100km de Steenwerck: récit au cœur des flandres


100km de Steenwerck

J’ai couru mon second 100 bornes. Et cette seconde aventure sur 100km se déroulait sur mes terres natales, dans le nord.

J’arrive la veille de la course, mercredi midi, chez mon oncle et ma tante. Leur maison, située à moins de 30 minutes en voiture du départ, sera le QG de mon équipe. Si je sens que la pression monte depuis le début de la semaine, je me trouve relativement serein. La préparation ne s’est pas forcément déroulée comme je voulais avec une grippe en février et une déshydratation qui a entraîné un abandon sur l’Ecotrail. Mais ces 6 dernières semaines, j’ai pu faire ce que je voulais. Les sensations sont bonnes et mon cardio est presque parfait.

Mon objectif est simple pour ce 100km de Steenwerck: monter sur le podium. Il se gagne sur les années précédentes en un peu plus de 8h et la 3ème place est envisageable si je signe un chrono de 8h30, soit 5min06/km ou 11,76km/h.

Mes deux accompagnateurs en vélo, Nico et Julien arrivent dans la soirée. Pendant que mon Fan club, dirigée par ma femme, s’organise pour me retrouver sur le parcours, je briefe mes deux anges gardiens. Un  cycliste s’occupe du liquide, le second du solide.

Pour les boissons, Nico-le-fréro veille sur 5 gourdes:
– une gourde avec de l’eau. C’est uniquement pour me rafraîchir le corps, par aspersion. Il risque de faire chaud sur la fin du parcours et il faudra baisser la température corporelle si je ne veux pas exploser.
– une gourde de boisson énergétique (Herbalife Prolong): je bois cette boisson toutes les 10 minutes par deux-trois gorgées.
– une gourde de boisson de récupération (Herbalife Rebuild Endurance): à partir de 2h30-3h de course, j’alterne cette boisson avec la boisson énergétique.
– une boisson d’hydratation (Herbalife Hydrate): à boire dès que la température commence à monter et que je me mets à transpirer. Elle est à boire en plus des deux boissons précédentes.
– une gourde vide: elle permet de faire le plein de soupe. Cette boisson salée remplace une fois par heure la boisson énergétique.

Côté solide, Julos-le-poto se charge de trasnporter des barres Isostar Long Endurance et un gel Boost Isostar (pour le finish), de la viande séchée, des abricots secs et des mini sandwichs avec pain au lait-jambon-fromage.

Côté chaussures, je compte sur les Asics Metarun, une pure merveille à 250 boules, dont le seul défaut est son poids, un peu trop lourd. Mais le poids des chaussures sur ce genre de course ne me dérange pas. Mais je prends deux chaussures au cas où: les Asics FuzeX, plus légères, mais qui conservent un certain maintien et dynamisme, et les Hoka Tracer, super légères et faites pour la vitesse, si j’ai les jambes de feu pour les dernières bornes. Je suis assez sceptique sur cette seconde option, mais avec mes deux porteurs, je peux me permettre ce luxe.

Nous nous couchons vers 22h30. Nous sommes tous les 3 dans la même chambre, pour éviter de réveiller toute le monde à 4h le lendemain. Je mets mes boules Quies et je m’endors comme un bébé.

Steenwerck, on arrive!

4h du mat’, c’est le Jour J, je suis au taquet. Je prends mon petit-déjeuner avec mes deux compagnons de chambre puis je file prendre une douche. Puis, avec Nico, nous préparons les premières gourdes qui me serviront pour le début de la course. A 5h, nous décollons. La concentration commence à se faire dans la voiture, sur des airs de System of a Down. Nous arrivons à 5h35. On n’est pas en avance. Je me rends tout de suite dans les toilettes dans la salle des sports tandis que Julien et Nico trouvent une place sur le parking et s’occupent des vélos. Je me rends compte que le départ ne se fait pas à la salle. Je dois me démerder pour trouver le départ et je demande à un bénévole. Pas top l’aiguillage.

