RECIT: Ecotrail 80km et premier abandon

Ecotrail 80km: récit d'un abandon

C’était mon premier objectif de la saison. Finalement, ce sera le plus cuisant échec de ma courte expérience de coureurs. Un abandon au 55ème km, chose que je n’avais pas du tout envisagé. Retour sur mon après-midi de calvaire.

Tout débute pourtant pour le mieux. Je dors bien, et le réveil se passe parfaitement bien. Après un bon petit-déjeuner en famille, je pars de Suresnes à 9h30 avec le transilien. Sur la chemin, et par le plus grand des hasards, je retrouve Fred Brossard et nous échangeons sur la course de cet après-midi.

L’enchainement avec les bus-navettes mis à disposition par l’organisation Ecotrail est rôdé. Et j’arrive un peu avant 10h30 sur le lieu du départ. Je trouve qu’il fait assez froid, bien que je sois bien couvert pour attendre le départ. Après un nouveau petit-déjeuner rapide proposé par l’Ecotrail, je m’assois en compagnie de Fred sur la pelouse pour patienter. Tom vient me saluer. On se suit notamment via Instagram et c’est la première fois que nous nous rencontrons. Nous discutons un moment puis nous retournons chacun à nos occupations. Je retrouve Manu, avec qui je dois faire une partie de la course. Nous parlons un peu puis il part retrouver ses parents qui semblent être dans le coin. Pierre m’appelle. Il vient d’arriver. C’est sa première longue course et il semble un peu stressé.

Ecotrail 80km: le DepartIl est 11h30. Je retire ma veste et mon pantalon puis nous déposons nos affaires dans le bus. Nous essayons de retrouver Manu, mais en vain. Nous nous dirigeons alors dans le sas de départ. Petit selfy puis nous nous asseyons dans l’herbe pour patienter. J’aperçois finalement Fred Brossard assis pratiquement sur la ligne de départ. Nous le rejoignons.

L’heure du départ approche, l’élite se positionne devant nous. J’y retrouve mon coach Vincent Viet que je salue. Il a la banane et nous discutons un peu. Sylvaine Cussot arrive ensuite, placée en embuscade sur le côté droit. Une petite bise d’avant course, quelques mots et surtout, la promesse de se boire une bière à l’arrivée. Malgré son sourire permanent, je la sens très concentrée. Dans 5 min, c’est la départ, mais c’est l’heure pour la joëlette de se lancer sur le parcours.

Manu nous retrouve. Il a pris des derniers conseils pour la course et il est prêt à en découdre. Comme nous tous…

Le départ approche, nous nous souhaitons une bonne course.

Le compte à rebours se termine et les traileurs filent sur la pelouse du parc de Saint-Quentin-en-Yvelines. Ca fuse devant. Je regarde autour de moi. Fred devant, Pierre à gauche, Manu à droite. C’est bon, tout le monde est là. Mais très vite, on perd Fred devant. Puis Manu et Pierre se retrouvent un peu plus loin derrière. Je ne retrouverai plus Pierre.

Je regarde ma montre et mon départ est trop rapide. Bien plus rapide que les 11,5km/h que je m’étais fixé. Du coup, je ralentis. On me tape sur l’épaule. C’est Manu qui est revenu. On commence donc à courir ensemble.

Aux avant-postes des supporters, je vois Vincent. Je lui fais signe mais il ne me voit pas. Il m’apercevra à la dernière minute…

Le ciel est voilé et le vent est  légèrement froid pour ce départ. J’ai gardé un tour de cou en attendant que le soleil daigne percer les nuages. On parle un peu, on plaisante. C’est une belle course qui s’annonce. Je regarde régulièrement ma montre et on court toujours un peu trop vite. On est en moyenne à 4min54 / km, ce qui est bien trop rapide, et mon cardio est un peu au-dessus de ce que je voudrai. On essaie de mettre le frein à main.

Malgré ce rythme endiablé, nombreux sont les coureurs qui nous doublent. On entend déjà certains coureurs en train de haleter. Avec Manu, on se fait la réflexion que ces gars là vont exploser en pleine course…

Sur le parcours, Guillaume me reconnaît. Nous avions échanger uniquement via Facebook. C’est l’occasion de nous saluer. On fera une bonne partie de la course ensemble, en yoyo…

Ecotrail 80 (C) Vincent Gaudin - www.journaldutrail.comNous approchons du premier ravito. Les sensations sont bonnes. Je retrouve Vincent qui est armé de son appareil photo, et d’encouragements. Je souris, j’ai la banane. Clic-clac.

