80km du Mont Blanc: une course très difficile

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On m’avait prévenu que le 80km du Mont Blanc était loin d’être facile. Mais j’avoue que je ne m’attendais pas à ça. Retour sur près de 19h de course.

La veille de la course, je suis bloqué à Annecy. Mon TGV m’y a déposé et je devais poursuivre ma route en TER. Oui, mais  le personnel de la SNCF est une nouvelle fois en grève et me voilà bloqué. J’appelle mon pote Julos, chez qui je serai hébergé pendant le week-end, qui vient à ma rescousse. Une fois en voiture, nous nous rendons à Chamonix où je retire mon dossard. Je croise dans le village les amis du Vercors Sport Team d’Herbalife, Nicolas sur le stand Flipbelt, et Benoît sur le stand Inov8.

Dossard retiré et passage par le stand @herbalife24 des amis de la Vercors Sport Team. #80km #MontBlanc

Une photo publiée par Greg Runner (@greg_runner) le

Une fois le dossard retiré, et le matériel obligatoire validé, je me rends chez Julos, à 1h de voiture de Chamonix. Pendant que Julien prépare le dîner, je prépare mes affaires de course. Dans mon sac Ultraspire Zygos 10, je range ma frontale, ma veste imperméable, ma couverture de survie, mes produits d’hydratation Herbalife (Prolong Endurance, Hydrate et H3O Pro), des gels Long Distance Energy BCAA d’Isostar et des barres High Energy d’Isostar, ainsi que mes bâtons Z-Pole Ultra Distance de Black Diamond. Je prépare également ma tenue: une casquette, mon t-shirt Runnosphère, ma montre Suunto Ambit 3 Peak, mon short Ronhill, des manchons compressport, mes chaussettes Thyo et mes chaussures Inov8 Roclite 295.

80km du Mont Blanc: profil

Après un bon plat de pâtes, nous nous couchons. Il est 22h, nous nous levons dans 4h. Nous nous endormons comme des bébés.

2h du matin. Le réveil sonne et j’ai du mal à émerger. Le café n’est pas inutile. Je prends une douche pour réveiller le corps et une fois le petit-déjeuner englouti, nous nous dirigeons vers Chamonix. Pendant l’heure de route, je lutte contre l’endormissement. Mais en approchant de la destination, le cerveau se réveille, et la concentration se met en place. Nous nous rendons sur la place de l’Eglise où la foule des coureurs est déjà rassemblée sur la ligne de départ. Après avoir déposé mes affaires de rechange en consigne, j’essaie de me faufiler dans le flot de coureurs. Je parle un peu avec Julos; le départ a lieu dans moins de 5 minutes.

Je relace mes chaussures, puis après avoir participé à une brève Ola, le compte à rebours est lancé. Je salue une dernière fois Julos puis je m’élance avec les plus de 1100 coureurs prêts à en découdre.

c'est parti pour les #80km du #MontBlanc

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4h du mat’, c’est parti pour le 80km du Mont Blanc!

80km du Mont-Blanc



Je pars en milieu de peloton environ. Nous ne sommes pas encore sortis de Cham’ que ça bouchonne déjà. Mais nous nous remettons vite en route. Le bal des des frontales se lance dans la forêt pour entamer la première ascension du parcours: le col de Brévent à 1410m d’altitude. Le chemin se rétrécie de plus en plus, et quand nous arrivons sur le sentier étroit, nous sommes contraints de nous arrêter, des bouchons se sont formés.

Une fois sur le single track, il est pratiquement impossible de doubler et je suis donc le coureur qui me précède. Il est par moment possible de doubler mais cela serait gâcher des forces alors que le parcours est long. Nous avançons tout doucement, et nous contemplons dans la nuit étoilée la montagne qui se dresse de l’autre côté de la vallée: le Mont Blanc. Sur le flanc, nous voyons à certains endroits des refuges éclairés, réveillés par les randonneurs et alpinistes se préparant également pour leur ascension.

Le jour se lève progressivement. Les frontales s’éteignent. Nous contemplons les premiers rayons de soleil éclairant le toit de l’Europe. Il est 5h50 quand j’arrive sur l’arrête pour poursuivre mon chemin vers Brévent. C’est un peu plus roulant et je peux commencer à doubler et à aller à mon rythme. Après 2h20 de course, je passe le col de Brévent (515ème – 9.1km).