100km de Steenwerck - Déchargement des vélos
100km de Steenwerck – Déchargement des vélos

Je retourne voir mes deux accompagnateurs vélo pour leur signaler l’endroit du départ, puis je m’y rends. J’entre dans un bâtiment qui doit être la mairie. Chacun dépose sa preuve de présence, un papier avec le numéro de dossard, qu’il faut glisser dans une urne. Nous sommes chacun pris en photo pour seconde preuve de notre présence puis nous patientons dans une salle. Enfin, on nous dit de « nous rendre à la grille ». Je suis le troupeau.

Mes deux accompagnateurs sont là. Ils ont dû se renseigner auprès d’autres accompagnateurs pour savoir comment ça se déroulait pour eux. Toujours aucune communication de l’organisation. On nous dit de nous approcher de la ligne de départ. Je refais mes lacets puis je me positionne à 1 mètre de la ligne blanche, avec mon objectif en tête. Sans plus de discours, ni de mots d’encouragement, l’officiel pointe le pistolet vers le ciel puis il compte à rebours à partir de 10.

Top départ du 100km de Steenwerck – La course

Pan. C’est parti! Nous partons pour une boucle de 6km dans la ville. Je suis les premiers. Je trouve que ça part très vite et je laisse filer. Je me dis, qu’au regard de l’allure, certains vous s’effondrer devant. Je regarde ma montre: je cours à 4min30/km, ce qui est trop rapide. Du coup, je lève le pied. Je compte le nombre de coureurs devant moi. Puis j’ajoute ceux qui me doublent. 10, 11, 12, 13, 15, 18. Je stabilise sur cette position. Ma vessie est pleine. Je profite d’un arbre pour me soulager tout en comptant. 22, 24. Je me remets en route, je suis en 25ème position.

Je fais une petite accélération puis je stabilise mon cardio à 70% de FCmax, soit 5min/km. Je suis 18ème. Il fait froid. Je suis parti en t-shirt avec une veste en doudoune sans manches, des manchettes et un coupe-vent. J’enlève uniquement mon coupe-vent quand je retrouve mes 2 acolytes. Je demande aussitôt un peu de boisson d’effort, ce qui lance ma stratégie d’hydratation.

100km de Steenwerck - lever de soleil

Le parcours est un « 8 » qui est à parcourir trois fois. Le premier tour permet de découvrir le parcours. Nous profitons du lever de soleil. Julien fait quelques photos. Puis la route se rétrécit par moment. Mes deux cyclistes se positionnent naturellement derrière moi. Devant moi, un coureur court à 2-3sec/km plus vite que moi. Mais il s’arrête souvent et ne me distance donc pas. Sa foulée est trop aérienne, pas assez économe selon moi et je dis à Julien qu’on le doublera sûrement avant les 50km, sans changer d’allure.

100km de Steenwerck - accompagnement

Les quelques difficultés du parcours sont des ponts qui permettent de franchir l’autoroute ou la voie ferrée sur laquelle nous voyons de temps à autre un TGV passé. Il y a 4 ponts et demi sur le 8 du parcours. La moitié de pont est une portion de pont que nous débutons d’emprunter mais que nous quittons en cours de route pour nous rendre le premier ravitaillement de La Blanche. Le véritable premier pont se trouve juste avant le second ravitaillement de La Gare. Le second est à peine 2km plus loin.

Je double beaucoup de coureurs qui se sont lancés sur la version 100km de nuit. Ils sont partis à 19h la veille. Ils sont tous dans le dur, un peu en mode zombi. Je ne sais pas ce qui est le plus dur pour eux: la nuit blanche ou boucler 100km en courant? Les deux, sûrement.

Au ravito de La Menegate, un chalet en bois accueille deux joyeux lurons avec leur chapeau de paille sur la tête et des froufrous multicolores. Cela amène un peu de fantaisie à cette course!

Enfin, nous approchons de Steenwerck. Je passe le semi en 1h45, juste avant de faire un passage éclair dans la salle des sports qui sert de QG et de ravitaillement. Pas de quoi s’attarder; bénévoles, spectateurs et coureurs sont amorphes. Je me demande même s je n’ai pas réveillé la bénévole chargée de prendre mon numéro de dossard à mon passage.

