La Riviera Classic du Monaco Run: à l’assaut du Rocher!

Team Asics Press: Monaco Run - Classic

Ce week-end, j’avais la chance de partir en week-end à Monaco. Invité dans la Team Asics Press, je me déplaçais pour la Principauté pour m’aligner sur une course toute jeune de 3 ans : la Classic  du Monaco Run, avec ses 23,8km et ses 300m de dénivelés.

Veille de course

Séance de décrassageSamedi matin, je file vers la gare de Lyon où j’ai rendez-vous à 8h30. Je découvre la Team, composé d’une quinzaine de coureurs qui se partageront sur le Classic et le 10km. Les plus de 5h de trains permettent de faire connaissance et d’échanger sur notre séjour.

Arrivés enfin à Monaco, nous découvrons nos chambres. Pas le temps de se détendre de notre voyage, Marc Raquil nous attend pour un décrassage sous le soleil monégasque. Le temps de nous mettre en tenue, et nous voilà e route pour un footing dans la Principauté. Nous découvrons le port, au-dessus duquel surplombe le Rocher. C’est sur les quais que nous réalisons nos exercices : pas chassés, talons-fesses, montées de genoux… Puis nous retournons à l’hôtel pour clôturer ce footing de décrassage d’une quarantaine de minutes.

Après une visite guidée de Monaco en bus, nous dînons et nous retournons à nos pénates. Après notre longue journée, il faut se reposer pour être en forme pour notre course le lendemain.

Jour J

6h45. Quand le réveil sonne, je mets quelques secondes pour sortir d’un sommeil profond. Je prends aussi un peu de temps pour comprendre pourquoi mon réveil sonne, puis pourquoi je me retrouve dans cette chambre qui ne m’est pas familière.

MonacoMes affaires pour la course sont toutes étendues sur le sol, prêtes à être enfilées. Mais je ne sors pas tout de suite du lit. Je regarde sur les réseaux sociaux ce qu’ont fait mes amis sur l’Ecotrail la veille. Toujours l’œil dans le flou, je file sous la douche. Ma grande hésitation du jour est de savoir si je vais mettre un seul t-shirt ou en superposer deux. Je jette un regard par la fenêtre. Même si le ciel est gris, la pluie ne s’est pas (encore) manifestée. Je décide de mettre les deux t-shirts.

Je retrouve une partie de la Team lors du petit déjeuner. Certains ont mal dormi, d’autres ont des petits bobos. Bref, la pression monte. J’enfile mon petit déjeuner tout en discutant avec la Team. Les pronostics vont bon train sur les temps et les objectifs visés. Pour ma part, je vise une fourchette entre 1h36 et 1h45, qui correspondrait à une allure comprise entre 4min/km (15km/h) et 4min22/km (13,7km/h – mon allure marathon).

Les pronostics sur le temps aussi, et nous croisons tous les doigts pour que la pluie ne s’invite pas.

8h30. Nous prenons le train  pour la petite ville Italienne de Vintimille. En guise de billet, il suffit de présenter le dossard aux contrôleurs. Une demi-heure plus tard, la fanfare italienne s’active pour nous accueillir. Le vent du littoral souffle, mais la bonne humeur est toujours présente au sein de la Team. Néanmoins, notre tracas par rapport au profil du parcours se lit sur nos visages, une distance atypique (24km) avec un dénivelé que nous n’arrivons pas à estimer.

Finalement, malgré le vent, je décide de ne mettre qu’un seul t-shirt, le bleu, celui de la TAP, complété par les manchons Compressport. Nous déposons nos sacs aux vestiaires mobiles puis nous nous dirigeons vers la ligne de départ, vêtus de nos magnifiques sacs  poubelle qui nous protègent du vent. Derrière la ligne de départ, les coureurs s’amassent. En arrière-plan, le ciel gris vient se noyer dans la Méditerranée.

