Mes 10km de la Course de la Saint Valentin

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10km Course Saint Valentin

La course de la Saint Valentin: ma première course de l’année, ma première course du Paris Running Tour, et un premier 10km depuis la 10km de L’Equipe, disputé en juin dernier. Bref, beaucoup d’incertitudes pour cette course qui se disputait aux Buttes Chaumont, terrain digne des montagnes russes.

La course de la Saint-Valentin était synonyme d’incertitudes pour moi. Je ne savais plus ce que je valais sur un 10km. Pourtant, malgré mon surentrainement en fin d’année, j’avais pu reprendre confiance au fur et à mesure des entrainements concoctés par Jean-Pierre Monciaux, réalisés dans le cadre de la Team Asics Press en guise de préparation pour la Riviera Classic du Monaco Run qui aura lieu le 17 mars prochain. Si le début fut un peu dur, j’avais retrouvé confiance au fur et à mesure des mes sorties, voire j’avais ressenti à nouveaux les bonnes sensations de la vitesse.

Aussi, malgré ces bonnes sensations, il est toujours difficile de savoir ce qu’on vaut exactement sur un 10km, tant qu’on n’a pas couru la distance. Mais si, en plus de cela, on vous ajoute des montées et des descentes sur le parcours, forcément, on est encore plus dans le flou. J’étais dans ce cas.

Aussi, quand j’arrive sur le parcours pour m’échauffer, je tombe sur Philippe, armé de son appareil photo, placé en haut de la plus grosse côte du parcours. Il sera accompagné d’ailleurs à cet endroit par deux photographes de Photo Running. Nous échangeons quelque peu sur le parcours. Philippe, qui a couru sur ce parcours l’année dernière, me conseille de ne pas partir trop vite. Je lui avoue que c’est quelque chose que j’aimerai bien faire, même si j’ai tendance à partir comme un boulet de canon sur chacune de mes courses.

Je finis mes échauffements puis je me place sur la ligne de départ. J’y retrouve Lucie, mon épouse, accompagnée de son amie Jason. Je les salue et je leur conseille de se placer en bas de parcours, au soleil, ce qu’elles font.

Je m’approche de la ligne de départ et je me place juste derrière ceux qui finiront sur le podium moins de 36 minutes plus tard. Le soleil commence à monter dans ce grand ciel bleu qui annonce bientôt la fin de l’hiver. Les rayons commencent à chauffer timidement. Via ma Garmin Forerunner 610, je cherche les satellites; au micro, le compte à rebours démarre.

Course Saint Valentin: le Plat avant la montéeTop, c’est parti! Dans ce genre de course, il faut vite s’extraire du peloton pour éviter de trébucher et perdre de l’énergie à devoir doubler ceux qui étaient placés un peu trop sur la ligne de départ malgré leur capacité. En moins de 50 mètres, je me retrouve dans le peloton de tête, avec 10-15 coureurs. Le départ est lent; les coureurs de tête savent qu’il ne faut pas se griller sur le premier km; la course ne se joue pas à ce niveau, mais sur la gestion des bosses et des faux plats. Pourtant, je me retrouve dans les 5 premiers, bien que j’essaie de freiner mes ardeurs. Une benne se trouve en plein milieu du parcours, nous devons la contourner par la gauche. Je ne vois pas les marques au sol et je me met à suivre le coureur juste devant moi qui part sur la droite. Nous faisons ainsi une coupe dans le parcours malgré nous et je me retrouve en seconde position. Le coureur devant semble tout aussi surpris que moi de cette place qui n’est pas légitime et nous serrons le frein à main. Le peloton nous rattrape et j’essaie de ne pas me caler sur ce rythme. Je passe devant Lucie et Jason sans les voir, trop concentré à trouver mon rythme et ma place. Elles non plus ne m’ont pas vu passer et m’encourageront de loin, dans mon dos.