J’entame la seconde boucle du premier 8. Je suis à la même hauteur que le gars qui se trouve devant moi depuis le début de la course. En sortant de la salle, nous arrivons dans le centre de la ville. Désert. Des barrières sont en plein milieu de la route. Plus de ligne sur le pavé pour nous indiquer le chemin à suivre. Pas de panneau non plus. Encore moins de bénévole. Nous nous arrêtons et cherchons notre chemin. Finalement, nous retrouvons la ligne au sol qui redémarre plus loin sur le bitume. Nous repartons. L’autre coureur a perdu son accompagnatrice. Pour ma part, je n’ai récupéré que Julien. Du coup, Julos retourne chercher Nico, ainsi que l’accompagnatrice, comme il le promet à l’autre coureur.

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Le second coureur s’arrête de nouveau pour se soulager. Il pourrait être le digne descendant du Manneken-Pis! Je me retrouve seul à courir sur une petite route en bitume au milieu des champs. Le soleil a quitté l’horizon. C’est le bon moment pour enlever ma doudoune sans manche. Je la transmets à Julien qui vient de me rejoindre, suivi de Nico. Apparemment, il m’attendait encore à la salle. Il ne m’avait pas vu sortir.

Le troisième pont nous fait emprunter une départementale, et les voitures y circulent assez vite, malgré la signalisation mise en place. Mais elles maintiennent tout de même un écart avec nous.

Au ravito de la Croix du Bac, je traverse la salle pendant que mon frère remplit les gourdes. Julien contourne le bâtiment et me retrouve de l’autre côté. Je viens de faire le quart du parcours en 2h05. J’ai 2min30 d’avance. Mine de rien, c’est beaucoup, et je risque de le payer sur la fin du parcours.

Le Manneken-Pis repasse devant moi, mais s’arrête de nouveau un peu plus loin. En le doublant, je lui dis sur un ton humoristique « A toute! ». Pourtant, je ne le reverrai plus. Il abandonnera vers le KM70.

J’avance tout en découvrant le parcours. J’échange très peu finalement avec mes deux compagnons. Ils discutent derrière mois et ils se mettent à ma hauteur dès que je demande quelque chose. Ils me disent des petits mots d’encouragement de temps en temps.

J’entends parfois Julien qui manque de se casser la figure de son vélo parce qu’il essaie de prendre une photo en roulant ou parce qu’il cherche quelque chose dans le panier et qu’il oublie de regarder la route. Ça me fait marrer intérieurement, mais je reste concentré, économe sur chacun de mes gestes, de mes foulées, sur ma respiration, sur mes sensations.

Dernier ravito de la boucle à Le Froid Nid: Nico fait un petit arrêt avec Julos et en profitent pour m’apporter un morceau de banane. Sur la fin de la boucle, un vent de face se fait sentir. Pour avoir regarder le météo locale la veille, je sais que le vent va forcir au cours de la journée. La fin du 100 bornes promet d’être difficile.

Juste avant la salle de sport, je croise Monique qui a couru la nocturne, et que je salue. Surprise de me voir, elle me chope par le bras et me demande comment ca va. Mais je continue de courir pour entrer dans la salle, en répondant juste « Ca va! ».

Boucle 1/3 – 37km – 3h06

Les 37 km qui clôturent cette première grande boucle sont passés en 3h06. Je traverse une nouvelle fois la salle des sports de Steenwerck, mais dans l’autre sens cette fois. J’en ressors aussi rapidement pour en faire le tour par l’extérieur avant de retrouver mes deux cyclistes.

Je tiens l’allure. Maintenant, je connais tout le parcours. Je suis en mode automatique. Nous passons devant La Blanche. Derrière moi, ça discute. Je les coupe pour leur annoncer que je viens de faire un marathon en 3h30. Je reste régulier, mais je gagne environ 6 secondes par kilomètre sur le temps que j’avais prévu. En gros, je cours à 5min/km au lieu des 5min06 prévues. Ce n’est pas forcément une bonne chose.

J’enlève enfin mes manchettes; le soleil commence à chauffer.

