Mes 50km de la Sologne des Rivières



50km de la Sologne des Rivières

Les 50km de la Sologne des Rivières est ma course test avec les 100km de Millau. Idéalement placé 1 mois avant mon objectif de l’année, ce 50km permet également à mon partenaire et moi-même de nous accorder.

Rendez-vous en Sologne

Vendredi, avec ma petite famille, nous arrêtons notre route de retour de vacances à Salbris. Nous y retrouvons Julos, mon accompagnateur vélo, ainsi que sa petite famille. Julos, cela fait des années que nous nous connaissons. Et avec notre bande de copains, nous avons fait les 400 coups. Nous avons été témoins de nos mariages respectifs et nous avons eu notre premier enfant à un mois d’intervalle. Nous nous voyons un peu moins aujourd’hui, vie de famille oblige, et la distance n’arrange pas les choses. Mais les retrouvailles s’en retrouvent bien meilleures.

Si j’ai pensé à Julos comme accompagnateur vélo parmi mon entourage, c’est pour plusieurs raisons. D’abord, il est sportif: il a fait beaucoup de foot, il court un peu, il fait du snowboard dans sa nouvelle région, la Savoie, et il y pratique aussi le VTT. Mais surtout, je sais qu’il aime relever les défis, tant qu’ils ne sont pas trop fous. Ce défi sportif de m’accompagner sur les 100km de Millau est donc suffisamment dur mais pas inatteignable pour lui. Ce rendez-vous à Millau devient alors une aventure humaine et l’occasion pour moi de partager quelque chose de particulier avec mon pote.

Nos bagages déposés dans nos chambres, nous nous rendons à Theillay, lieu de départ du 50km et du 100km, pour retirer nos dossards. L’accueil du 50km n’est pas des plus hospitaliers. On me donne mon dossard et mon t-shirt sans plus d’informations. Personne ne fait la queue après moi, j’ose poser quelques questions par rapport au petit-déjeuner du lendemain. On m’assure que c’est bon pour moi et mon camarade. J’ose une seconde question mais au regard de la réponse, je comprends que l’échange doit se clore. Nous sommes légèrement déçus par cet accueil.

Dossard des 50km de la Sologne des RivièresDe retour à la chambre de l’hôtel, nous préparons nos affaires. Dans le sac à dos de Julos, les vêtements de pluie, sait-on jamais. Dans le panier, 3 gourdes: une gourde avec ma boisson énergétique Herbalife Prolong, une seconde avec de l’eau pure, et une troisième avec un mélange Herbalife Hydrate et de Bicarbonates Isostar. J’ai ajouté à cela 2 barres énergétiques Isostar et d’un tube de Sporténine.

Pour mon équipement, je prépare ma paire de Diadora, des chaussettes running Kalenji, des Sigvaris Pulse Elixir, un short Salomon, mon t-shirt Runnosphère, ma casquette Craft,  deux montres, la V800 de Polar et la Garmin Forerunner 620, et ma paire de lunettes Cébé. J’épingle mon dossard sur une ceinture porte-gels. Et après avoir tout vérifié, nous sommes prêts.

50km – Le grand test

Le réveil sonne à 4h du matin. Je m’habille rapidement. Dans le couloir, je croise un coureur du 100km qui se prépare également à se rendre sur la ligne de départ. J’attends mon coéquipier qui arrive quelques minutes plus tard. Pendant les 10 min de trajet en voiture, on se réveille doucement. Nous mangeons chacun notre banane, pendant que Bob Marley se lamente dans les enceintes.

Petit-déjeunerNous sommes parmi les premiers arrivés. Il y a un peu d’effervescence sur le parking. Nous nous dirigeons vers le petit-déjeuner que nos estomacs commencent à réclamer. A l’entrée de la salle, un bénévole nous demande nos tickets, que nous n’avons pas. Ce n’est pas faute d’en avoir fait la demande hier. Heureusement, on nous laisse tout de même acheter nos billets d’entrée, ce qui nous évite de prendre le départ avec uniquement des bananes dans l’estomac. Malgré le monde dans la salle, les coureurs attablés sont silencieux. A 5h du matin, les têtes sont encore dans la brume ou perdues dans les pensées d’une course qui démarrera dans une heure trente. Le café réveille tout doucement Julien.

15 minutes avant le départPassage aux toilettes pour ma part pendant que Julien prépare son vélo. Puis je vérifie les gourde et j’installe les dossards. La nuit est fraîche, le soleil n’est pas encore levé, je décide de garder mon sweat pour le début de la course. On nous annonce le départ prochain des accompagnateurs. Ceux-ci partiront 15 minutes avant les coureurs pour nous attendre au cinquième kilomètre. On apprend juste avant le départ que le dossard ne doit pas être porté par le cycliste mais sur l’avant du vélo. Ouf! C’est ce que nous avions fait. Par contre, nous apprenons également que je dois porter les 2 dossards fournis, un à l’avant et un à l’arrière, pour permettre aux 100 bornards d’identifier les coureurs sur le 50km. Je recours à la voiture pour prendre des épingles à nourrice et j’attache mon second dossard à la ceinture.