Début de la première côte, la course débute vraiment, les choses se remettent en place. Je vois le peloton de tête s’éloigner tout doucement devant moi. C’est un peu dur, la côte dure longtemps. Je vois Philippe en haut de la pente la plus raide et je lui fais signe. Je pensais qu’il y avait un petit plat avant de poursuivre une légère montée, mais non. Le pente s’adoucit mais elle se ressent malgré tout dans les jambes. Premier tour. Tout en déroulant lors de la descente, j’essaie de reprendre mon souffle et de faire descendre le rythme cardiaque. Je cours essentiellement au feeling et je ne regarde pas trop ma montre. Je passe une seconde fois devant mon fan club! Un petit sourire au passage en levant le pouce, et je poursuis. Seconde montée, le rythme est moins rapide, mais bon, il faut s’économiser. Je repasse une nouvelle fois devant Philippe et je lui fais un petit sourire avec le pouce levé. Faux plat et c’est parti pour la troisième boucle. Au 5ème km, je prends le gel Mulebar que je m’étais préparé. J’ai trouvé mon allure de croisière mais j’ai malgré tout un point de côté. Et histoire de me contrarier un peu, j’ai ma ceinture cardiovasculaire, mal serrée, qui commence à glisser. Je fais un bref écart pour jeter mon papier Mulebar en poubelle, ce qui vaut une réflexion de spectateurs « Tu as vu, il a jeté son papier à la poubelle« . C’est une réflexion qu’on aimerait entendre plus souvent sur les courses, voire même ne plus entendre, car cela devrait être un geste naturel…

Course de Saint Valentin: montéeJ’enchaine sur une gorgée de ma boisson du jour que je porte dans ma ceinture, une gourde de 250ml de Hydrate & Perform citron d’Isostar.  Je slalome de plus en plus, j’essaie de doubler le plus souvent dans l’intérieur des virages pour éviter de courir des dizaines de mètres inutilement. Ce n’est pas toujours évident. La 3ème montée commence à piquer les jambes. Mais je poursuis, concentré. Je lève les yeux mais je ne vois même pas où est placé Philippe. Peut-être a-t-il changé de poste…

Allez, plus que 2 tours. Courir dans ce cadre et en plusieurs boucles, tout en enchainant rapidement les montées et les descentes permet au temps de passer rapidement. Pas le temps de s’ennuyer ni de trop réfléchir. Les lignes droites sont courtes et il faut rester en permanence concentré, voire vigilant. Sur un 10km classique, le 7ème km est toujours un des moments les plus difficiles à gérer. Alors avec des montagnes russes, je sais que les jambes vont souffrir. Je prends donc mon gel Energy Booster Cola d’Isostar. Dernier passage devant mon « Femmes Club », je leur laisse mes gants car je commence à chauffer. Elle me signalent qu’elles partent pour la ligne d’arrivée. Lucie avec son ventre de plus de 7 mois de grossesse a besoin de temps pour remonter le parcours jusqu’à la ligne d’arrivée…

Avant-dernière montée, je décide de ralentir pour m’économiser, et en garder sous le coude pour la dernière ligne droite. Cela fait un bout de temps que je n’ai pas été doublé par un concurrent. Avec la foule, je n’arrive pas à savoir si on me poursuit ou non. J’estime être dans les 20 premiers. Au loin, je ne vois pas de concurrents directs; je sais que je n’arriverai pas à gagner de place sur le sprint final, sauf si un coureur craque au dernier moment. Du coup, j’anticipe pour garder ma place. En haut de la côte, je lâche la foulée. Le point de côté commence à s’estomper. C’est un véritable slalom entre les coureurs du 10km que j’ai rattrapé, les coureurs du 6km également et ceux qui font leur footing à contresens et qui n’ont pas envie de se mettre sur le côté pour laisser passer les coureurs munis d’un dossard…

Course Saint Valentin: arrivéeDernière montée: j’ai un rythme un peu plus élevé que tout à l’heure. Dans la pente la plus dure, je double. Mais j’entends aussi un coureur haletant derrière moi, très essoufflé. Je l’entends de plus en plus s’approcher. J’accélère progressivement dans la montée pour finir sur un sprint final sur les 300 derniers mètres en 3min20/km (18km/h environ). Je suis certain avec cette accélération de ne pas être poursuivi. Et c’est avec un cri de rage et de satisfaction que je franchis la ligne d’arrivée de ma première course de l’année en 39min49sec.