Un peu plus loin, le vent de face rend la foulée plus difficile. Julien me souffle que Manneken-Pis revient progressivement sur moi. Je m’attends à ce qu’il repasse devant moi. Je reste sur mon allure. La partie entre les deux ponts est pénible avec le vent. C’est la dernière fois que je verrai Manneken-Pis…

Les 50km sont bouclés en 4h12. 3 minutes d’avance. Les jambes deviennent lourdes. Sur la route qui nous fait rentrer dans Steenwerck, une voiture me double et me klaxonne. C’est Daddythebeat. Je lui demande comment va son dos, il me demande comment ça va tout court. Les jambes commencent à être lourdes. Puis je le quitte, nos chemins se séparant.

100km de Steenwerck - accompagnement

J’entre et je ressors de la salle de sport de Steenwerck, me lançant sur la seconde moitié du parcours. Au loin, je vois ma famille qui s’est postée sur la mauvaise portion du parcours. Pourtant, ce n’est pas le moment de m’arrêter. Je fais signe de loin et je poursuis mon chemin. Toute la famille est là, mes enfants, mon neveu, ma belle-sœur, mes cousines et mes oncle et tante.

Julien et Nico s’arrête pour donner de mes nouvelles et récupérer leurs sandwichs. Ils les avaient oublier ce matin, laissés au frigo après avoir été préparés la veille.

Je suis triste de les avoir ratés et ça me fout un peu un coup au moral. Je commence à avoir envie de marcher. Juste un peu. Ça ferait du bien. Mais je ne lâche rien. C’est un mauvais passage. Poursuivons. Le vent de face ne simplifie pas la tâche. Dans moins de 10km, je serai sur l’autre partie de la boucle et j’aurai le vent de dos.

Je continue de courir en essayant ni de perdre trop d’énergie contre le vent, ni de trop ralentir. Enfin, au loin, je vois le carrefour qui permet de changer de direction, et d’avoir le vent de dos. C’est la délivrance!

Je bois toujours autant. Car malgré le vent, le soleil tape. Avec le vent dans le dos, je ressens plus sa chaleur d’ailleurs. Du coup, je m’arrose avec le bidon d’eau que me transmettent tantôt Julien, tantôt Nico.

Mes deux accompagnateurs sont bien rodés maintenant et ils anticipent même mes demandes. Ça tombe bien, la lucidité commence à faire défaut et je loupe parfois le tempo de l’hydratation et de l’alimentation, mais mes deux anges gardiens veillent sur moi!

Je double toujours autant de coureurs de la version 24h et des randonneurs. A chaque fois que je double quelqu’un, j’ai toujours un petit mot d’encouragement, qui m’est la plupart du temps retourné. C’est sympa de se serrer les coudes. C’est l’un des rares moments conviviaux de cette course finalement.

Julien me demande à quelle place je pense être. Je crois être à la quinzième place. Mais pour être plus précis, je lui dis de demander au prochain poste de contrôle. C’est à Froid Nid que nous apprenons que je suis en 8ème position. Mes accompagnateurs sont un peu impressionnés. Julien pense que je peux toujours monter sur le podium. Pour moi, cette idée est pourtant loin. Je me bats pour rester sur mon allure, sans perdre trop d’énergie.

Après le ravito, une partie de la famille est là, avec des banderoles pour m’encourager. Les plus petits sont rentrés avec leur maman, c’est pratiquement l’heure du déjeuner puis de la sieste. 5h15 de course déjà et 62km parcourus. On rentre dans le dur. Je suis vraiment content de les voir!

100km de Steenwerck

2 km plus loin, je retrouve le vent de face. Je garde l’allure. C’est dur! Mais je peux toujours compter sur les encouragement de ma famille qui se déplace sur le parcours. Julien veut prendre une photo mais il se casse la figure en descendant de son vélo. Rires.

Je fais un dernier coucou à ma famille, qui rentre pour prendre le relais avec les enfants. Je cours jusqu’à la salle des sports de Steenwerck. Des enfants encouragent sur le côté, ça fait plaisir!

