Mes foulées du Tertre, à l’assaut de Montmartre


Foulées du Tertre

Une nouvelle manche du Paris Running Tour se déroulait ce week-end, dans un des plus beaux quartiers de la capitale: Montmartre. Mais la beauté se mérite, et il fallait enchainer montées et descentes pavées sur 3 boucles. Retour sur ma course.

Samedi, la pluie annoncée n’est pas au rendez-vous. Tant mieux pour les coureurs des foulées de Montmartre car, comme le dit Arnaud, c’est « râpé pour le ventre-glisse en descente sur les pavés »! Le grand soleil illumine le samedi. Ayant un peu un manque de sommeil, suite à une semaine assez rythmée, et clôturée par une soirée aux Champs Elysées pour le lancement de la Boost chez Adidas, je me lève assez tard. Pas de petit déjeuner, j’enquille directement par une assiette de pâtes et de jambon blanc, avant de rejoindre mon épouse déjà sur place. Nous avons rendez-vous chez des amis qui viennent justement d’aménager au niveau du parcours. C’est donc l’occasion de leur rendre visite.

Photos de Hubert Leclercq45 minutes avant le départ, je me rends à la salle paroissiale de l’Église Saint Pierre afin d’y déposer mon sac. Parmi les bénévoles, je retrouve Vincent Dogna, le peintre coureur (ou coureur peintre, je ne sait plus très bien) de Art and Run. Nous échangeons quelques plaisanteries, puis je me rends à l’extérieur. Je discute avec Giao, meneur d’allure 55minutes. Il est rejoint par Adrien (50 minutes) et par  Romuald (1h) qui aura également une sono sur le dos. Je croise Hubert qui me prend en photo. Je le retrouverai également plus tard sur le parcours.

Photo de MayaIl est un peu plus de 14h30, je pars m’échauffer un peu plus bas. J’y retrouve Maya et son fils Alexis, idéalement postés dans un virage avant la dernière ligne droite. Nous échangeons quelques mots puis je continue mon échauffement. Je suis un peu stressé car je n’ai pas compris où était la ligne de départ. Je décide donc d’aller me poster sur la ligne. Je salue au passage Monique, Laurent  et Dare DareMarathon. Je cherche la ligne mais ce n ‘est pas gagné. Le départ a lieu dans une rue très étroite, et les coureurs se retrouve coincés entre les terrasses des cafés et les devantures de boutiques touristiques. J’ai dû mal à m’approcher de la ligne, et j’abandonne à 5 mètres de celle-ci, ce qui n’est pas si mal. J’ai juste un plot en béton devant moi auquel je vais devoir faire attention au départ donné. Je le signale aux coureurs juste derrière moi. Arnaud me salue, il est à 2 coureurs derrière moi. Nous nous étions rencontrés aux 10km de la Saint Valentin, lorsque j’avais retrouvé Grégo sur la ligne d’arrivée (cf photo de l’article, celui tout à gauche). Les satellites sont accrochés. D’organisateurs crachent dans son mégaphone des choses incompréhensibles. Apparemment, nous devons nous reculer. Avec les 600 coureurs derrière, ça ne va pas être évident… Mais les coureurs sont finalement en place. Le départ va être donné.

Pan. C’est parti. Les coureurs giclent vers l’avant, comme si ils redoutaient d’être écrasés par les coureurs derrière. Et je le comprends. Je ne suis pas poussé mais carrément propulsé vers l’avant à plusieurs reprises. On me pousse derrière, c’est limite flippant. Et pourtant, vous savez que je ne suis pas du genre à trainer sur la ligne. J’échappe à 3 croche-pattes par appui. Puis le premier virage que je craignais avec la foule passe finalement sans encombre. J’entends Lucie hurler de son balcon « Il est là, il est passé » et je lève la main pour signaler à mes supporters perchés plus loin, dans mon dos, que je les ai entendus. Première descente, la pression se fait encore sentir derrière. Mais devant, ça n’avance pas et je me retrouve derrière une ligne de coureurs plus lents qui me fait barrage. J’essaie de glisser entre deux coureurs mais un 3ème, je ne sais pour quelle raison, m’empêche de passer. Dans cette rue étroite, je suis du coup obligé de le repousser sur le côté pour pouvoir passer (d’ailleurs, je tiens à m’en excuser, c’est une pratique que je n’apprécie guère).