On immortalise le moment puis Julos prend le départ. Je me place pour le prendre en photo mais je ne le vois pas passer. J’espère qu’il ne me sèmera pas pendant la course…

La ligne de départ des 50kmJe me dirige vers la ligne de départ qui se trouve 500mètres plus loin, en marchant. Il s’agit d’une simple ligne blanche tracée sur le bitume. Les coureurs commencent à s’y regrouper derrière. Je me place dans le premier tiers du peloton. Le coup de pistolet retentit et c’est parti pour 50km de macadam.

6h30: départ

Je dois retrouver mon coéquipier au ravito du 5ème km. J’estime cela à 25 minutes environ. Je découvre que devant, ça part très vite. Moi, je me cale sur un rythme qui correspond à 65% de ma FC de réserve. ce qui me permet de courir à une moyenne un peu inférieure à 5min/km. Le peloton s’étire doucement, le soleil commence à pointer le bout de son nez. Pourtant, il continue de faire froid et je peine à me réchauffer.

Les coureurs retrouvent finalement les accompagnateurs plus tôt que prévu, vers le KM4. Romuald, qui m’avait annoncé la veille sur Facebook qu’il était accompagnateur du 100km, m’encourage. Julos me retrouve un peu plus loin et me suit. Une jeune femme que je ne reconnais pas m’encourage également (si tu lis ces lignes, manifeste toi!). Avec Julos, on en profite pour parler. Je commence à boire régulièrement une gorgée de boisson, environ toutes les 15 minutes.

Julos m’avoue qu’il a froid. Il faut dire que l’humidité est bien présente dans le bois de Sologne que nous traversons. Pour ma part, je mets environ 6km pour me réchauffer. Je profite d’un arrêt bien choisi pour vider ma vessie et retirer mon sweat.

Au KM7,5, la route part en angle droit sur la droite. La foule de coureurs s’est étirée et on peut voir au loin les premiers, grâce à la longue ligne droite légèrement descendant puis remontante dessinée par la route. Julos et moi discutons. Nous n’entrons pas dans des grands débats philosophiques, mais nous nous concentrons sur le sujet du jour, à savoir boucler ce 50km pour tester le matos et l’organisation. On a déjà noté quelques réglages à faire mais ça va le faire pour ces 50 bornes.

Selfy 50 bornesLes 10 premiers km sont parcourus en 50minutes. C’est un peu rapide, mais le cardio me montre que je suis dans le bon rythme. Je poursuis donc sur l’allure. Je double beaucoup de 100 bornards qui sont sur leur allure de croisière, et quelques gars du 50km.  Julien veille à ne pas me gêner ni à gêner les autres coureurs.

Nous sortons du bois et arrivons dans Salbris. En traversant la zone industrielle, nous profitons des premiers rayons du soleil, insuffisants pour réchauffer mon compagnon de route.

Compétitif, moi?

L’arrivée en ville crée une certaine effervescence. Il faut dire qu’un peu plus loin, nous croisons les premiers du 100km, qui prennent notre chemin dans le sens du retour. Nous ne sommes plus très loin de quitter le parcours des 100 bornards. Un coureur du 50km me double et reste dans mes pattes. Il me gêne et je décide alors de le doubler. Mais il ne se laisse pas faire et bataille avec moi. Je ne comprends pas ce « combat », sachant que nous ne sommes qu’au 18ème km. Je reste derrière lui en le poussant un peu, histoire de voir un peu ce qu’il a dans le ventre. Il semble assez essoufflé et je me dis qu’il n’arrivera pas à tenir ce rythme pendant 50km. Néanmoins, je le pousse ainsi jusqu’à la sortie de la ville. Je fais une petite accélération puis je m’arrête pour mon second arrêt de vidage de vessie. Comme le dira plus tard Lucie, mon épouse, j’ai été stupide de prendre un café au petit-déjeuner. Son pouvoir diurétique fait maintenant son effet. Le coureur est 100mètres plus loin, ce qui me permet de respirer un peu et de parler avec Julos.

Je suis assez surpris car nous empruntons un chemin forestier. Julien m’apprend que le parcours comprend 96% de bitume. On doit être sur les 4% restants.

Un peu plus loin, le coureur devant moi s’arrête aussi pour une pause technique, et se retrouve plus qu’à une vingtaine de mètres devant moi lorsqu’il se remet à courir. Je ralentis car je n’ai pas envie de me retrouver collé à un autre coureur.

