AQUATERRA: mon trail de l’Artensiel (21km)


Aquaterra: trail de l'Artensiel 2013

Samedi 13 juillet matin, je me rends à Bort-les-Orgues, commune auvergnate située à 1h de route de mon lieu de vacances. J’ai rendez-vous avec l’Aquaterra, et plus particulièrement l’Artensiel, un trail de 21km avec un dénivelé annoncé de 1000m.

L’entrainement

Pour ma préparation à cette course, j’ai fait confiance à Jean-Pierre Monciaux et sa méthode VO2 Optimum Training. Et la tâche n’était pas simple car je n’avais même pas 4 semaines pour me préparer.  Finalement, malgré ce laps de temps court, j’étais prêt pour courir les 21km. Mais pour les montées, j’avoue que je me sentais un peu léger en termes de préparation. Il me manquait quand même plusieurs jours d’entrainement, mais bon, je n’avait pas  le temps disponible pour cela; on verra ce que ça donne…

L’équipement

Aquaterra - Artensiel: mon équipementCôté matériel, voici la liste de ce que je porterai pour la course:
– t-shirt Runnosphere
– short Salomon
montre Suunto Ambit (oui, je cours avec 2 montres, et alors?)
– chaussettes running
– bâtons Black Diamond Trail Trekking Pole
– Poche à eau de 1,5 litres (j’ai cru lire dans le règlement qu’il fallait une poche à eau de 1,5l pour le 21. Or, c’était pour le 40km. Je me suis chargé lourdement pour rien; un porte-bidon aurait suffit surtout qu’il y avait des ravitaillements tous les 5km…)
– 2 gels Isostar Energy Booster Cola
– 2 gels Isostar Energy Citron
– Tablettes Isostar High Energy Citron

L’avant course

Arrivé à 8 heures au village de l’événement, je dépose mes affaires dans une remorque. J’ai retiré mon dossard la veille avec ma petite famille. Nous avions profité pour nous prélasser au bord du lac à quelques kilomètres de là. Lors du dépôt de mes affaires de rechange, je reste vigilant pour ne pas me tromper; de nombreuses courses sont prévues aujourd’hui: un 100km, un 65km, un 40km, un 21km, un 10km et un 5km! Bref, il y en pour tous les goûts. Aussi, je dépose mon bagage numéroté dans la remorque de ma course puis je me dirige vers les  minibus qui permettent de retrouver la ligne de départ: la barrage de Bort-les-Orgues.

Dans le minibus, le moment est convivial. Beaucoup de « locaux » se retrouvent, et parlent de course bien entendu. « Hey salut! » – « Tu cours, toi? » »Oui (…), j’étais sur les Templiers l’année dernière, c’était beau! »…

Aquaterra - Artensiel: ligne de départEn moins de 5 minutes, nous sommes au barrage. Les sas qui correspondent aux différentes courses sont placés les uns à la suite des autres. Le 100km et le 65km ont déjà étaient lancés. Mais les autres formats de course auront leur départ qui s’enchaineront d’ici quelques minutes. Sur le barrage, les sensations sont exceptionnelles. La route est suspendue au-dessus du vide sur la droite, et elle retient l’étendue d’eau sur la gauche. Au milieu, une arche gonflable signale la ligne de départ.

Le soleil brille et chauffe déjà. L’heure du départ approche. Corinne, l’organisatrice de la course, perchée sur la plateau arrière d’un camion, prend le micro et rappelle les consignes de cette 3ème édition ainsi que l’historique de cet événement; une organisation conviviale, familiale. Puis l’échauffement annonce que très bientôt le départ sera lancé.

La musique change, Corinne reprend la parole et entame le compte à rebours: 10, 9, 8…

La course

Les 10 dernières secondes d’attente sont écoulées pour laisser place aux secondes du chrono, qui vont filer au fil des kilomètres. J’essaie de ne pas me placer trop mal car je sais qu’à la sortie du barrage, c’est un vrai entonnoir.  On quitte la route pour nous diriger sur un court single track en montée. Bien placé, je monte sans me presser. Sur la colline posée devant moi, je vois les premiers concurrents poursuivis par des chevaux excités par l’animation, dans la pâture jouxtant le parcours.
Très vite, nous entrons dans un bois où nous enchaînons les montagnes russes. J’essaie de gérer au mieux ma vitesse afin de ne pas être victime de crampes à la fin du parcours. J’essaie aussi de m’hydrater régulièrement, car le soleil tape fort et la chaleur se fait bien ressentir.