Mes 3 supporters sont là pour m’accueillir. Je leur donne mon chrono et leur affiche ma satisfaction du devoir accompli. Philippe nous quitte, son devoir de père de famille le rappelant. Alors que les filles repartent à la voiture, je décide d’attendre Grégo que Philippe a également vu sur le parcours. Quelques minutes plus tard, je le vois arriver et je l’encourage sur les derniers mètres. Nous échangeons nos impressions sur la course et prenons le temps de poser pour une photo. Puis nous nous quittons, lui pour retrouver sa femme,  et moi pour retourner aux vestaires et me changer. Malgré le soleil, je commence à avoir froid dans mes vêtements trempés.

Course Saint Valentin: avec Grégo
Je rentre donc en trottinant vers les vestiaires, le sentiment d’avoir fait une belle course en arrivant à la 17ème position sur 334 arrivants (12ème sur 111 arrivants de ma catégorie Séniors Homme – 5 vétérans homme serons arrivés avant moi!). Nous sommes samedi midi et je vais encore pouvoir bien profiter du week-end.

Résultats de la course St-Valentin
Ma prochaine course sera les 10km du 14ème, course ayant été remise à la semaine prochaine, les neiges ayant empêché la course de se dérouler en janvier dernier. Ce sera également une course du Paris Running Tour

Le récit de Grégo
Le récit du week-end de la Runnosphère

Copyright photo: Jahom et Grégo

30 Commentaires

  1. Joli chrono très encourageant pour la suite de la saison!
    BRAVO!!!

  2. Tu as fait un arrêt cardiaque sur la fin ou c’est ta ceinture cardio qui déconne ? Encore bravo pour ce retour gagnant 😉

    • Oulala, tu as encore lu en diagonale! 😉
      J’ai ma ceinture cardio qui a commencé à glissé à mi-parcours. Donc je te rassure, mon cœur, de battre, a continué…

  3. J’étais à peu près sûr que ta forme actuelle te permettrait de flirter avec les 40′ sur ce parcours. Tu l’as confirmé avec brio. Le plus fort sur un parcours pareil est d’avoir su digérer un départ canon. Vivement le 3 mars 🙂

    • Tu semblais être plus sûr de mes performances que moi. Pour le départ canon, en regardant le tracé sur Garmin, je suis surpris de la vitesse. Je n’avais vraiment pas la sensation de courir si vite. Le départ en descente y est sûrement pour quelque chose… En tout cas, il faudra que je garde cette forme pour les prochaines courses, notamment pour notre rendez-vous du 3 mars. J’ai ma réputation dans la black list à refaire sur le semi de Paris.
      En tout cas, un grand merci pour ton soutien sur le parcours. Et Merci également pour les superbes photos!

  4. et béh … t’en a des choses à raconter sur 10 km 🙂 … qu’est ce que ca sera sur les longues distance 😉
    Une barre energétique et un gel sur 10 km …c’est pas un peu beaucoup ?

    Et encore bravo !

    • Oulala, tu n’as jamais lu mes CR de marathon et de trail alors!
      Au 5ème km, il s’agissait non pas du barre mais d’un gel. La barre mettrait trop de temps à digérer sur ce genre de course.
      Habituellement, sur cette distance, je ne prends qu’un gel au 7ème km. Mais là, avec les bosses, le mieux était d’anticiper car je pouvais rapidement manquer de jus, d’où l’ajout d’un gel au 5ème.
      En tout cas, merci!