50 km de la Sologne des RivièresAu 21ème km, il s’arrête au ravito puis repart. Nous sommes à moins de 5m l’un de l’autre. Je ralentis encore mais il ralentit encore plus. Du coup, je décide de le doubler mais il se colle à moi. J’accélère alors pour le laisser derrière moi. Cela m’a un peu énervé. On est 44 coureurs sur 50km, ce serait con de se retrouver l’un sur l’autre. Du coup, mon esprit de compétition s’est réveillé et je décide de ne pas le laisser revenir sur moi.

Nous avons retrouvé le bitume. Julien et moi nous racontons des blagues à tour de rôle et nous plaisantons jusqu’au ravito du 25ème km. Il commence à avoir mal aux fesses.

A l’approche des 30km, le cardio commence à monter un peu, à cause de quelques faux plats. Je reste malgré tout sur une allure de 48min aux 10km. Je dis à Julien que je vais commencer à parler un peu moins dorénavant, histoire de rester concentré sur mon souffle.

La route est longue sous ce bois permanent. Les kilomètres défilent, et nous rencontrons les premiers du 50km, qui empruntent notre route en sens inverse. Le premier a bien distancé le second, suivi de près par le troisième. A chaque fois que je croise un autre coureur, les encouragements sont réciproques. Je trouve cela sympa! Cela nous permet aussi de compter le nombre de coureurs afin de connaître ma position dans cette course.

Promenons nous dans les boisAprès le ravito du KM32, la route part à angle droit sur la gauche. La vue se dégage et nous arrivons au village de Pierrefite-sur-Sauldre. Des bénévoles quadrillent la partie du village que nous empruntons. Pourtant, ce ne sont que des coureurs que je croise. Pas une voiture, ni un villageois. Le parcours du 50km me fait faire le tour de l’église. Je prends un quartier d’orange au ravito puis je continue la boucle. La boucle de 100m autour du vieux bâtiment religieux est vite faite et je retrouve Julien, qui discutait avec un bénévole. Nous empruntons le même parcours mais cette fois-ci sur le retour. Nous resaluons tous les bénévoles croisés. Le comptage nous permet d’identifier que je suis en 12 ème position.

12ème position

Je dois parcourir une petite côtelette qui fait monter mon cardio. Angle droit sur la droite et je retrouve au ravitaillement un ami Facebook que j’ai pu rencontrer sur différentes courses: Hubert. Je lui tape dans la main et je l’encourage au passage; il fait de même.

Selfy 50 bornes - reverseJ’ai un léger coup de mou et je prends alors une barre énergétique, ainsi qu’une gorgée de chaque boisson mise à disposition dans le panier de Julien. Nous nous sommes rodés pour cela. Il est plus facile que ce soit lui qui me transmette puis range les bidons dans son panier plutôt que je m’y serve. On fonctionne donc ainsi.

Vers le 38km, j’entends derrière moi le souffle du coureur qui me suit depuis le 18ème km. Il essaie de revenir doucement sur moi. Je décide d’accélérer 2km plus tôt que ce j’avais prévu dans mon programme de couses. Après tout, les jambes et le souffle sont là. Je le sème définitivement. Plus loin devant, nous commençons à percevoir le coureur qui me précède. Comme la route est droite, j’ai du mal à estimer la distance. Je dirai un km au pifomètre.

Nous passons le 40ème km en 3h10. Julien prévient nos femmes que nous serons en avance sur l’horaire prévu. Les enfants sont prêts et ils seront donc tous là pour nous accueillir sur la ligne. Ça me motive.

Le rythme est maintenant un peu plus poussé, et je me cale sur mon souffle.

Ma boisson d’hydratation est épuisée. Julien part devant pour préparer le bidon au ravitaillement suivant. Je le rattrape et j’en profite pour prendre un verre de coca coupé à l’eau. Puis je repars.

Je double le coureur devant moi, je passe onzième. Il n’a pas d’accompagnant et, tel un traileur, il porte un sac à dos avec son matos. Julos me rattrape.

Marathon en 3h22

Je passe le marathon en 3h22min. Mon second meilleur temps. Mais il faut dire que j’en ai pas fait énormément, trois pour être exact. Néanmoins, je suis content de cette perf dans la course.

Le coureur en 10ème position maintient une bonne allure un peu plus loin. Pourtant, faire un top 10 serait bien. Je maintiens donc une bonne allure. Je le double un peu avant le 45ème km, juste avant d’enchaîner sur une bonne côtelette bien casse pattes. Je me concentre sur mon souffle et je l’avale.