Au premier ravitaillement, tout va bien. On retrouve Fred. J’en profite pour manger des morceaux de banane, et des quartiers d’orange et surtout boire beaucoup d’eau. Le soleil s’est levé et ça commence à chauffer. Manu m’attend et nous repartons du ravito ensemble. Nous estimons être dans le peloton des 200/300 premiers. Pour le moment, il s’agit surtout de gérer. Sissi est 5 minutes devant nous. Nous ne savions pas si elle gérait derrière ou si elle était partie devant. Elle a l’air en forme d’après les propos de son coach Arditto, avec qui a échangé Manu pendant le ravito.

Après ce premier arrêt, les choses sérieuses commencent. La première montée ne se passe pas aussi bien que je ne le voudrai. Les jambes sont lourdes, et le cardio monte un peu trop haut à mon goût. Manu file devant. Je sais que la partie entre BUC et Chaville est la partie la plus difficile. Je me dis qu’il faut juste gérer et que ça ira mieux après.

Le soleil tape vraiment. Et bien que nous soyons une bonne partie du parcours sous les bois, le feuillage est absent et ne permet pas de nous protéger du soleil. Ressentant la chaleur, je me mets à boire un peu plus, mais aussi plus souvent. 3 à 4 gorgées toutes les 5 à 10 minutes. Je prends de temps en temps un gel ou une barre, histoire de reprendre des forces. Les montées se font avec les mains sur les genoux, toujours pour m’économiser.

Ecotrail 80 (C) SydokyDans la forêt de Meudon, une belle côte que je connais pour l’avoir empruntée lors de la reco organisée par l’Ecotrail en février dernier. Elle est beaucoup plus dure à monter aujourd’hui. En haut, je me demande si ce n’est pas Sylvie que je vois en tant que supportrice. Il faut dire que je ne la vois pas souvent avec ses lunettes de soleil et son casque de vélo. Elle m’encourage ce qui me signale que c’est bien elle, tout en me prenant en photo. Je fais bonne figure mais j’en chie pas mal.

Un peu plus loin, au 35ème kilomètre, je commence à avoir une crampe. Et ça, quand on n’a pas atteint la moitié du parcours, c’est mauvais signe. Je m’étire sur le côté. Elle met un peu de temps à passer mais finalement j’arrive à m’en débarrasser. Je repars en trottinant.

Cette crampe me fait peur. Surtout qu’elle arrive alors que je ne suis même pas à la moitié du parcours. Mais ça peut passer. Ça doit passer. Finalement, je commence à regretter de ne pas avoir pris plus d’eau claire sur moi. Je poursuis néanmoins à une bonne allure, ne ralentissant que sur les montées. Dans les descentes, un nouveau problème survient: mon genou gauche qui bloque. Je descends donc en marchant, alors qu’habituellement, ces portions de route sont plutôt du pain béni pour moi, car j’arrive en général à descendre à grande vitesse. Mais là, c’est pénible. Néanmoins, j’essaie de m’accrocher et je continue d’avancer.

Ecotrail 80 (C) Vincent Gaudin - http://www.journaldutrail.com/Au KM43, un peu avant d’arriver à l’observatoire de Meudon, je retrouve de nouveau Vincent. Je lui fais un grand sourire, les pouces levés vers le ciel, mais je lui dis que ça ne va pas du tout. Il m’encourage. Le ravitaillement en eau n’est plus très loin. Après plusieurs mètres et quelques marches, j’arrive au second point d’arrêt du parcours. La vue est magnifique. La Tour Eiffel est là-bas au loin. Je me dis qu’il faut que je prenne mon temps. Je bois pratiquement un demi litre d’eau. Je m’assois contre la rambarde et je m’étire. Je mange un peu. En m’essuyant le visage avec le tour de cou que j’avais mis autour du poignet, le gout très salé me fait prendre conscience de ma transpiration. Je me relève alors pour passer ma casquette sous le jet d’eau, ainsi que ma tête. J’ai l’impression de subir une hydrocution. J’ai soudainement froid. Je décide de repartir pour me réchauffer.