De Brévent à Flégère



Je peux alors dérouler le pied. J’en profite pour courir dans les larges lacets qui amènent au ravito de Planpraz. Je double à tout va. Soudain, mon bâton tape sur une pierre et revient dans mes pieds, ce qui me fait faire un véritable croc-en-jambe. Je pars à l’avant et j’essaie de me rattraper comme je peux. J’agrandis les pas pour essayer de me rééquilibrer, ce qui ne fait qu’accélérer ma vitesse de chute. Je décide alors de me laisser tomber en mode Judoka, en roulant sur l’épaule sur le côté. Ce sera mieux que d’atterrir la tête la première dans l’pentu. La chute faite, je me relève rapidement. Un coureur me demande comment je vais et je lui dit que ça va. Plus de peur que de mal. La peau du bras est arrachée, ainsi que sur mon autre main et mon genou. Cela aurait pu être pire. Je saigne de partout, mais pas de chair apparente. Je me remet à courir en passant les coureurs. J’entends certains dire que ça ne sert à rien de courir comme ça, que c’est une course de 80km et qu’il ne faut pas se fatiguer. Je le sais, mais si je cours comme ça, c’est parce que je sais que j’ai plus de difficulté à monter. Autant se rattraper sur les descentes.

Le ravito est à moins de 500m de ma chute. Je prends une soupe et une banane et je vais voir les secouristes. Je leur montre mes bobos. Ils me nettoient les plaies puis étalent du mercurochrome. Une des plaies saigne particulièrement et j’ai droit à un petit pansement au milieu de toutes mes plaies. Ridicule. Je les remercie et je me relance sur la course.

1ère descente avec ma première chute sur course. Plus de peur que de mal!

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De Flégère à la Tête au Vent

Pendant 4km, nous descendons avant de retrouver un faux plat qui nous fait passer par la Flégère (3h14 – 411ème – 16.4km). Plus loin, nous passons un peu en dessous du Lac Blanc et de son refuge. Avec ma femme, nous y avions pris un chocolat viennois il y a quelques années. Je pense à elle et je lui envoie un texto.

Le chemin est plutôt plat mais instable. Il y a des cailloux et des pierres en permanence, ce qui réduit l’allure et nécessite sans cesse d’être concentré. De plus, malgré l’heure matinale, le soleil cogne. La Tête aux Vents est passée en  moins de 4h de course (395ème – 19.8km de course), ce qui est particulièrement long.

80km du Mont Blanc

De la Tête au Vent à Buet



On va pouvoir enfin redescendre. Sauf que le terrain est particulièrement cassant. Ça me fatigue, ça m’épuise. Je n’ai plus l’habitude de sauter de pierre en pierre en descente. Là, il faut se tenir à un arbre. S’arrêter, relancer. C’est épuisant. Et quand j’arrive au Buet (371ème, 25,9km), j’ai le moral dans les chaussettes. Je mange, je bois, je fais le plein puis je repars. Julien « Mangeur de Cailloux », qui m’envoie des textos régulièrement m’appelle. Je lui réponds et je lui dis que je ne vais pas trop bien, que c’est dur. Il fait le check point avec moi et nous sommes d’accord qu’il suffit juste d’avancer, que le coup de moins bien passera. L’appel dure moins d’une minute, mais ça fait du bien.

De Buet au Col de la terrasse

80km du Mont-Blanc



Je marche depuis que j’ai quitté le ravito. Puis je me décide à relancer. Le chemin est plat alors profitons-en pour avancer. Si me remettre à courir est plutôt difficile, je retrouve progressivement une allure et un rythme.

La parcours est toujours aussi technique à certains endroits, ce qui ralentit la progression. Mais un pas devant l’autre, j’avance tout de même. J’entame la longue ascension qui amène au col de la terrasse qui culmine à 2615m. La parcours monte progressivement en lacets, et nous subissons les rayons du soleil. Je profite d’un gros rocher pour m’assoir à l’ombre et me réhydrater, et accessoirement, prendre une photo.

