent un peu de temps. Je remonte ainsi plusieurs coureurs. Arrivé au télésiège, le chemin est enfin roulant. Mais le sol est rocailleux et il faut être vigilant. Je manque d’ailleurs de me croquer la cheville. Au loin, j’aperçois Bastien, qui préfère assurer la prudence sur ce sol instable en marchant. J’arrive à sa hauteur. Nous poursuivons ensemble sur un chemin pas très joli. Le décor doit être de rêve. Malheureusement, les nuages bas nous empêchent de voir à plus de 50 mètres. La piste de ski que nous empruntons descend progressivement de manière plus abrupte. J’en profite pour dérouler la foulée et détendre mes muscles, un peu crispés. Puis nous quittons la piste pour une route réservée aux 4×4, très pentue. Nous descendons rapidement le chemin mais nous nous arrêtons régulièrement, car les muscles chauffent.

Gîte-du-lac-de-Gers
Gîte du lac de Gers

Puis, au  détour d’un lacet, c’est à mon tout d’abandonner Bastien. Il me dévient pénible physiquement de courir plus lentement en descente et je préfère donc lâcher les chevaux. Quand j’arrive dans une pente plus douce, je m’arrête pour attendre Bastien. Je profite du paysage: coincé entre deux montagnes, un lac accueil sur son bord un chalet d’alpage, qui  sert de ravitaillement pour la course. Au-dessus de ce paysage, des nuages composent un plafond bas, qui s’encastrent dans les 2 flancs de montagne. Soudain, j’entends Bastien qui me crie de continuer. Il doit savoir que je prends plus de temps aux ravitaillements. Je repars donc en tête.

Au ravitaillement, je reprends plusieurs fois de la soupe et du coca. Ca me fait du bien, ca calme progressivement mes intestins. Bastien me rejoint. Nous nous rassasions rapidement et nous repartons. Bastien a plus de mal dans la descente. Il a le genou qui lui est douloureux. Du coup, nous nous interrompons à plusieurs reprises dans la descente. je regarde ma montre et je découvre que nous nous approchons dangereusement de la barrière horaire de mi-parcours. Nous nous devons de presser le pas. Et je me vois l’encourager alors qu’il y a moins de 2 heures, je le voyais s’éloigner devant moi. Mais finalement, arrivé sur le plat, tout va bien. Nous avançons tranquillement. Puis, au détour d’un virage, nous retrouvons le père de Bastien, venus nous encourager et nous photographier. Puis, un peu plus haut, c’est la maman de Bastien qui nous accueille. Je continue d’avancer en tête, pressé d’arriver au ravitaillement de mi-parcours de Salvagny. Puis, je les reconnais, je les vois, un couple d’amis est spécialement venus m’encourager. Ca fait plaisir de les voir.

Supporters-de-Salvagny
Supporters de Salvagny

Au ravitaillement, nos sacs à dos sont contrôlés pour vérifier que nous possédons toujours la matériel obligatoire. J’enfile un verre de Coca, un verre d’eau gazeuse et une soupe chaude. Quelques abricots secs sont là en accompagnement. Bien que la table soit garnie, je ne suis pas du tout attiré par la nourriture proposée. Je profite également de ce moment pour boire un peu d’eau plate. Changement de tenue pour Bastien; je remets en ordre mon sac à dos. Je regarde ce que j’ai en solide qui pourrait passer plus facilement. Je prépare une barre et 2 gels Mulebar, 2 gels Coca et 2 pâtes d’amandes Isostar, et une barre Gourmies. Il y a bien quelque chose qui va passer… Nous prenons quelques photos et nous repartons. Sur le chemin, j’appelle Lucie pour lui dire où nous en sommes. Puis nous recommençons à trottiner gentiment. C’est dur. J’ai chaud, j’ai soif. Nous empruntons la Route des Cascades, mais la plupart des lits que nous traversons sont secs. Quand nous trouvons une cascade qui n’est pas tarie, c’est avec plaisir que je me mets la tête sous l’eau.Quel rafraichissement!  Ca monte un peu et nous arrivons au ravitaillement du refuge des Fonts.

Décor du Quechua Trail des Fiz
Décor du Quechua Trail des Fiz

Nous poursuivons notre route et nous entamons une longue montée de 800 mètres. Je reprends du poil de la bête et Bastien le remarque. C’est bon signe. Une grande partie du parcours se déroule dans la forêt. Quand nous sortons du bois, le décor qui s’offre à nous est splendide. Il est juste dommage de voir ce paysage traversé par des lignes à haute tension. Le ciel est maintenant dégagé et nous sentons le soleil chauffer. Nous atteignons le sommet après 8h45 de course. Nous redescendons par un chemin dont le finish vers le refuge se termine sur un tapis herbeux. C’est très agréable.