Je mets un à deux kilomètres pour ne plus avoir la sensation de froid. Puis j’ai l’impression que ça repart, que, ça y est, le coup de moins bien est passé. Mais un kilomètre plus loin, je reperds les jambes. J’ai mal partout, j’ai mal au crâne… bref, je ne suis vraiment pas bien. J’essaie de trottiner mais en vain. Je marche. Le plaisir n’est plus là, depuis bien trop longtemps. Au kilomètre 50, je prends ma décision. Pas besoin de souffrir 30 bornes comme ça. Je sais que ça ne peut pas aller en s’améliorant. Ma femme doit être au 3ème ravito, celui de Chaville, au KM55. Je décide de l’appeler.

Dès qu’elle me répond, ses premiers mots sont pour m’encourager. Elle a lu le message de Vincent sur Facebook,  comme quoi je n’allais pas fort. Elle essaie de me rebooster, mais je la coupe tout de suite en lui disant que je vais arrêter, avec la voix sanglotante. Elle me connaît et elle sait que, si j’ai pris cette décision, ce n’est pas de gaieté de cœur. Le problème, c’est qu’elle n’est pas à Chaville mais au ravito suivant, à Saint-Cloud. Mais elle décide néanmoins de venir me chercher.

Les 5 kilomètres jusqu’à Chaville sont longs, interminables. Les personnes sur le bord de la route me disent « bravo ». Mais tous ces encouragements, je ne les prends plus. Ils ne sont pas pour moi. Car moi, je vais rester sur le bord du chemin. Je vais m’arrêter au 55ème km, là où la course commence vraiment. Je suis en train de poser un lapin à la Dame de Fer.

Tous ces matins à me lever pour fractionner en côte, pour faire mes sorties en endurance fondamentale, pour s’entrainer avant d’aller travailler… Tout cela pour rien. Tout cela pour devoir dire stop en plein milieu d’une course à laquelle je me faisais une joie de participer.

Objectif moins de 8h? Objectif top 100? J’aurai déjà dû me fixer comme objectif d’arriver au bout…

Ecotrail 80 (C) Vincent Gaudin - www.journaldutrail.com/Au loin, je vois Vincent. Le ravito est proche. Je lui fais signe pour lui dire que c’est fini, que j’arrête. Il a l’air déçu pour moi. Je regarde le sol, comme si j’avais honte de ce que je allais annoncer au PC de la course.

Je passe sous l’arche. Je demande à un bénévole où je dois annoncer mon abandon. Sous la tente située à côté de l’arche du point de contrôle, je me présente à une personne devant son ordinateur. La voix fébrile, c’est un « J’arrête la course » qui sort de ma bouche. La vision s’embue. Le « c’est bon, c’est noté » est le top départ pour quitter cet endroit et retrouver un bon bol de soupe chaude.

Je redescends vers la route, en passant une nouvelle fois devant tous les supporters qui continuent d’encourager les coureurs, mais cette fois en contresens de la course. Je baisse les yeux.

Je m’isole un peu plus loin, j’appelle Philippe. Il m’avait dit qu’il se positionnerait sur le parcours avec Salvio pour m’accompagner sur la dernière partie de la course. J’annonce à Philippe que j’arrête. Il me dit que je suis parti trop vite. Je m’en doute bien… Il m’annonce aussi que Sylvaine a dû arrêter après une mauvaise chute et qu’elle a un pouce retourné. Je suis triste pour elle. Fred Brossard aussi a arrêté mais pas de casse pour lui. Décidément, tous ceux que j’ai côtoyés au départ ont eu la poisse?!!

Non, Manu est en très bonne position et il tient le rythme. Mon coach Vincent Viet a terminé 3ème de la course et Pierre est derrière mais toujours en train de courir.

Ma femme appelle. Elle est là. Mais sur la route qui est de l’autre côté du ravito. Je dois de nouveau passer devant les supporters, ce qui m’ennuie. Du coup, je sors mon coupe vent que j’enfile, histoire de cacher mon dossard, de cacher mon abandon.