Sprint finalJulien maintient les encouragements comme il faut. Dans notre champ de vision, pas de coureur devant. Mon classement semble donc stabilisé, à condition de ne pas me faire rattraper. Je maintiens donc une allure vive. Nous retrouvons le sentier dans les bois, qui semble être la ligne droite finale. J’ai du mal à estimer la distance restante et j’accélère toujours progressivement. Je commence à voir au loin le t-shirt bleu d’un concurrent. Pourrai-je le rattraper? Julien lit dans mes pensées et m’encourage à tenter de le rattraper. Mon allure oscille entre 4min et 4min20 au km pour ce sprint final. Je m’approche progressivement du coureur mais à 300 mètres de l’arrivée, je sais qu’il me sera impossible de le doubler. J’entends Lucie et Caro qui nous encouragent et je maintiens tout de même l’allure.

Arrivée des 50km de la Sologne des Rivières

A l’approche de Lucie, je lui vole Céleste des bras que je porte avec son petit poing levé au-delà de la ligne d’arrivée. D’abord surprise de cet enlèvement, elle franchit la ligne en rigolant, sous les applaudissements de la trentaine de spectateurs qui attendent sur l’aire d’arrivée. Je regarde ma montre: 3h56min36sec en 10ème position. Je suis 15 secondes derrière le coureur précédent. Il s’agit de Franck Derrien, mais je ne le reconnais pas. C’est via Facebook, un peu plus tard que je le découvrirai.

Les derniers kilomètres m’ont bien fatigué et j’ai besoin de m’asseoir. J’embrasse Julos en le remerciant pour sa compagnie et son soutien.

Je mange un morceau de banane et un verre d’eau/coca. Céleste vient me voir, je suis un peu dans le flou.

Ma femme me donne mon sac qui contient mes affaires de rechange, ainsi que celles de Julien. J’enfile un coupe-vent et je prends ma boisson de récupération Herbalife Rebuild Endurance. Notre hôtel est à 1km du lieu d’arrivée et nous rentrons à pied. Nous saluons et remercions les bénévoles et nous repartons tous les 6, Julien et moi racontant notre aventure matinale.

Conclusion

Globalement, cette course est bonne pour le moral, car je me sens bien. Le rythme sera inférieur sur Millau, c’est sûr. De plus, il faudra gérer en plus le dénivelé et les différentes côtes qui parsèment le parcours. Au niveau logistique, nous avons su faire les réglages et nous modifierons certaines choses, telles que mettre en place le porte-bébé à l’arrière du vélo du Julos pour qu’il n’ait pas à prendre le sac sur le dos. Pour lui, il s’agira aussi de trouver une selle plus confortable, car pour Millau, ce sera beaucoup plus long.

Pour ma part, je devrai gérer en plus le fait de ne pas avoir de déjeuner et un dîner tardif, le départ a en effet lieu à 10h. Je pense prendre des bouchées de pain brioché avec jambon fromage, à prendre de manière étalée sur l’heure du déjeuner, puis vers 18h. Il fera sans doute moins froid au départ, mais il faudra prévoir des vêtements chauds pour la soirée. Les vêtements de pluie seront aussi dispo. Peut-être que je prendrai une seconde paire de chaussures et de chaussettes. Car, par rapport à un trail, le bitume, ca tape pas mal. Donc mieux vaut prévenir. Une frontale ne sera peut-être pas de trop non plus pour moi.

Bref, notre team est prête et nous sommes gonflés à bloc pour notre grand défi 2014! Millau, on arrive!

À suivre…

17 Commentaires

  1. et bien, c’est une belle perf en prepa ca !! et on sent que ca va bien etre regle pour Millau !!! un duo de choc !! bon dernier mois et forza pour Millau !!

  2. Bravo Greg !
    Cela s’annonce bien pour Millau on dirait 🙂

  3. Good job ! Et bravo pour ce beau moment à l’arrivée … Un grand bon kiff de papa

  4. Belle course, belle gestion, chapeau. J’ai le souvenir d’avoir croisé Franck bien avant toi, soit tu as terminé fort soit il a relâché un peu sur la fin.
    Tu vas cartonner à Millau mais attention, le dénivelé ne sera pas le même.
    Encore bravo et bonne chance pour la suite !

    • Merci Hub´! Ça m’a vraiment fait plaisir de te voir!
      Pour Franck, je crois qu’il y a eu un peu des deux…
      Maintenant, comme tu dis, à Millau, la distance sera double et il y aura du dénivelé. A suivre…

  5. Sacrée perf. C’est plus qu’encourageant pour Millau. Pour courage pour ces 100 bornes

  6. Belle gestion de course, de bon augure pour Millau, et une ligne de plus à ton CV de coureur ADDM : http://statistik.d-u-v.org/getresultperson.php?runner=324559 !

  7. Bravo, la forme est là et c’est de bonne augure pour la suite 🙂

  8. Bravo Greg, tu as fais une belle course ! Millau approche mais tu es prêt et tu vas tout déchirer 🙂

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