Aquaterra - Artensiel: Château de ValNous passons par une plage aménagée, celle à laquelle nous nous étions arrêtée la veille avec ma fille et mon épouse pour le picnic. Les montées et descentes s’enchaînent toujours à un bon rythme dans les bois. Le sentier a été spécialement créé sur certaines portions du parcours, rien que pour la course. Aussi, par endroit, le chemin n’est pas tout à fait stable. Du coup, il faut rester vigilant. Au 5ème km, nous passons devant le Château de Val, ce qui rend la sortie du bois féérique. Cela annonce aussi le 1er ravitaillement. Je prends un peu de fruits secs, un peu d’eau, un quartier d’orange et c’est reparti… direct par une belle montée! J’en profite pour détacher les bâtons du sac. Je galère un peu et je me fait doubler à tout va. J’ai l’impression d’être sur une autoroute!

Une fois sur le plat, nous quittons l’ombre des arbres et marchons sur des sentiers à travers champs. Je sens vraiment les rayons du soleil chauffer. Je cherche donc la moindre ombre pour ne pas griller comme une merguez sur un barbecue. Je bois également une à deux gorgées d’eau parfois avec de la boisson d’Oxsitis, parfois sans grâce au robinet sur la bretelle du sac. Je fais cela toutes les 10 minutes et j’essaie de ne pas pousser trop la machine pour ne pas me griller pour la fin du parcours. Nous entrons à nouveau dans les bois pour descendre d’une centaine de mètres avant d’enchainer sur une nouvelle montée. Je suis vraiment une quiche sur les montées. Même avec mes bâtons, je me fais doubler sur les courtes ascensions.

KM10. C’est le second ravitaillement. Je prends mon temps pour me réhydrater et parler un peu avec les bénévoles, puis-je repars. Sur le plat, y a rien à dire, je fais la différence. Je double de nombreux concurrents. Mais de nouvelles montées apparaissent. La moitié du parcours étant dépassée, je décide de mettre un peu plus d’huile de coude, enfin plutôt d’huile de genou, et j’attaque une peu plus les montées. Oui, mais voilà, en ayant la tête dans le guidon, je ne vois pas un fléchage et j’emmène un coureur en dehors du parcours. Heureusement, un second concurrent nous rappellera et nous évitera de nous perdre. Même si ça me fait sourire, je m’en veux car cela fait deux fois que cela m’arrive. La dernière fois, c’était lors de l’Odysséa de Dijon

Nous courons alors sur une monotrace dans les bois. C’est plat. Mais impossible de doubler alors qu’on est sur la partie sur laquelle je pourrai faire la différence. Puis une nouvelle montée. Mes concurrents ne me distancent plus sur ces parties de terrain; ils commencent à avoir un coup de mou. A la sortie du bois, on se retrouve dans les pâturages, j’accélère un peu le rythme. Le parcours me fait passer sous un pont sous lequel je dois me baisser pour pouvoir passer. Beaulieu apparaît un peu plus loin, c’est le 3ème et dernier ravito du parcours.

Je repars avec mon gobelet rempli d’eau et je mouille mon crane, ma nuque et mon visage. J’ai vraiment chaud. Du coup, même sur le plat, je n’avance plus  si vite pour ne pas avoir un coup de chaud. Je retrouve les bois un peu plus loin. Le sentier n’est pas totalement plat et les appuis ne sont pas des plus agréables pendant 2-3km. J’ai envie d’être un dahu à ce moment là… Au KM17, je profite de la descente pour doubler les concurrents qui m’avaient doublé au début de parcours. Mais ils me redoublent un peu plus loin quand les montées réapparaissent. Je décide de mettre le turbo à partir du 18ème km. Je remonte 2-3 concurrents cramés. Puis, au KM20, la dernière montée. Je synchronise mon souffle et mes plantés de bâtons pour attaquer cette dernière difficulté. Je double un concurrent pas si cramé que ça. Youpi! Je ne suis pas tant une quiche que ça finalement!! Arrivé en haut, il reste 1km. C’est le moment de tout donner. Je finis le dernier kilomètre en 3min30/km (17km/h). Je rattrape des concurrents mais ceux-ci sont restés vigilants; ils m’aperçoivent et accélèrent le pas. Le finish se fait pratiquement au sprint, mais sans gain de place pour ma part.