Je retrouve ma femme avec la petite juste devant l’arche. Et en les voyant, les larmes coulent toutes seules. On repart aussitôt à la voiture, ça ne sert plus à rien de rester ici maintenant. La course est belle et bien terminée pour moi…

Après course

Nous retournons à la maison. J’y prends une douche avant que nous nous repartions pour le Trocadero, afin que je puisse y récupérer les affaires que j’avais laissées au départ. J’y retrouve Philippe et Salvio, qui sont déçus pour moi. L’arrivée devant la Tour Eiffel est si belle, si magnifique. Elle se fera sans moi. Manu vient d’arriver, il a été au bout et arrive à la 54ème place avec un superbe chrono: 7h35!!

A 19h55, je vois Guillaume, avec qui j’ai fait une partie de la course. Il arrive à la 86ème place! Je l’appelle pour le féliciter, mais il est complètement HS et il ne m’entend pas.

Puis nous repartons, quittant l’effervescence de l’arrivée.

Chez moi, je recevrai l’appel de Pierre. Avec une voix fatiguée mais heureuse, il m’annoncera qu’il en a chier mais qu’il a réussi: 8h31min et une 181ème place pour ce premier essai sur une distance supérieure au marathon. Un grand bravo!!

Ce qui est sûr, c’est que l’année prochaine, je serai sur l’Ecotrail 80km une nouvelle fois. Et pas seulement sur la ligne de départ…

Remerciements

En particulier:
A ma femme et ma fille,
A la famille Bernichan,
A Vincent,
A Sylvie,
A Salvio et Philippe
A Xrun et en particulier Vincent Viet
Aux organisateur de l’Ecotrail de Paris et aux bénévoles

Un grand merci à tous ceux qui étaient sur le parcours pour encourager les coureurs.

Un grand merci à tous pour vos encouragements sur Facebook, Twitter et Instagram. J’ai pu lire tous vos messages, ça fait vraiment plaisir et chaud au cœur. Promis, je ferai mieux la prochaine fois!!

Un grand bravo à tous les finishers, quelle que soit la course.

Et aussi bon courage à ceux qui ont dû abandonner. Va falloir se relever et être plus fort la prochaine fois!

La leçon à retenir

L’année prochaine, je serai sur cette course. Mais il y aura des choses à ne pas refaire:
– Partir une semaine en vacances pour changer d’habitude alimentaire. En demi-pension pendant mes vacances, c’était chaque soir tartiflette, fondue ou autres spécialités savoyardes. Un peu, pourquoi pas, mais chaque jour, ça fait beaucoup. D’ailleurs, j’avais ressenti des crampes aux mollets en début de semaine avant la course…
– Alléger mon sac: je pars encore avec beaucoup trop de chose dans mon sac, trop de barres et de gels. Va falloir encore alléger cela.
– Ne pas partir trop vite. Pourtant, ce n’est pas faute de l’avoir répéter mais je n’ai pas su me convaincre pendant le début de la course et j’en ai payé le prix fort.
– Prendre plus d’eau claire. Je prendrai des bidons avec de l’eau claire, en complément de la poche à eau avec la boisson énergisante.
Voilà en gros les défauts. J’ai d’autres petits réglages à faire, mais qui sont de l’ordre du fignolage. Et je prendrai bien en compte toutes ces érreurs commises pour ne pas les reproduire sur les prochaines courses, et notamment le prochain gros objectif: les 100km de Millau. A suivre…

 

86 Comments

  1. Je te réitère toutes mes félicitations. L’abandon n’est pas une décision facile à prendre. C’est une belle preuve de courage, car au vu de ce que tu décris dans ton CR, c’est continuer qui aurait été stupide. En tous cas bravo, il ne te reste plus qu’à récupérer et à préparer la suite.

  2. salut Greg
    tu n’as pas tout perdu…tu as gagné en expérience et la fin de ton post montre tous les enseignements que tu as su en tirer
    J’avais été impressionné par ton temps sur semi et l’an prochain tu seras finisher bonne récup

  3. J’ai envie de dire « Waouh » ! Beaucoup d’émotions à lire ton récit. Le passage avec le coup de fil à ta femme et l’annonce de ton abandon au bénévole me donne des frissons. Les défaillances elles arrivent sans trop prévenir même avec une très bonne préparation et même chez les plus grands champions. Tu reviendras l’année prochaine avec un esprit de revanchard et tu pourras faire un coucou à la dame de fer en arrivant après 80km de course. Bravo pour ton courage. Bravo pour ta prise de décision. Bonne récupération Greg. 😉