80km du Mont Blanc

Puis, dès qu’un point d’eau se présente, nous nous y arrêtons pour nous rafraîchir. D’abord, une fontaine, puis plus loin deux petits cours d’eau. Le gobelet inscrit dans le matériel obligatoire a alors toute son importance pour boire et s’arroser sans se fatiguer.

Nous continuons d’avancer et je me retrouve face à un mur. Je monte doucement tout en m’aidant des bâtons. Puis il faut traverser un long névé. Le chemin est tout tracé en escalier, avec un balisage accompagné d’une fleur, planté tous les 5 mètres dans la neige.

80km du Mont Blanc

Au-dessus du névé, la pente s’accentue encore. Les lacets se rétrécissent, deviennent plus techniques. Nous devons y mettre la main pour nous tenir. A quelques mètres du col, une dizaine de guides de haute montagne nous encadre. Le terrain est difficile et il faut absolument éviter la chute. Encore quelques pas et j’arrive enfin au point culminant du parcours (33.9km – 392ème). Je prends quelques secondes pour récupérer et profiter de la vue et je me remets en route.

80km du Mont Blanc

Du Col de la Terrasse à Emosson

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Les névés sont en plus grand nombre sur ce versant. Si au début, je skie en chaussures pour aller plus vite, lorsque la pente s’accentue, je glisse mes fesse dans un boyau déjà creusé par les coureurs précédents pour descendre en toboggan. J’utilise ainsi 3 toboggans avant de rejoindre définitivement la « terre ferme ». Le chemin devient un peu roulant avec des parties techniques, ou des roches glissantes. Néanmoins, j’ai retrouvé du jus et j’avance à bonne allure.

Nous arrivons à l’approche du barrage d’Emosson puis nous le traversons. Il y a des travaux sur cette infrastructure et nous sommes confrontés aux poussières de chantier. Une fois le barrage traversé, nous devons grimper un escalier métallique qui nous conduit à un restaurant. Mais ce n’est pas encore là que se trouve le ravito: je traverse le parking puis à nouveau un escalier métallique qui nous permet de traverser la chaussée. Un dernier petit faux plat et nous voilà au ravito. Il est 12h30. Cela fait 8h30 que je cours et je ne suis toujours pas à la moitié du parcours (38.36km – 363ème).

De Emosson à Chatelard

80km du Mont-Blanc



C’est l’heure de déjeuner. J’en profite pour bien manger: deux bols de soupe, et deux sandwichs saucisson fromage. En dessert, je prends une banane et trois quartiers d’orange. J’en profite aussi pour me réhydrater et remplir mes bidons. Lors de ma chute, le bidon gauche s’est percé et la boisson se vide progressivement à chacun de mes pas. Le trou est cependant minuscule et je peux malgré tout l’utiliser.

Je repars en marchant. Il s’agit de réveiller les jambes qui se sont reposées une vingtaine de minutes. De plus, je viens de remplir mon estomac et il faut attendre un minimum de temps pour ne pas avoir le ventre tout retourné. Après 15 minutes de marche, je reprends au trot. Il faut tantôt s’accrocher à des branches, tantôt à des chaînes pour éviter la chute. Malgré ces passage techniques, je descends les 800m de dénivelé en moins de 45 minutes. J’arrive enfin à la moitié du parcours!! (9h40 de course – 353ème – 42,2km).

De Chatelard au Col des Posettes

80km du Mont-Blanc

Un contrôle des sacs m’accueille, ainsi que de nombreux supporters assis à l’ombre. Je montre aux bénévoles que j’ai bien ma veste, que la frontale éclaire correctement et que mon téléphone fonctionne également. Bref, comme le règlement le stipule, j’ai bien le matériel obligatoire. Point. Je peux passer. De l’autre côté de la barrière, je m’éloigne un peu pour me passer la tête sous l’eau d’une fontaine avant de repartir.