Photo de Frédéric PoirierJe retrouve mon allure et j’arrive à un nouveau virage, juste derrière lequel planque Frédéric, qui m’avait prodigué ses précieux conseils mercredi, armé de son appareil photo. Clic clac. Ça monte encore un peu puis nous entamons une descente vers la Place des Abbesses. Puis la route est plus ou moins plate jusqu’à la rue Caulaincourt, il faut juste évite de marcher sur des morceaux métalliques qui dépassent du sol, mais le marquage rouge et les 2 bénévoles qui nous avertissent suffisent pour ne pas s’y prendre les pieds. Au bout, donc, la rue Caulaincourt, qui, toute de suite à droite, monte en pente douce. On aurait tendance à ne pas trop baisser l’allure mais je ne m’y trompe pas. Si je ne ralentis pas, c’est sûr qu’arrivé là-haut, les jambes auront produit suffisamment d’acide lactique pour brûler les jambes. Mieux vaut rester frais pour la dernière boucle. Je monte donc tranquillement, ça avoir le sensation de puiser dans le dur. Je ménage ma monture. Il y a un premier plat qui permet d’allonger la foulée avant de poursuivre l’ascension par la rue Lamarck. Le pente est moins douce. Mais les pompiers et d’autres supporters sont placés sur le côté du parcours pour lâcher des petits mots d’encouragement. On arrive très bientôt devant le parvis du Sacré Cœur.

Photo de GiaoPuis soudain, je retrouve deux amis inattendus qui me permettent de décrocher un large sourire: Giao, qui devrait être sur le parcours en train de courir, et Florent, à qui cela doit bien lui démanger de voir tous ces coureurs passer, mais qui n’a pu prendre le départ à cause de son mal de dos. En passant devant, je demande à Giao ce qu’il fout là, et après avoir lâché son rire communicatif, il me crie ses encouragements. Je poursuis devant le parvis. Je m’attendais à devoir slalomer entre les touristes mais les bénévoles sont à chaque fois idéalement placés pour signaler aux touristes l’arrivée des coureurs. Un petit salut aux amis de PhotoRunning.fr qu’ils me rendent, accompagné d’un petit encouragement.

Photo de Bernard BizetHubert est en embuscade un peu plus loin. Puis le dernier virage avant de boucler le 1er tour, dans lequel je retrouve Maya et son fils, ainsi que Bernard. Ils m’encouragent, je leur fais le show pour les photos! Mais il ne faut pas se déconcentrer car ça monte encore avant de pouvoir bénéficier d’un peu d’eau fraîche. Puis je chope le gobelet qu’on me tend, je m’asperge le contenu dans la bouche et sur le visage d’un coup puis… je suis emmerdé avec le gobelet. Pas de poubelles. Je suis contraint de le jeter dans le caniveau, sous les pieds des passants.

Photo de Fatiha HadadSeconde boucle. Les jambes sont là, mais pas question pour autant d’accélérer. Je sais maintenant comment est ce tour, et on verra sur le rue Lamarck ce que ça donne, lors du dernier tour. Et je compte garder du jus pour le Monaco Run que que cours la semaine suivante. Je suis assez tranquille sur le parcours, rares sont les poursuivants et il n’y pas de peloton devant moi auquel je pourrai me greffer. Je cours donc à mon rythme. Mes supporters sont toujours là au balcon. Frédéric aussi. On redescend au niveau de la Place des Abbesses. Je suis derrière Jean-Charles, un V2 en t-shirt vert. On échange quelques mots car une camionnette vient juste de nous passer devant, sur le parcours. Il faut dire que c’est le camion « Urgence Médicaments ». Il roule derrière le coureur qui nous précède en se serrant à droite. Finalement, j’avais peur de sentir les fumées d’échappement mais non, rien. Le chauffeur met sont clignotant pour tourner à gauche mais nous dit tout de même de passer.  Je le remercie au passage de la fenêtre. Je poursuis tranquillement dans la montée. Nous sommes à mi-parcours et je commence à doubler les derniers qui sont à leur première boucle. Je m’économise dans cette montée, ce n’est pas le moment de se griller. Il fait beau. Les passants sont joyeux et respectueux des coureurs. La foule est toujours présente au niveau du Sacré Cœur. Nouveau gobelet. Je m’aperçois que le pavé est trempé, dû aux gobelets jetés par les 600 coureurs qui ont terminés leur première boucle. Les coureurs à qui je prends un tour sont très sympas. Ils laissent la place dans l’intérieur des virages et ne gênent pas le passage. J’en profite pour lâcher de temps à autre un petit mot d’encouragement, notamment à ceux contraints de marcher.

Photo de MayaLa dernière montée de Lamarck est en vue. Il n’est pas encore temps d’accélérer mais je me cale derrière un coureur qui semble assez à l’aise et qui ne force pas. Puis le dernier plat, j’ai un peu augmenté la cadence. Je ne sais pas trop si je peux accélérer car je n’ai pas trop compris où était la ligne d’arrivée. Du coup, j’attends le dernier virage pour placer mon accélération et finir au sprint. Je termine 40ème sur 600 avec un chrono de 41min05. Je remercie le coureur juste derrière moi; il m’a quand même motivé pour sprinter et le rattraper. Je reçois ma médaille et je retrouve Lucie puis Florent sur la ligne d’arrivée. J’échange avec quelques coureurs sur la ligne d’arrivée, dont Arnaud et Abdelranni, sur son terrain de jeu. Marc, arrivé un peu plus tôt vient également à ma rencontre. Il m’avait suivi sur le parcours puis il avait estimé que je trainais un peu trop. Nous échangeons sur la course.