    • Ouais, quand tu te prépares à courir 80km, tu n’es pas forcément préparé à dire que tu abandonnes. Pas évident, même si j’étais sûr de ma décision…
      J’espère bien faire coucou à la Dame de Fer l’année prochaine, voire m’assoir sur ses genoux. 😀

  4. Salut Greg,

    Je viens de lire ton CR de l’Ecotrail et j’y revis un peu ma course. Je crois que notre principal ennemi a été la chaleur qui est vraiment apparue après le ravito de Buc, dans les moments les plus dur de la course. Comme toi j’ai envisagé l’abandon à Chaville et j’ai continué mais je crois que tu as pris la bonne décision si vraiment tu ne le sentais pas bien. Quand trop de souffrance et douleur viennent entacher le plaisir de courir il faut arrêter. C’est dans ces moments que l’on se construit et tu ne répartiras que plus fort…

  5. C’est moche! Tu t’étais tellement investi. Hâte de te revoir sur les courses Greg le Phoenix.

  6. Excellent compte rendu … de galère, très sobre et impartial, sans te chercher d’excuses. Pour avoir vécu la même chose que toi, je me retrouve dans tes propos. Je ne sais pas encore par contre si je reviendrai. Je pense que cette épreuve est au-delà de mes limites.

  7. Tu n’as pas à avoir honte Greg, 55km dans ces conditions c’est déjà énorme ! Et puis tu a su en tirer les bonnes leçons. Merci d’avoir partager avec nous ce retour d’expérience. Bon courage pour Millau !

  8. Superbe CR rempli d’émotions, j’en ai mal pour toi.

    A un plus petit niveau j’ai du moi-même me désinscrire du 30Km pour cause de blessure. La frustration fut très grande en allant chercher un ami à la tour Eiffel, ami avec lequel je devais courir ce bel Eco Trail !

    Félicitations en tout cas d’être allé au bout de toi même, et je suis sur que l’année prochaine, il y aura des photos de toi à l’arrivée !

    Au plaisir de te lire

    Romain (Sport Digital)

  9. Quel beau récit malgré la déception qui a du malheureusement être grande.
    Comme tous je te félicite pour ta lucidité et même si cela n’a pas été une décision facile à prendre, c’était la bonne !
    Tu n’as rien à regretter, nous ne sommes pas des machines et chaque expérience (bonne ou mauvaise) est bonne à prendre.
    Je ne doute pas que tu seras rebondir.

  10. Très beau compte rendu, émouvant sur la difficulté d’une épreuve, sur l’abandon qui n’est jamais un plaisir ou un soulagement. Mais à bientôt sur une autre course évidemment!

    • Merci Vincent pour tes encouragements sur le parcours. Après coup, je me demandais limite si je n’avais pas été désagréable avec toi lorsque je t’ai dit que j’abandonnais…
      Mais voir ta trombine à chaque jalon du parcours, c’était vraiment sympa!!

  11. salut Greg
    superbe cr et ravi de t’avoir croisé avant la course …c’est dingue comment ton CR me renvoie à toutes mes emotions partagées durant cette course !! superbe !! et a mon avis, vu tes capacités physiques et d’analyse, l’année prochaine, ca va etre une belle pour toi !! a bientot et bonne recup … et millau n’a qu’a bien se tenir !!forza mec !!

  12. Laflecheblonde

    Bravo à toi. Ce n’est jamais facile. Je n’aifaitqu’unultra de 87kml’annee passée dont une moitié dans le dur. Je pense avec cette minuscule expérience que l’erreur majeure était de partir trop vite.

    • On est effectivement d’accord. Après analyse des mes données, je suis parti 1km/h trop vite, et j’étais 10 pulsations au-dessus de ce à quoi je devais être max…

  13. Laflecheblonde

    J’aurais abandonné sans doute seul mais on courait à 5 et on s’était promis de finir ensemble. Le groupe à bcp aidé pour cette première.

  14. arffff dommage tu avais un beau debut de course, « in tartiflette we trust… avec modération »
    te mine pas trop le moral avec cet abandon et focus sur Millau

  15. J’imagine bien ta déception, à la mesure de l’investissement consenti durant toute la préparation (j’ai connu çà et je le connaîtrai certainement à nouveau).
    Tes prochaines arrivées n’en prendront que plus de valeur et tu les appréciera encore davantage. C’est ce qui compte !