Je franchis une longue passerelle métallique, frissons garantis pour ceux qui souffrent du vertige. Derniers encouragements et je m’attaque à la 3ème difficulté du parcours, une ascension de 1200 mètres. Je suis plutôt rassuré car je me sens bien, mêmes si les jambes sont lourdes, fatiguées de prendre des pierres au niveau des chevilles. Mais le déjeuner a eu son effet et j’ai plein d’énergie. Je découpe mentalement l’ascension en deux parties, car il y a un ravitaillement léger au milieu de l’ascension. Je monte tout d’abord doucement sur 300m de D+, derrière un coureur qui va au « rythme du népalais ». Puis je me dis que je suis dans un faux rythme et que je dois reprendre le mien. Je le double et je l’abandonne. Je suis concentré et j’arrive rapidement au ravito. Le soleil cogne toujours. Je me réhydrate et je prends de la soupe. Un peu de banane puis je repars.

Je profite de ce moment où je me sens bien pour avancer. Alors que les montées sont plutôt mon point faible, je découvre que je mène l’allure et que les coureurs me suivent. Je parle avec celui qui est juste derrière moi. Il fait son dernier trail à cause d’un problème de cartilage au genou. Il a fait l’année dernière la Diagonale des Fous et il me confie qu’il trouve le parcours du 80km plus difficile que celui de la Diag. J’ai un peu de mal à le croire. Il me confirme aussi que celui de la CCC est plus roulant, ce qui me rassure pour ma prochaine aventure fin août.

Je découvre un ruisseau. Voyant qu’il reste encore au moins une heure de montée sous le soleil, je décide de m’arrêter au ruisseau pour me rafraichir. Certains me suivent, d’autres poursuivent. Je reprends le chemin, cette fois seul. Je double un peu plus tard ceux qui avaient poursuivi. Se rafraichir semble avoir été la bonne tactique. Je poursuis l’ascension jusqu’à la tête de l’Arolette.

80km du Mont Blanc

J’ai toujours les jambes et une fois le sommet atteint, je décide de me mettre à courir sur l’arête qui mène à la tête de Balme, puis ça redescend jusqu’au col des Posettes (50,7km – 310ème).

 Du Col des Posettes au Tour

80km du Mont-Blanc

Ça descend jusqu’au prochain ravito, et j’ai les jambes. Je déroule, c’est roulant, c’est le pied! Cependant, la lucidité n’est plus aussi présente. Aussi, quand j’arrive au ravito du Tour, je remplis mon Camelbac et mes deux gourdes, et je prends de quoi refaire le plein d’énergie et je m’assois sur un banc. Je me joins à une discussion de coureurs qui font le point sur le parcours. Les GPS des différentes montres indiquent des distances différentes. A ma montre, je suis au KM60. Mais en regardant le plan, je découvre que nous ne sommes qu’au KM55. C’est beaucoup moins que ce que je pensais et cela me fait un coup au moral. Je repars en marchant. J’ai envie d’appeler ma femme mais je sais que c’est l’heure de la sortie de crèche, et que ce n’est pas le bon moment. Je dois appeler Julos pour lui dire que je risque d’arriver plus tard que les 20h que j’avais annoncé.  Julien Mangeur de Cailloux, qui m’a envoyé des textos depuis le début de la course, pourra m’aider à calculer mon temps de course restant. On fait le point et on estime mon arrivée entre 22h30 et 23h. Il reste encore du temps. Je préviens Julos.

Du Tour aux Bois

80km du Mont-Blanc



Je me remets à courir, d’abord par intermittence, puis de manière continue. Le coup de moins bien passe et je reprends du poil de la bête. J’ai perdu beaucoup de temps sur cette portion qui est roulante, mais je rattrape mon retard et les coureurs qui m’ont doublé pendant que je téléphonais et que je marchais. Le parcours passe par des endroits où nous avions randonné avec ma femme il y a quelques années. Ça me donne le smile!

Ca roule toujours et je me dis que je dois courir car c’est là que je gagne du temps. Je dois profité que je peux avancer rapidement pour le faire.

J’arrive enfin au ravito du Bois (64.6km – 269ème). L’accueil est une nouvelle fois chaleureux.

Des Bois à Montenvers

80km du Mont-Blanc

Je prends quelques quarts d’orange et je bois. Je repars en marchant. Je manque de partir dans le mauvais sens mais les masseurs me ré-aiguillent rapidement. J’en profite pour appeler ma femme. Elle est avec les enfants. Ca fait du bien de tous les entendre, les larmes coulent toutes seules. Je lui dis que c’est dur mais que je vais de tout façon aller au bout. Les enfants s’énervent, elle raccroche.