Au refuge Alfred Wills, je fais le plein. La vue est magnifique. Nous sommes face à une immense falaise de 1 000 mètres de dénivelé. C’est impressionnant.

Le vent souffle...
Le vent souffle...

Sur ce ravito, j’ai enfin l’impression que les intestins sont remis en place. Il nous reste une ascension de 300 mètres, puis une seconde de 200 mètres. Le plus dur est passé. Nous quittons le refuge et j’entame la première montée en tête. J’ai du jus, je vais bien; je monte en avalant les mètres de dénivelé. Bastien suit derrière mais il a une meilleure forme que moi. Nous passons la roche friable et accédons à un large plateau qui supporte un lac. Le vent souffle et nous ne nous éternisons pas, pour ne pas prendre froid. Nous remontons les derniers 200 mètres en 2 fois. Arrivés sur le dernier col, nous nous arrêtons pour immortaliser ce passage. Il reste 10km très roulant, en pente douce. Ce qui peut se faire en 1h30.

Dernier col...
Dernier col...

Nous sentons que nous sommes suivis et nous pressons le pas. Avant dernier ravitaillement: nous prenons notre temps, et nous plaisantons avec les bénévoles. Enfin, surtout moi! Un concurrent arrive et repart aussitôt. Bastien montre son impatience et son envie de revenir sur ce coureur. Nous repartons alors. Nous avons désormais un bon rythme. Je n’ai plus de maux de ventre et les jambes sont plutôt là. Nous retrouvons le coureur en blanc qui nous avait doublé lors du précédent arrêt. Nous somme sur un single track et le coureur ne semble pas vouloir nous laisser passer, alors que nous sommes coller à ses baskets. Finalement, dès qu’une opportunité se présente, nous doublons et nous poursuivons sur notre lancée. Il fait de plus en plus chaud, le soleil a enfin décidé de se pointer. Bien que nous ayons chaud, nous avançons vite. Nous sommes rapides dans les portions techniques et nous ne perdons pas trop de temps. Nous en profitons pour doubler un nouveau coureur. Petite photo et nous arrivons sur une route en descente. Ca sent la fin! On poursuit. La chaleur nous déshydrate. Bastien qui connaît bien le coin fait soudainement une virée hors de route. Je regarde où il m’emmène et je découvre une petite fontaine d’eau fraiche qui s’écoule dans un tronc. Nous nous aspergeons et nous réhydratons. Nous ne perdons pas trop de temps pour autant. Le dernier ravito approche et nous convenons de nous arrêter pur un verre d’eau et repartir aussitôt. C’est ce que nous faisons, mais au moment de repartir, nous voyons le coureur en blanc revenir sur nous. Il a l’air exténué mais il est là. Nous décidons d’accélérer un peu plus. Bastien m’assure que tous le reste du parcours est en pente douce descendante hormis à l’arrivée. Nous nous enfonçons donc dans la forêt, à allure rapide. Soudain, nous sommes stoppés nets. Des chevaux surgissent face à nous au moment où le chemin est étroit. Nous sommes obligés de nous mettre sur le côté et de laisser passer les 5 cavaliers. N’ayant plus de patience dès le deuxième équidé, nous décidons de traverser dans la « cambrousse ». Nous repartons. Après plusieurs minutes, alors que Bastien m’assurait que nous n’aurions plus que du plat dans la forêt, nous nous retrouvons face à un mur à gravir, puis un second, puis un troisième. Je le charrie mais nous ne perdons pas trop de rythme. Enfin nous sortons de la forêt. Le chemin herbeux qui monte vers l’arrivée est en plein soleil. Nous décidons de marcher rapidement. Quand le plat revient, il reste 200 mètres en ligne droite. Nous repartons en courant. Entre les barrières, les derniers supporters nous applaudissent. Nous nous prenons la main et nous levons les bras en franchissant la ligne. Nous y sommes arrivés, ensemble, au bout de 11h45 de course! Quelques minutes plus tard, le coureur blanc arrive. Nous le félicitons.