 

Photo de Lucie

Voyant le flot de coureurs de plus en plus dense, je décide d’aller chercher mon sac. J’échange quelque mot avec Vincent ainsi que Jean-Charles avec qui j’avais partagé une partie de la seconde boucle. Nous sommes contents de notre course. Puis avec Lucie, nous retrouvons le petit groupe de supporters postés dans le virage. Je salue Bernard mais je ne reconnais pas Fatiha. Tout le monde a l’air content de cette journée. Giao nous rejoint, trempé, ce qui ne le gène pas de pour embrasser tout le monde. Et quand on lui demande ce qui s’est passé, il répond tout simplement « Panne d’oreiller ». Avec un départ à 15h…

Nous finissons pas faire un petit coucou aux photographes de Photorunning.fr, idéalement placés en ce jour printanier. Nous échangeons un peu sur la course, et sur le saut de cabri réalise par Franck l’année dernière sur le parcours.

Mais nous devons finalement quitter Montmartre, des amis sont attendus à la maison. Le week-end commence très bien…

Chrono

Photos:

Liens et copyright:
PhotoRunning.fr (10€ la photo en format numérique)
Giao: http://www.flickr.com/photos/36778131@N00/sets/72157632958072956/with/8542858000/
Hubert Leclercq: https://plus.google.com/photos/113245630134072672330/albums?banner=pwa

Copyright Photos:
Frédéric Poirier
Maya
Bernard Bizet
Fatiha Hadad
Mon épouse Lucie

27 Comments

  1. Encore une course merveilleusement avalée !
    Que tu me fais envie avec ce beau chrono !! J’aimerais juste faire le même sur du plat 🙂
    Bonne semaine !

  2. Bien sympa ce compte rendu !

    C’est vrai que moi aussi j’ai bien flippé au départ. Mais le côté fun des montagnes russes, le cadre très parisien, les organisateurs, le soleil et le public ont rendu cette course finalement très sympa malgré la violence du parcours.

    Bravo encore pour ton chrono !

    Arnaud https://twitter.com/alegrandrunning

  3. Salut!
    J’ai fini en 42’30 » pas si loin.
    même si on se connait pas je rêve de pouvoir un jour remonter sur toi sur un 10km et de te taper dans l’épaule en te félicitant pour ton blog 😉

    • Bravo pour ton chrono. C’est vrai qu’on est pas sil loin.
      Mais il est HORS DE QUESTION qu’on revienne sur moi. Nan, mais je rêve!! 😉 (humour)
      Le travail finit par payer! Je me disais qu’en 5 ans, j’avais amélioré ma perf sur semi de 17min. Et j’espère continuer ainsi! Et je te souhaite la même chose. Quel plaisir que de se voir progresser!
      En attendant, n’hésite pas à venir me voir sur une course. Je reste souvent dans les parages après une course! 😉
      Au plaisir de te rencontrer et de te remercier.

  4. Encore une fois un superbe CR !! L’ambiance de course est bien retranscrite !! On s’y croirait !! En tous cas, tu avais bien la pêche !!

  5. Superbe CR …Bravo pour ton chrono !
    Superbe aprem …a une prochaine 🙂

  6. Très bonne gestion de course ! Et tous ces détails dans ton CR, c’est magnifique. Tu es tout un courue et tout un bloggueur

  7. Tu me fais halluciné de faire un tel chrono sur une course avec des cotes, félicitations et bravo aussi pour le CR.

  8. Des talents de coureur et de conteur 😉 Bravo Greg !

  9. Très beau récit de cette magnifique épreuve. C’est vrai que vous étiez à l’étroit au départ. Il faut jouer des coudes pour se frayer un chemin. Je préfère me mettre en queue de peloton, c’est plus calme. Tu as très bien maitrisé cette course et le chrono est super. Grand bravo et bonne continuation.

  10. @Greg : mais ?? tu as fait un mini trail urbain dans Paris ?!!
    PS : Et fuck la vie active 🙂

  11. Et encore une superbe perf’à faire mourir d’envie…Toujours un plaisir de lire le récit de tes courses. On s’y croirait.Merci

  12. Bravo pour ton récit et ta course que j’ai vécue comme toi avec les mêmes impressions (les encouragements en moins… c’est ça d’être célèbre!)! J’avoue que le départ m’a fait flipper aussi dans cette rue étroite, j’ai failli m’étaler 2 ou 3 fois…
    Très heureux d’avoir fait ta connaissance après l’arrivée en ayant constaté que nous avions à peu près le même niveau… D’ailleurs j’ai eu la chance de terminer 2ème V2!
    Au plaisir de te rencontrer sur une autre course ou à la prochaine pasta-party?

    • Merci Marc! Bravo a toi aussi et pour ton podium! J’ai également été ravi de te rencontrer. Au plaisir de te croiser sur une prochaine course. Ou a une Pasta…

  13. Superbe CR et belle performance, BRAVO Greg. Bonne continuation 🙂

  14. Pingback: La Classic du Monaco Run: à l'assaut du Rocher! | Greg Runner

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