J’ai du mal à relancer, mais je me force à courir jusqu’à ce que débute l’inclinaison de la dernière ascension du parcours, qui mène à presque 2200m d’altitude. L’ascension se découpe en plusieurs tronçons. Tout d’abord une partie sous les bois, puis une partie sur un chemin forestier. On enchaîne avec une partie rocheuse qui mène à la buvette de Montenvers. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un arrêt officiel, la buvette met à disposition des coureurs du thé et de l’eau. Le thé fait du bien au moral et permet de couper avec la monotonie des ravitos. Nous repartons en empruntant des marches et des échelles qui nous amène à 1900m à l’Hôtel de Montenvers. Les touristes ont déserté l’endroit, la vue sur la Mer de Glace est magnifique (70,1km – 252ème).

80km du Mont Blanc

De Montenvers au Plan de l’Aiguille

80km du Mont-Blanc

Au ravito, je me refais 3 sandwichs jambon fromage, et je bois. J’enfile ma veste. Le soleil est juste au niveau des cimes et perds enfin de sa force. Le changement de températures engendre des mouvements d’air et le froid commence à s’installer. Je repars en courant tout doucement puis en retrouvant mon rythme. J’ai une très bonne allure. Un coureur décide de me suivre et nous doublons sans cesse. Un troisième coureur s’accroche à notre locomotive. Nous avons une vue magnifique sur l’Aiguille du Midi et sur les chaines montagneuses, rougies par le soleil couchant.

Du plan de l’Aiguille à l’Arrivée

80km du Mont-Blanc

J’arrive au dernier ravito du parcours (75.2km – 237ème). Sachant que la nuit va tomber, que la descente va durer près de 1100m et que le froid va se faire ressentir, je décide de bien manger une dernière fois pour avoir la réserve d’énergie pour lutter contre tous ces paramètres, quitte à perdre plus de temps que les autres coureurs. Je demande à une bénévole si elle peut sortir la frontale de mon sac, ce qu’elle fait gentiment. Je visse la lampe sur ma tête et c’est parti! Je pense pouvoir faire la descente en 1 heure et arriver à 22h45. J’ai les jambes qui peuvent encore gérer, je n’ai aucun signe de crampes. Je cours dans la descente aussi vite que possible veillant cependant à ne pas trébucher. Je ne compte pas terminer la course comme je l’ai commencée, à savoir par une chute. En rentrant dans les bois, la frontale devient plus qu’utile. Je cours et je remonte d’abord les coureurs qui sont passés au ravito sans s’arrêter, puis je remonte des places. A chaque fois que j’arrive sur un coureur, celui-ci se met sur le côté pour me laisser passer. Par moment, je butte sur un cailloux ou une racine. Et à mi-parcours, je manque de m’étaler. Mais les bâtons sont alors là pour me récupérer.

Je regarde ma montre de plus en plus souvent. Je vois les lumières de Chamonix en contrebas. Moins de 300m de dénivelé à descendre. 250m. 200m. L’euphorie de l’arrivée se fait sentir. J’entends les voix en bas qui acclament chacun des coureurs. Un supporter est installé sur le bord du chemin mais dans le noir, je le vois au dernier moment et je lui dis qu’il m’a carrément fait flippé. Il s’excuse et dit qu’il va se faire mieux identifier.

80km du Mont-Blanc: sprint final

J’arrive sur un parking où une vingtaine de personnes acclament mon passage. Je les remercie d’être là. Puis en remontant la ville, chaque passant m’applaudit et m’encourage. Je ressens le respect d’un public averti. Je remonte la rue passante et commerciale de Chamonix, l’avant dernière rue qui amène à l’arrivée. Chaque personne croisée à des mots encourageants. Soudain, j’aperçois Julos et Manu. Les voir me surprend et m’émeut. Ils me suivent en m’encourageant. Un supporter me dit d’accélérer pour doubler le coureur devant moi. J’accélère alors et lorsque je me trouve à sa hauteur, nous voyons l’arche d’arrivée juste devant l’église de Chamonix. Je le préviens en criant que j’arrive. Il se retourne et accélère. Nous finissons au sprint et une fois la ligne franchie, nous nous félicitons mutuellement.