 

A l'arrivée
A l'arrivée

Nous sommes plutôt épuisés et nous nous posons sur des marches à côté de l’arrivée. Nous passons quelques coups de téléphone puis nous nous dirigeons vers la tente de massage. Nous préférons retrouver les ostéopathes, qui pourront nous remettre un peu en ordre. Pour moi, ce sont les chevilles, les genoux et les hanches; pour Bastien, ce sera le dos. Nous nous changeons sommairement à la voiture. Les parents de Bastien nous retrouvent et nous échangeons, contents de notre journée. Avant de redescendre, nous souhaitons faire un coucou à l’équipe Quechua. Mais nous arrivons trop tard, la tente est déjà repliée. Mais Pierrick, que j’avais eu au téléphone la veille, nous a repéré et passe nous faire un coucou avant de repartir.

La journée fut longue et le week-end fut plein de rebondissement. C’est une course magnifique que nous avons faite. Certes, nous avons fait moins que ce que était prévu, mais pour moi, trois semaines après Verbier, et dans les conditions dans lesquelles j’avais pris le départ, je pense que j’aurai eu vraiment du mal à terminer.

La course en elle-même est vraiment technique et difficile. Et pour ceux qui souhaitent se mesurer à des coureurs de bons niveaux, cette course est un bon moyen de se jauger. Il faut dire que la plupart des concurrents sont des personnes de la région, pour la plupart des athlètes en club. La course est donc très rapide et les barrières horaires, notamment la première, ne sera pas accessible pour tout le monde.

Enfin, les bénévoles sont tous super accueillants et souriants. C’était un plaisir à chaque fois de discuter avec eux.

Le récit de course de Bastien: http://blog.djailla.com/2012/08/10/302eme-sortie-quechua-tour-des-fiz-2

Remerciements:

Merci à Quechua de m’avoir permis de participer à cette course et de m’y avoir invité.
Merci à Bastien et ses parents pour leur accueil chaleureux, et leur soutien pendant la course,
Merci à Julien et Caro, venus m’encourager à mi-parcours,
Merci à tous les bénévoles pour leur investissement, leur sourire et leur bonne humeur,
Mais surtout, merci à Bastien (bis) pour son soutien pendant toute la course, pendant laquelle il m’a tiré et fait avancer. Sans lui, cela aurait été bien plus dur!

26 Commentaires

  1. excellent cette course en équipe, du beau travail, chapeau les gars

  2. Bravo les gars, vous avez bien gérés et montrés une belle solidarité !

  3. Encore une fois, félicitations pour t’être donné à fond (et avoir fini ce superbe trail) !

  4. bravo ! 2 gros trails de montagne en 3 semaines pour un « parisien », c’est fort 🙂

  5. défi brillamment rempli ! pas facile d’enchainer ces 2 courses, tu te souviendras longtemps de ce mois de juillet 2012 🙂 tu auras bien mérité tes vacances à venir 😉

    • C’est clair que ce mois de juillet était bien rempli. Maintenant, concentration sur le mois d’août avec un planning de 0km en compétition!

  6. Bravo Grég! Tu es fait fort d’avoir enchaîne ces deux trails.

    • Merci François! Je suis content d’avoir relevé ce défi! Maintenant, je pense que ca m’a permis de bien travaillé le fond et ca va me rendre plus fort sur les prochaines courses sur route. Enfin, j’espère…

  7. J’aimerais bien que tu me laisses un peu de Bastien pour la Gap en’ cimes 🙂
    Bravo pour l’enchaînement car c’est quand même un effort physique à gérer qui n’est pas facile. Je te souhaite un top repos bien mérité !!

    • Oh, tu sais, j’ai dû le ralentir un peu, sinon il partait loin devant!! Je crois qu’il en a gardé sous la semelle pour toi, ne t’inquiète pas! 😉

  8. Tu te rends compte que tu es capable de courir, monter, descendre, gérer une course pendant 11h45 ? C’est énorme !! Bravo à tous les 2 pour ce très beau défi à 2 !

  9. Félicitations à tous les deux ! Belle course et belle équipe !!
    Bravo à toi Greg pour avoir rempli ton défi de courir ces deux trails dans le même mois, bien joué !! Bon repos maintenant !

  10. 11h45 de course… c’est un GROS truc! Bravo Grégo.

  11. Refuge platé : 2032m !
    Je sais l’altitude donne le tournis mais quand même!

  12. à lire ton récit, ca m’emmerde de ne pas avoir couru du coup !! ca avait l’air trop bien !

  13. Superbe CR bien détaillé comme on aime !!
    Tu as parfaitement relevé ton défi !! Chapeau !!

  14. Ils en parlent aussi: Quechua, plus qu’une marque… | Greg Runner

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