Top départ pour la Classic

9H45. Le coup de feu retentit. Entre coureurs de la Team, nous nous encourageons et nous nous souhaitons une bonne course. J’enclenche le chrono au moment où je franchis la ligne et je pars pour essayer de me placer avec les coureurs les plus rapides. Mais je remarque que, finalement, nous étions assez loin de la ligne de départ et que les coureurs étaient nombreux devant nous.  La première ligne droite est assez dense de coureurs au niveau varié et je dois slalomer pour pouvoir avancer. Mais la ligne de coureurs s’étire rapidement, et je peux doubler une partie du peloton sur le côté droit de la chaussée. Premier virage à gauche, puis nous entamons la première bosse du parcours. Je décide de ne pas bruler trop d’énergie sur cette première difficulté et j’avance à une allure tranquille. Je pensais avoir une montée sur 3km mais je découvre que je peux diviser par trois cette difficulté. Je peux commencer à lâcher la foulée dans la descente et les plats. J’entame alors un remontée sur les coureurs qui me précédent, chose que je réaliserai pendant toute la course.

J’anticipe au mieux le parcours pour réduire au maximum la distance à parcourir, sur un parcours qui compte de nombreux virages. Au 6ème kilomètre, le parcours s’aplatit et mon allure se régule autour de 4km/min, mon allure cible. J’essaie tout de même de courir à la sensation. Le but est de ne pas créer trop d’acide lactique avant la seconde bosse du parcours, plus longue et plus importante que celle du départ. Je remonte progressivement des pelotons qui se sont formés. A chaque fois que je trouve un peloton, je décide de la rattraper pour m’y incruster pour bénéficier de la dynamique de groupe. Mais à chaque fois, je découvre que le peloton m’installe dans un faux rythme, trop lent. Je double donc les coureurs par paquets de dix.

Je boucle le premiers tiers du parcours en un peu plus de 32 min; c’est le moment pour basculer en France. L’espace d’un instant, j’ai peur de courir trop vite et de me cramer pour la suite du parcours. Mais je reste malgré sur cet tempo qui me convient bien. Le parcours descend pendant quelques kilomètres. L’allure est vive et j’arrive néanmoins à attaquer le sol avec la pointe des pieds. J’évite de trop attaquer avec le talon pour ne pas casser trop de fibres musculaires, notamment dans la partie postérieure de la chaine musculaire, ce qui pourrait être fatidique pour la fin du parcours. Celle-ci avait déjà été malmenée lors du 10km de Montmartre la semaine dernière et j’essaie donc de la préserver. Au KM12, je me retrouve au niveau de la mer. Je n’ai plus de pelotons en ligne de mire. Devant moi, il ne reste que quelques coureurs disséminés tous les 100 à 500 mètres. Je sais qu’à partir de maintenant, je vais devoir gagner ma place une par une.

A Menton, le terrain est plat mais un vent latéral souffle. A chaque fois que je récupère un coureur, je me cale environ une minute derrière lui histoire de récupérer puis je double pour rejoindre le coureur suivant. J’en profite pour prendre un gel, histoire d’avoir de l’énergie pour la grosse bosse qui se profile.

Sprint finalJ’arrive finalement sur un vétéran2 qui m’accompagnera pendant quelque temps. En effet, je décide de rester derrière lui, en attendant de voir comme il réagira dans la montée de la nouvelle bosse. On va attaquer le 14ème kilomètre et par la même occasion, la seconde montée du parcours. Le début de cette montée est d’abord abrupt. Je lève donc le pied, toujours dans la même optique : ne pas créer trop d’acide lactique dans les muscles. Le coureur qui me précède  s’éloigne progressivement, tout en restant plus au moins dans mon champ de vision. Au bout de 500 mètres de montée, la pente s’adoucit, puis reprend de plus bel. Je reprends un quartier d’orange au ravitaillement du KM15 et je ralentis dans le faux plat qui s’en suit, histoire de me refaire les jambes. Un long virage sur la droite nous conduit vers le sommet de la bosse; je passe ainsi le second tiers de la course en un peu plus d’1h06. Puis le terrain devient plat. Je retrouve une bonne allure. Je double enfin mon vétéran avec qui j’échange deux mots : moi en français, lui en italien. Plus loin, c’est une femme qui est dans ma ligne de mire. Je mets un peu de temps pour la rejoindre. Quand je me trouve à 5 ou 6 mètres d’elle je remarque qu’elle se tient à plusieurs reprises la cuisse gauche. Puis elle se met à ralentir fortement en pestant en italien. Je l’encourage et je lui dis en anglais de me suivre. Je sens qu’elle s’accroche mais la côte précédente l’a fatigué. Je ralentis un peu pour qu’elle s’accroche mais rien y fait. Je décide donc de reprendre mon rythme.