80km du Mont Blanc: arrivée

Finishers en 18h45min02sec – 221ème

Je viens de terminer le trail le plus dur auquel j’ai participé: 84km parcourus en 18h46min02sec avec 6000m de dénivelé. J’arrive en 221ème position sur plus de 1100 coureurs chevronnés ayant pris le départ. Le taux d’abandon est également incroyable est reflète la difficulté du parcours. 37% des coureurs abandonneront, seuls 701 coureurs seront finishers!

80km du Mont-Blanc: temps de passage

Sébastien Réby m’interpelle et j’échange quelques mots avec lui. Je rejoins mes deux potes qui m’ont accueilli à l’arrivée, après avoir pris mon t-shirt finisher, un sandwich et de l’eau pétillante. Je m’assois en discutant avec eux. Je suis trop fier de la médaille que j’ai autour du cou, de ce que je viens d’accomplir, surtout après avoir enchaîné la Maxi-Race un mois plus tôt, ainsi que les 36km de la Transju’trail.

Puis j’ai froid, nous nous rendons vers la voiture. Mes potes vont même jusqu’à faire le détour pour moi pour récupérer mes affaires. Je me change en plein milieu de la rue. Je ne veux pas manger, ni me faire masser. Je rêve d’un bon lit et de dormir. J’ai de belles images pour faire de beaux rêves!

Remerciements

– Je remercie l’organisation pour son invitation sur le 80km du Mont Blanc, et surtout son professionnalisme sur tout le parcours.
– Un grand merci et un immense bravo aux bénévoles, guide, secouristes, etc. pour leur disponibilité, leurs sourires et leur pansement.
– Merci à Bernichan pour leurs textos plein de jeux de mots qui m’ont donné le sourire, même dans les moments les plus durs.
– Merci à Julos d’avoir été mon Uber, mon AirBnB et mon Marmiton pendant tout le week-end, bref d’avoir été un vrai pote.
– Merci à Julien d’avoir été là pour me remonter le moral pendant la course et de m’avoir aidé à garder la tête froide devant la difficulté et les coups de moins bien.
– Merci à Manu et Sébastien pour leur soutien à mon arrivée.
– Merci à tous ceux qui m’ont envoyé sms et messages sur les réseaux sociaux. Ca fait chaud au cœur de vous lire tous après la course.

Et bravo à tous les coureurs!

16 Commentaires

  1. Bravo Greg! Vu ce que tu as fait là ça va rouler tout seul sur la CCC!

  2. Tu ne cesses de m’épater Greg, tu enchaines les courses difficiles sans sourciller avec toujours de superbes perfs à la clé. Tu te définis plutôt comme un Trailer maintenant ou finalement comme coureur et peu importe le contexte Trail ou route ?
    Bravo

  3. Congrats à toi & « Ultra Montes servire »

  4. pour m’y être lancé lors de de la 1ere edition, je sais quel morceau c’est !! alors vraiment bravo à toi !! et quel enchainement après Annecy !! chapeau !! je crois que la CCC va se faire dévorée toute crue !! 😉 et merci pour ce chouette CR !!

  5. Bravo Greg,
    le 80km du Mont Blanc est réputé pour être une course très difficile… Et tu l’as terminé, je te tire mon chapeau
    Biz

  6. Ils en parlent aussi: CCC: au bout du défi! #UTMB2015 // Greg-Runner | Greg Runner

  7. Bravo Greg et félicitations à toi !!! Chapeau !!
    Mettant inscrit pour l’édition 2016 du 80 km du Mont Blanc j’aurai voulu savoir s’il y avait possibilité de m’envoyer par mail ton programme d’entraînement ? Merci d’avance ca serait vraiment cool !

  8. bravo ! qu el aventure ! felecitation ! j ai participé dernièrement le grand trail des templiers après la tds, je tenterais bien les 80kms 2016 , encore chapeau bas!!! a bientôt stephane.

  9. bravo, bravo, des frissons et beaucoup d’émotion, pour moi ça va être pour 2017, si dieu veut.

    nacera

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