    • Déception, c’est certains, mais je ne peux m’en prendre qu’à moi-même. Faire des erreurs pour gâcher sa course… Je compte bien ne plus les reproduire. Vivement la prochaine! 😀

  16. Abandonner n’est clairement pas quelque chose à laquelle nous sommes préparés. Ce fut une sage et courageuse décision que tu as prise. D’autres beaux objectifs t’attendent cette année et rendez vous l’année prochaine même lieu, même endroit, stratégie différente 😉

  17. Déçu pour toi, vu ta préparation ça doit être très frustrant.
    Tu prendras ta revanche c’est certain, et tu ferras encore mieux.
    Bonne récup’ et vivement Millau.

  18. Je sais ce que tu ressens même si je n’ai pas fait de course aussi longue, ces images qui te traverses la tête en revoyant tous tes entrainements je la connais bien !
    Et elles auraient même tendance à te forcer à continuer.
    Mais tu as pris la bonne décision, certes l’ETP faisait parti de tes objectifs mais ce n’est pas le seul non plus ! Tu as bien fait d’arrêter et d’analyser pour mieux te relancer encore (j’en suis sur).
    Et puis abandonner après 50 kms c’est quand même 50 kms ! Ce n’est pas à la porter de tout le monde. Il faut regarder le verre à moitié plein… 🙂
    Alors moi je te dis doublement Bravo ! Bravo pour ces 50 kms et Bravo pour avoir eu la lucidité nécessaire pour arrêter.

    • Je crois que, quelque soit la course, quelque soit le niveau, on ne s’aligne pas sur une course pour abandonner.
      Je reste content de cette course avec du recul, car si je n’étais pas parti si vite, je suis certain que j’aurai pu aller au bout, voire plus loin.
      En tout cas, un grand merci pour ces mots!

  19. Salut Greg,
    J’ai eu aussi mon premier abandon sur un ultra (100km), suite à des douleurs intenses au genoux après le 81 km!.
    C’est dur d’abandonner mais c’est souvent la bonne décision.
    Courir doit rester un plaisir, et cela ne vaut pas le coup de mettre en jeu son intégrité physique.
    Si on ne peut pas reprendre la course à pied dans les jours qui suivent, c’est qu’on est allés trop loin.
    A de prochains défis.

    • Effectivement, j’avais poussé très loin lors de mon premier marathon. J’avais dit à ma femme que je ne le referai plus, car je pense que j’aurai pu me blesser et forçant malgré les courbatures.
      Le corps et l’esprit font qu’un. Si l’esprit doit savoir dire à son corps qu’il peut aller plus loin, il doit aussi l’écouter pour dire stop.
      Merci pour ton partage d’expérience! 😉

  20. Tu as tout résumé dans ton CR : tes erreurs, tes bonnes analyses, ta bonne décision finale
    Avec tout ça tu vas repartir de plus belle et tu auras de quoi te remonter le moral très vite
    Récupères vite et bien pour de nouvelles aventures

  21. Pradillon lyne

    Je suis dsl pour toi, Greg, ces courses demandent tant d’investissement en amont et qd on échoue notre monde s’ecroule un peu mais il faut vite se relever et apprendre de nos erreurs. Tu reviendras plus fort l’année prochaine 😉

    • Faut pas être désolée. C’est l’apprentissage de la course à pied qui se poursuit… Pour être plus fort sur la prochaine course! 😀

  22. Super ton récit ! Tu as bien fait de ne pas insister. Tu pourras te reprendre.

  23. Émouvant ton CR mon cher Greg !
    Tu as pris la meilleur décision car continuer dans ces conditions t’aurait certainement amené à la blessure(fatigue prononcée, manque de vigilance…)
    Un grand BRAVO pour l’effort que tu as fourni.
    Au plaisir un de ces 4.
    Guillaume

  24. On n’est pas des machines, mêmes les meilleurs ont des défaillances (Sylvain Court par ex.). C’était un sacré défi 80 km avec du dénivelé, soit quasiment l’équivalent d’un 100 km sur route diront certains.
    Tu as la « positive attitude » malgré tout puisque tu envisages de rempiler l’année prochaine.
    Par ailleurs, ton analyse pleine de lucidité de cet échec te sera assurément bénéfique par la suite.

