10km de L’Equipe: j’ai battu Kilian Jornet

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10km de L'Equipe 2013

Je l’avais annoncé, beaucoup de monde ricanait, mais j’ai remporté le défi que Kilian et moi nous étions lancé. Retour sur ce 10km de L’Equipe.

Bénévole: les médaillesDimanche matin, je me lève avec toujours cette impression de ballonnement que j’avais la veille. J’hésite même à m’aligner sur la course. Mais je me donne un coup de pied au cul, et je me dis que ce serait dommage de rater ce jour de fête. Je me rends donc sur la ligne d’arrivée en Autolib, à Bastille, afin de déposer mes affaires. Je découvre les bénévoles qui préparent le ravitaillement d’arrivée et les médailles. Un Monsieur me présente la médaille du 10km de cette année. Je lui promets de passer par lui pour la récupérer. Puis je me rends à la boutique Unik Sport de Philippe. On y est toujours aussi bien accueilli. On y retrouve des étoiles du 8ème et des KM Maniaques. Je salue les amis, je me change, et on se retrouve dehors pour immortaliser le moment. Puis c’est parti pour la ligne de départ au trot. Avec Julien et Salvio, nous nous dirigeons donc vers l’Hotel de Ville. On s’arrête, on cherche des amis, puis on repart. Sur le lieu de départ, Salvio m’abandonne pour retrouver son ami. Avec Julien, nous cherchons les toilettes qui ne sont pas de notre côté. On va donc aux toilettes publiques du Parc de la Tour Saint Jacques. A l’entrée, je rencontre Run&Geek que je salue chaleureusement, avant de partir m’échauffer avec Julien en faisant quelques tours du parc. J’ai toujours l’estomac en vrille. Je salue et souhaite bonne course à Julien, puis je me dirige vers mon sas. J’aperçois devant la ligne de départ Kilian Jornet. Je lui fais signe mais il fait semblant de ne pas me voir. Notre défi doit lui mettre trop de pression…

Une fois dans le sas, je retrouve Salvio avec qui je dois courir les 10km. On décide de se brancher sur un objectif de moins de 39′. Finalement, pendant l’attente, il me dit que ce serait bien de suivre la nana avec le chouchou noir là-bas. Il point du doigt Daniella. Apparemment, elle fait 37min30 sur 10km et elle est plutôt constante comme nana…

Au coup de feu, je n’ai pas encore franchi la ligne que je sens qu’on me pousse dans le dos. C’est un peu la cohue puis, dès la ligne franchie, ça gicle. J’aperçois 20 mètres après le départ un coureur faire une roulade avant puis se relever aussi vite et repartir. Je pense alors à Sébastien Chaigneau qui était tombé dès le départ de l’UTMB 2012. Avec Salvio, nous tenons un bon rythme. On met les freins d’ailleurs, et Salvio essaie de garder un oeil sur Daniella, histoire de ne pas courir trop vite. Soudain, j’entends un « Allez Grégo » sur le bord de la route. C’est mon beau-père qui, debout sur un banc en me faisant de grands signes, m’encourage. Je lui fais signe, ça me donne le sourire.

Premier virage sur la droite. Ça monte et je préviens tout de suite Salvio que je vais casser le rythme pour ne pas monter dans le rouge. Puis le faux plat s’adoucit mais se poursuit. Je vois Salvio partir devant, mais il reste dans mon champs de vision. Je ne le suis pas car je sais qu’il a beaucoup plus d’aisance que moi dès que ça monte. Je commence à sentir mon ventre à nouveau me gêner. J’ai une envie de vomir qui me monte à la bouche. Pourtant, mon cardio ne s’emballe pas tant que ça. Je ne baisse pas pour autant le rythme en espérant que cela passe. Mais finalement, un peu avant le 5ème km, mon estomac se contracte et j’ai l’impression que je vais rendre tout mon petit déjeuner. Mais rien ne sort. J’arrive juste à cracher un peu de bile. Je marche quelques secondes en buvant 2 3 gorgées de ma boisson Isostar. Je perds ainsi une cinquantaine de secondes. Presque une minute que je ne pourrai par rattraper. J’ai du mal à reprendre mon rythme, j’ai les jambes sciées. Du coup, je me pose la question de ralentir et d’attendre Julien pour faire le lièvre. Mais au passage du 5ème KM, Daniella, sans le savoir, vient sauver ma course. Je lui emboite le pas et je suis son rythme.