A partir du 18ème kilomètre, je suis dorénavant sur mon allure de semi, disputé deux semaines auparavant à Paris, à 3min52/km environ. Ça descend, j’ai les jambes qui sont un peu lourdes mais je sais que c’est gérable pour moi. J’ai sans cesse l’impression d’avoir quelqu’un sur les talons. Mais je ne me retourne pas, je poursuis. Au KM20, je prends mon dernier gel pour les 4 derniers kilomètres. Je passe le semi en 1h25. Je fais un calcule rapide. En maintenant une allure inférieure à 4min/km, je peux passer en dessous des 1h37. J’avais pronostiqué 1h36, je ne serai donc pas loin de ce que j’ai estimé. Je maintiens donc l’allure.

Arrivée du Monaco RunJ’enchaîne une série d’épingles en descente où je double 2-3 coureurs. Un nouveau faux plat arrive, je me cale derrière un coureur. Mais celui ralentit aussitôt. Je le double donc, mais je remarque alors qu’il se met dans ma « roue ». Je comprends alors sa stratégie de course qui consiste à me laisser courir devant, face au vent pour pouvoir me doubler ensuite.  Je décide donc de lever le pied histoire de ne pas me fatiguer pour lui, de récupérer et ensuite, pouvoir le semer avant l’arrivée, ou d’avoir du répondant en cas d’attaque de sa part. Nous entrons dans le dernier tunnel du parcours. Mais ce tunnel est ouvert sur le littoral, laissant passer un vent  assez violent. Le coureur est toujours derrière moi. A la sortie du tunnel, la route a une petite pente descendante, qui amène au 23ème kilomètre. C’est à ce moment-là que je décide d’accélérer, laissant sur place mon poursuivant. Il reste 800 mètres et je m’aperçois qu’il faut faire une boucle sur les quais du port avant de franchir la ligne. Je ne baisse pas le rythme avant d’atteindre une petite montée, vraiment ridicule, dans la dernière épingle. Elle vient me casser les jambes et me ralentit fortement. Mais, une fois ce dernier obstacle franchi, j’accélère aussitôt pour finir sur le dernier 200m au sprint. Je franchis la ligne d’arrivée en 1h36min42sec à ma montre. Mais seul le temps officiel est pris en compte et je signe donc un chrono de 1h36min55sec, ce qui me propulse à la 37ème place du classement.

Une 37ème place dans la poche

Sur la ligne d’arrivée, je me retourne. Mon poursuivant était bien loin. Puis suivent deux femmes. La première des deux est la troisième féminine du parcours. Celle qui suit est la femme que j’avais doublé victime de crampes. Elle rate le podium pour moins de 10 secondes.

Je descends au niveau du ravitaillement pour prendre quelques fruits secs et un verre d’eau. Je prends également une bière que je conserve pour un peu plus tard. Je file récupérer  mes affaires aux vestiaires histoire de me changer et de m’habiller chaudement. Puis je file vers la ligne d’arrivée. Deux membres de la Team sont dans le sas d’arrivée et terminent en 1h50. Je les salue et je les félicite avant de me diriger un peu avant l’arrivée, histoire d’encourager les coureurs sur leurs derniers mètres. Je ferai cela pendant plus d’une demi-heure. Je trouve cela vraiment sympa d’accueillir les coureurs filant vers leur objectif, sur surpassant avec le sourire ou la grimace, pour grappiller quelques secondes à leur chrono, ou tout simplement pour griller leurs dernières forces et tout donner à ce parcours. Et puis, comme les supporters ne sont pas très démonstratifs, je trouve normal que les coureurs viennent montrer l’exemple…

Après la course, toute la Team Asics Presse se retrouve et revit son exploit, tant sur le 10km que sur le 24km. Tout le monde a le sourire et est unanime: on a passé un agréable moment. Il reste quelques heures avant que le train vienne nous arracher au Rocher, quelques heures pour un repos bien mérité.