  25. dure à avaler cette histoire. Mais ça dois faire partie du jeux des courses longues. La réussite est un équilibre pas facile à trouver. La prochaine sera la bonne 😉

  26. Minnierunneuse

    Respect. Tu as fait un sacré choix. Le bon certainement. Tu vas repartir de plus belle. J’en suis sûre!!!!!
    😉

  27. Essaye de mettre de l’eau clair dans ton camelbak est un bidon de potion magique (qui donne la chiasse quand il fait trop chaud ou trop froid), tu ne t’en portera que mieux.
    Ne pas partir trop vite, c’est facile à dire, on le dit tous mais une fois dans l’ambiance, même en ralentissant souvent, on est toujours trop rapide 🙂

    L’abandon permet d’en connaitre plus sur soit, et surtout, je pense que l’abandon permet de ne plus vouloir abandonner 😉

    • Ouais, je vais mieux m’occuper des bidons et moins me reposer sur une seule poche à eau. Ca permet surtout de ne pas reproduire les mêmes erreurs. Enfin j’espère! 😀

  28. Juste tellement humain Greg. Tu m’as ému.
    La bise.

  29. 12,5 dès le départ c’est rapide quand même (sur la Sainté on était à 12)
    Pour l’hydratation, je ne prendrais pas bidons + camel. Tu vas prendre du poids…

    Avec 2 bidons, 500 (ou 800 suivant le temps entre 2 ravitos) tu es tranquille.
    Ma recette (magique !):
    un avec eau + stick au bicabornate « anticrampe d’isostar » http://www.isostar.fr/tablettes-comprimes-sticks-lactic-acid-stopper.html
    un autre avec la boisson iso. Le bidon permet de gérer facilement la dilution en fonction de la température 😉

    • Ouais, initialement, j’avais prévu de faire 11,5km/h. Là, j’ai également en moyenne 10 pulsations en trop par rapport à ce que je ne dois pas dépasser en long. Forcément, je ne pouvais aller que droit dans le mur…
      Oui, j’avais les sticks dans ma poche à eau. Mais ca n’a pas suffit.
      Pour les bidons, il fallait au moins 1,5l sur soit… Ca fait beaucoup sur l’avant, non?
      En fait, en allant chez mon osthéo jeudi dernier, j’ai découvert que mon péroné était coincé, ce qui mettait en tension mes muscles et provoquait les crampes. Le truc con… Qui peut être à l’origine de cet abandon (+ l’accumulation de toues ces erreurs…).
      Le coup des bidons, je compte bien le faire pour la prochaine Sainté… 🙂

      • 1,5 c’est pas mal vue la température, ta vitesse et du coup le temps entre les ravitos. Avec 2 bidons de 660 (2€ chez décath par ex)ça doit passer incognito au contrôle, sans prendre des 800mL 😉

        Après ça fait du poids c’est sur, mais aussi une excuse pour faire plus de ppg et tu peux changer de bidons suivant les courses (2×500 sur la sainté ça suffit largement)

  30. Quelle lucidité dans ton analyse !!! Bravo !!! Je dis svt les defaites nous rendent plus fortes…mais la ce sera le cas pour très futures courses !! Je garde ton analyse pour mon objectif perso de l année (les templiers) merci !

  31. Très beau CR. Même si cela fait partie du sport, l’abandon n’est jamais facile à gérer. Un grand respect à toi

  32. Merde alors, ton récit est tristoune dis donc. Quelle déception tu as vécue ! Refais vite une course qui te booste, ne serait-ce que pour le réajuster le moral au beau fixe ! Nous on sait que t’es fort de toute façon

    • Le moral est vite revenu.une fois que tu as compris tes erreurs, il est plus facile de repartir.
      Un petit triathlon, ca devrait le faire, non?! 😀

  33. Montrer autant de lucidité avec si peu de temps pour prendre du recul: Respect. Ta déception est la preuve que tu es un compétiteur, c’est un cliché mais je suis persuadé que tu reviendras bien plus fort et avec le mors aux dents. Force et honneur :-)!

  34. Eh Greg! Le principal est de bien analyser tout cela. Ça n’est surtout pas une défaite. J’ai vécu mon seul et unique abandon en juin dernier, j’en ai tiré les leçons, j’ai changé 2 ou 3 choses depuis. A te lire, mon analyse se porterait plus sur le manque d’hydratation pendant mais surtout avant la course avec ton magnifique régime alimentaire montagneux! Boire beaucoup, souvent, par petites gorgées, c’est ce que tout le monde dit mais ça marche! Surtout en cas de forte chaleur, c’est d’autant plus important. Je dirai aussi que la course juste après une semaine de vacances, ça n’est pas idéal : fatigue du ski, du voyage, etc… Bref, apprendre encore, c’est ça qui est bien! @+ et bon courage pour la suite.