Greg Runner au KM7
Copyright: P. Albinet

Au 7ème km, je vois Philippe à qui je fais mon plus grand sourire et un petit geste de la main. Mais je grimace de l’intérieur. Ça monte pas mal ensuite. Je me mets à côté de Daniella histoire de la pousser également. Je lui souffle un « allez, courage », mais je m’aperçois alors qu’elle a des écouteurs dans les oreilles. Arrivés à la place Félix Éboué, le vent souffle de face et ça devient dur. Moi, le jambes commencent à me revenir et je décide de me mettre devant elle pour l’emmener et la protéger du vent. Mais elle semble fatiguée et n’arrive pas à suivre. Je ralentis et je vois qu’elle m’évite. Elle ne semble pas vouloir de lièvre. Du coup, je poursuis seul. Le dernier kilomètre est dur. Je lance des accélérations puis je sens que mes jambes ne veulent plus avancer. Je ralentis puis j’accélère de nouveau. Mais les jambes crient. Cette fois, la ligne d’arrivée est en vue et je sers les dents pour donner tout ce que j’ai et franchir cette ligne d’arrivée le plus rapidement possible. Je stoppe le chrono: 38min16 sec. En fait, d’après A.S.O., ce sera plutôt 38min18sec. C’est pas mal finalement! Kilian fera moins de 30 secondes de plus que moi…

Je m’écroule sur la bordure du trottoir avec Guillaume. Puis je me dis que je dois remercier Daniella. Je m’approche d’elle et je la remercie de m’avoir servi de lièvre pendant la course, et je lui explique que, sans elle, je passais à côté de ma course. Elle me regarde surprise et me fait un sourire de politesse. Je ne suis pas sûr qu’elle ce soit rendue compte de ma présence.

Puis je retrouve un par un les amis. Salvio, le pilote d’avion de chasse qui a pulvérisé son record; Julien, qui a aussi battu le sien, Victor qui est enfin passé sous les 37’30 »… Nous avançons tout en discutant de notre course. Chacun l’a vécu différemment. Je retire ma médaille au bénévole avec qui j’avais échangé avant le départ. Puis nous nous dirigeons à nouveau vers la boutique Unik Sport, pour enfiler quelque chose de chaud (car une vent froid souffle sur la ligne d’arrivée) et surtout pour retrouver tous les amis. Nous passons vraiment un moment convivial. Mais le temps passe comme toujours très vite, et je dois rejoindre mon beau-père, pour le remercier de s’être déplacé sur la course pour m’encourager.

Salvio, Greg et Julien
Copyright: Je cours Paris

12 Commentaires

  1. Bravo Greg, une très bon chrono malgré tes condition physique!

  2. Visiblement, t’as été dans le dur… mais t’as bien sauvé les meubles !! 🙂

    • Ouais, c’était pas top. Maintenant, je vais me concentrer sur la rentrée. C’est pas en ce fin de semestre que je vais briller de mille feux! 😀

  3. Kilian te propose de prendre sa revanche ce WE sur le KM vertical et la belle sur le Marathon du Mont Blanc le lendemain, je lui dit que c’est OK?
    Belle course en tout cas!

  4. Félicitationa tu n’as rien laché, t’as pas trop enervé Killian j’espere!

  5. Je crois savoir que Kilian Jornet a décidé de ne plus jamais courir sur route suite à ta démonstration. Et encore, tu n’étais pas dans les meilleurs conditions. Sinon, il aurait carrément jeté l’éponge sur le parcours.
    Bravo à toi et joli résumé de course.

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