Remerciements

Un grand merci à Asics France et à l’agence BernasCOM de m’avoir une nouvelle fois intégré dans le Team Asics Press. C’est une expérience avant tout humaine et enrichissante, et une véritable chance pour moi, blogueur, d’intégrer cette Team.
Un grand merci à Jean-Pierre Monciaux qui a réalisé mon plan d’entrainement pour cet objectif, tout en prenant en compte mes objectifs intermédiaires. C’est en grand partie grâce à lui que j’ai pu égaler mon record sur 10km et battre mon record sur semi. Si vous voulez vous aussi faire appel à ses services, c’est par-ici.
Un grand merci à Marc Raquil, pour ses exercices de PPG qui m’ont fait souffrir, mais ont contribué à me mettre dans le droit chemin: celui de muscler tout le corps.

CREDITS PHOTO
Merci à Claude Eyraud pour les photos de la course qu’il a mises à disposition depuis ce lien: https://plus.google.com/photos/108322211370320593385/albums/5856387135723639185

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21 Comments

  1. Bravo, belle course, sympa la façon dont tu retranscris ta stratégie de course!

    • Merci! Quand t’es dans la masse, tu n’es pas à une place près. Mais quand tu ne vois aucun coureur devant toi, t’as pas envie que celui juste derrière te passe devant sur la dernière ligne droite. Peut-être que c’est aussi mon esprit de compétition… 😀

  2. « Je l’encourage et je lui dis en anglais de me suivre. Je sens qu’elle s’accroche mais la côte précédente l’a fatigué. Je ralentis un peu pour qu’elle s’accroche »

    => ça, c’est la classe !

    Super recit sinon

    • Je savais que moi, je n’allais pas faire un podium alors que elle, oui. Autant s’entraider, surtout que je la voyait depuis un bon moment cavaler devant moi et elle avait un bon rythme.
      Finalement, j’ai dû mal entendre car elle n’était pas italienne mais bien française. Elle arrive 4ème féminine, mais 3ème de la catégorie Vétéran. Donc un podium tout de même pour elle!

  3. Running_Stef

    Vraiment un super CR qui donne vraiment envie de vivre se genre d’expérience.
    Comme le dit Kejaj sympa aussi de voir ta gestion de course, on apprend plein de chose « nous » runner débutant.
    Félicitation en tout cas pour le chrono !

    • Merci Stéphane. Content que mon récit de course te plaise et t’apporte quelques infos! Ca fait plaisir de voir que mon récit est utile! 😉

  4. Super récit, et gestion au top !

  5. Bravo Greg, 1h25 au semi, c’est bien. L’experience Asics est toujours au top a ce que je vois…vivement le trail !!

  6. Félicitations tu cours vraiment bien et te lir est un régal a+

  7. Ben t’as pas trainé pendant ton weekend express autour du rocher !

  8. J’en ai entendu parler de cette belle épreuve et je pensais qu’il y aurait beaucoup plus de participants. Un parcours qui n’est pas des plus facile mais tu as très bien géré ta course pour arriver dans l’objectif fixé.
    Quel enchainement de courses !!! Grand bravo à toi pour ta 37e place sur 875, chapeau !!!
    Un super week-end, bravo à la team et encore bravo à toi.

    • C’est une belle course mais encore jeune et malgré tout difficile. Dommage que ce ne soit pas sur une distance officielle type semi…
      En tout cas, je suis bien content de cette perf, surtout après l’enchainement des 5 courses en 5 week-end. Un peu de repos maintenant…
      En tout cas, merci pour tes encouragements!

  9. Tu ne cesses de t’améliorer on dirait. Tu es parti pour une grande année.

  10. Quand on commence à raisonner en termes de place autant qu’en termes de chrono, c’est tout bon…Congrats!

  11. Pingback: 10km du Bois de Boulogne | Greg Runner

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