Ma course sur movescount: www.movescount.com/moves/move16174376

Chrono et classement

Je finis à la 49ème position (sur 220 arrivants) en 2h25min50sec. Le premier m’a mis quasiment 45 minutes dans la tronche. La place est chère aux alentours de mon chrono. Nous sommes une quinzaine à arriver sur 3 minutes, entre 2h23 et 2h26 de course. Je lance un « Bravo les gars » sur la ligne d’arrivée, à ceux qui sont arrivés juste avant moi et avec qui j’ai fait le yoyo sur le parcours. Mais ils me regardent tous un peu étonnés. Bon, bin allons au ravito…

Je trinque avec un coureur un mélange que nous nous sommes préparés mi-eau / mi-jus d’orange et nous échangeons un peu. Nous sommes d’accord pour dire que la partie du sentier qui n’était pas plate pour les appuis était vraiment pénible. Je mange un peu et je bois beaucoup. Puis, le ferry signale que son départ est proche. Je m’empresse de saisir mes affaires de rechange et je monte à bord. Sur l’eau, l’air circule (heureusement, car nous sommes nombreux à avoir transpiré!) et nous rafraichit. Une dizaine de minutes plus tard, nous sommes déposés au Château de Val où le minibus nous attend pour nous déposer au village de la course, au centre de Bort-les-Orgues. Je bois ma boisson de récupération ainsi que ma barre de récupération pendant le trajet. Arrivé rapidement, je salue le chauffeur et je me dirige vers mon véhicule. Un vieux couple m’interpelle. La scène est assez atypique puisque, après m’avoir demandé à quelle course j’avais participé, le Monsieur me demande si il est possible de me prendre en photo car ils n’ont pas pu se rendre sur la ligne d’arrivée. Je souris et j’accepte. Ils me remercient et nous nous séparons.

Je peux monter dans mon four, heu ma voiture, et retrouver ma fille et mon épouse qui m’attendent pour le déjeuner…

Remerciements:

Je remercie Corinne et l’organisation pour leur invitation à participer à l’une des courses de l’Aquaterra, ainsi que tous les bénévoles qui ont été plus qu’agréables, souriants et encourageants sur le parcours, et ceux malgré la chaleur!
Merci à Géry et Morgane pour l’hébergement.
Et merci une nouvelle fois à mon épouse pour m’avoir aidé et soutenu dans l’organisation de cette participation à l’Artensiel.

11 Comments

  1. Joli compte rendu Greg ! Tu as bien géré les difficultés malgré la chaleur. Je teste ma forme du moment comme toi pendant les vacances dimanche la semaine prochaine avec le semi de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. J’espère que la chaleur ne sera pas non plus trop écrasante ! Bonne fin de vacances en famille. 🙂

    Arnaud http://twitter.com/alegrandrunning

  2. Bravo pour cette course, le coin à l’air super beau! je pense que je vais noter cette course sur mes tablettes pour l’année prochaine!

    • Merci Mary! Le coin est très joli et il y a tellement de formats de course différents que tu ne peux que trouver ton bonheur! Et je peux aujourd’hui dire que j’ai pris le départ d’une course depuis un barrage!!!

  3. Très belle course Greg et très beau compte rendu comme toujours 😉
    Un dernier kilomètre à 3’30 … Ca fait rêver !
    See U
    Clém

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  5. C’est intéressant de sort de la route de temps en temps.

  6. Bravo à toi pour cette belle course et j’ai vraiment aimé lire ton CR.

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