  5. Un beau chrono sous les 40 minutes! Il faut le faire sur un tel parcours. Et tes CR sont toujours très bien faits.

  6. Bravo ! Un chrono canonissime ! Donc on se revoit dans le 14ième ardt. très bientôt si je comprends bien. On se refait la même photo à l’arrivée?

    • Merci! Bravo à toi aussi!
      UN peu qu’on se retrouve au 14ème! Et on fera la même photo, mais je crois qu’il y aura un peu plus de monde de la Runnosphère dimanche!

  7. Retour en force sur un beau 10 Kms et avec un super chrono.Bravo à toi

  8. Excellent, bravo Greg !! magnifique performance sur un parcours loin d’être facile ! Que ça doit faire bon au moral tout ça 🙂 Mais comme tu l’écris, courir cette course de 5 boucles doit permettre de ne pas voir le temps passer car entre les côtes et les descentes, tu n’as pas le temps de penser à autre chose qu’à rester bien concentré sur tes sensations et ton allure.
    Encore Bravo ! Ca promet pour la suite 🙂

    • Merci Sandrine! On va voir ce que ça donne dimanche au 10km du 14ème. Va falloir concrétiser tout cela! Et rester concentré tout le long du parcours cette fois!

  9. Bien joué ! C’est toujours flippant d’entendre le retour baveux et bovin du gars qui est derrière toi, prêt à te mordre les mollets. A 18km/h, c’est tout de suite plus facile de le décrocher… Alors oui, bien joué !

    • C’est clair que j’avais bien fait d’en garder un peu dans les jambes pour le finish. Au moins, le gars n’a pas essayé de s’accrocher à mes mollets!
      Merci Cédric!

  10. Bravo Greg, un joli récit pour un premier chrono 2013 bien sympa. Pour l’histoire des gels dans la poubelle, l’étonnement des gens est étonnant ! 😉 Moi aussi je recherche systématiquement une poubelle sur le parcours même si c’est pas toujours évident, mais je trouve que c’est un geste eco-responsable et normal.

    • Merci Johan!!
      Pour la poubelle, ma maman m’a toujours dit de jeter mes papiers à la poubelle… Question d’éducation et de respect par rapport aux valeurs que nos parents nous ont inculquées.

  11. Sacré niveau. félicitation.

  12. Bien joué Greg, c’est jamais évident un « 10 »de début de saison donc, c’est prometteur pour la suite ! On se voit à la prochaine séance du TAP 🙂

  13. Ils en parlent aussi: 10km du 14ème à l'horizon! | Greg Runner

  14. Superbe course, bravo pour la performance Greg.

  15. Ils en parlent aussi: TEST: Adidas Energy Boost | Greg Runner

  16. Salut Greg,

    On s’est croisé à l’arrivée de cette course, je suis le coureur en orange fluo à gauche de Gregory sur ta dernière photo (non non, pas d’affinité particulière pour le BTP !). Je voulais te dire bravo pour ton blog et pour tes chronos, tu es une belle source d’inspiration. On se croisera peut-être samedi à Montmatre (en tout cas avant ou après la course, pas pendant vu mes chronos). Pour l’anecdote, je vais également découvrir la joie d’être papa d’une petite fille dans deux mois 🙂

    Arnaud https://twitter.com/alegrandrunning

    • Ha bin oui, je me souviens très bien de toi! EN plus je te suis sur Twitter. C’était sympa cette course!
      Merci en tout cas, je suis content que mon blog te plaise. On a un peu le même planning cette année: devenir papa et le Paris Running Tour!
      Par contre, ce sera sans moi pour le marathon de Paris. En tout cas bon courage pour ta prépa marathon et on se retrouve samedi!

  17. Ils en parlent aussi: Mes foulées du Tertre, à l'assaut de Montmartre | Greg Runner

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