  35. Tu n’as pas de honte à avoir! Et tu n’as rien à prouver a personne L’objectif n’est pas atteint, mais quelle importance! La course a pied doit rester un plaisir avant tout, et tu as bien fait d’arrêter. 50km c’est déjà pas à la porté de monsieur tout le monde. Alors dis toi qu’on apprend toujours de ces échecs. Je te souhaites un bon rétablissement, et une bonne préparation pour Millau..Sans oublier de garder en tête que l’on court pour soi et avant tout pour profiter de la nature.
    Allez! La page est tournée 😉

    • C’est bien parce que je n’avais plus de plaisir que j’ai préféré arrêter, et surtout pour ne pas me blesser…
      ZOu, une nouvelle page à écrire! 😉

  36. J’ai été vite pris de cours au téléphone quand tu m’as appelé. Difficile de trouver les mots. Et j’ai partagé ton désarroi au trocadéro quand tu as assisté à l’arrivée des concurrents avec qui tu as partagé un bout de route. Mais c’est déjà du passé et cette expérience te servira sans aucun doute pour les prochaines courses de ce type !

  37. Faut pas que tu sois trop dur avec toi car se présenter au départ d’un 80 km, c’est déjà un acte qui mérite le respect car c’est plus que de l’entraînement dont il s’agit mais de plein d’autres trucs qui rentrent en ligne de compte et ton récit nous rappelle.
    Tu vas passer à d’autres objectifs et celui, tu lui règleras son compte en 2015 🙂

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  39. dur ! je suis d’accord avec le mangeur de cailloux +++ deux gourdes sur le devant une de flotte, une de boisson, c’est top. je suis tombé amoureux d’un sac Ultimate Direction cf le blog

    il arrive des jours de moins bien malgré un bon entrainement, c’est une expérience très difficile mais qui te fera sans doute énormément progresser !

    courage !

    suis tu ta charge d’entrainement ? TRIMPS, TSS ou autre truc dans le style ? Xrun t’a organisé un tapering de combien de temps avant cette course ?

    • Il y avait un suivi par rapport à la charge d’entrainement avec Xrun, et une période d’affutage de 2-3 semaines…

      • c’est un peu une réponse de normand ça 😉

        quel suivi de la charge utilisent-ils ? et dans l’affutage comment était diminuée la charge d’entrainement ? diminution exponentielle, créneau ?

        J’ouvre cette discussion, je trouve d’après vos blogs respectifs sur la runnosphère, ces entrainements X-Run bien costauds par rapport à d’autres plans ou d’autres entraineurs que tu connais

        • Suivi= Temps + distance + perception de l’effort (échelle de 1 à 10 + commentaires. Sur le ressenti, j’ai fluctué de 4 à 10).
          Pour la diminution, faudrait que je rentre à nouveau dans le plan d’entrainement.
          Pour répondre à ta question, par rapport aux séances d’entrainements, le travail « qualitatif » était beaucoup plus costaud. par contre, moins de quantitatif. Les sorties longues Cap duraient moins longtemps, mais des séances de vélo en complément.
          J’ai moins fait le normand là? 😀

  40. Salut
    Tout d abord un grand bravo!je n ai jamais fait plus de 21 km en course donc 55ca me parait énorme .
    Il ne faut pas prendre ça comme un échec car ça t emmené dans tout les cas de l expérience !
    Moi je vois une chose dans le début de ton récit qui m est déjà arrivé. C’est surprennant mais a chaque début de course ou je suis en très bonne forme et ou j ai bien dormi;je ne fais pas une bonne course ! Alors que quand je dors mal ou au en me réveillant j ai mal quelque part ,c est une très bonne Course .
    En tout cas BRAVO !

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  44. Votre récit est tellement touchant! Etant runneuse aussi, je comprends et ressens chaque mot que vous écrivez !
    Bravo pour votre courage…j’espère que votre course en Tunisie vous a permis de vous de mieux rebondir, bien que ce n’est aucunement comparable! A bientôt …

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