Boucle 2/3 – 68km – 5h48

Je clôture le second tour en 5h48, soit 68km. Au 70ème km, j’ai chaud et j’ai les jambes lourdes. Je m’arrête. C’est dur. Je bois un peu puis je repars quelques mètres avant de m’arrêter de nouveau. Je fléchis les jambes, je m’accroupis, puis je marche rapidement avant de me remettre en marche. Il faut que je continue de courir car j’ai le vent dans le dos pour le moment. Profitons des éléments. On avisera au fur et à mesure.

On repasse à La Blanche. Je passe en 7ème position. Tellement bizarre cette course. Je ne sais pas quand j’ai doublé le coureur. Ou peut-être a-t-il abandonné. On reprend la boucle dans le sens face au vent. Le vent a encore pris de la force et il casse les jambes. Le moral n’est pas au plus haut. Mais pas au plus bas non plus. Je croise des jeux scouts en promenade vélo, qui se serrent sur le côté pour ne pas me gêner, tout en m’encourageant.

Juste avant le pont, le vent souffle très fort. J’ai les jambes sciées. Je décide de m’asseoir sur le côté et de reprendre de l’énergie. Je masse mes jambes et mes mollets. Je reprends un peu d’eau. Puis mon frère m’aide à me relever et je repars.

Le vent souffle tellement. Et il fait si chaud. Je décide de m’organiser sur les repos, et de tenir au mental. Je me propose une petite marche tous les 5km de course. La marche ne dure jamais très longtemps, pas plus de 20 secondes généralement.

A l’approche de Steenwerck, je me dis que ma prochaine marche ne sera pas avant le prochain pont. Je passe par la salle et j’entends qu’on m’encourage. Incroyable! C’est David de Daddythebeat. Je fais un signe de la main pour le remercier et je ressors aussitôt. Nico et Julien me récupèrent et on trace. Il ne reste plus qu’une demi boucle. Plus que 15 bornes. Je viens de courir 85 bornes en 7h23. Je sais que je ne ferai pas 8h30. Mais je sais aussi que je ne ferai pas plus de 9h non plus.

Je dois m’accrocher maintenant. Le plus dur reste à faire. Il ne reste rien à faire. Juste 15 foutues bornes.

Depuis le KM70, mon allure a ralenti. Je me vois courir à une moyenne de 5min30. C’est quand même pas mal, je minimise les dégâts.

100km de Steenwerck - avec Daddythebeat

Soudain, Julien m’annonce que mon pote arrive pour courir avec moi: c’est David (Emile ne le suit pas en vélo curieusement, je soupçonne que ce soit Emile qui ait abandonné cette nuit…)! Bon, je ne l’attends pas, mais il me rejoint vite quand même. Pour un gars qui a couru 70 bornes cette nuit et qui s’est arrêté pour un mal de dos, je le trouve plutôt en forme. Nous courons côte à côte. Nous discutons de la course, de ce qu’il a fait cette nuit. On parle forcément de mes sensations qui ne sont pas au top, mais qui ne sont pas mauvaises non plus. C’est cool de pouvoir courir avec lui.

Nous arrivons au pont. Je marche une nouvelle fois une dizaine de secondes avant de poursuivre l’ascension du pont en courant. Je demande des nouvelles de Stéphanie alias PetitesPompes, qui devait être sur le parcours pour nous encourager. Mais il m’apprend qu’elle a attrapé la crève. Depuis le temps qu’elle me dit qu’on se verra sur cette course… Quelle déception! Pour moi, comme pour elle aussi, j’imagine.

David m’accompagne ainsi en discutant pendant 4 bornes puis il me laisse, refaisant le chemin à l’envers.

Je fais un petit arrêt après La Croix du Bac, puis je repars. Plus on approche de l’arrivée et plus les coureurs de la nocturne m’encouragent. Ça motive pour avancer. Je m’arrose toujours autant la tête et m’hydrate de plus en plus.

Dernier Ravito. Il reste moins de 7 bornes, qui comprennent une bonne portion avec vent de face. Les derniers kilomètres commencent à s’afficher sur le sol. Je les compte. Chaque marque est incroyablement éloignée. Mais j’avance, contre le vent désormais.

Dernier pont à grimper, il reste 2 bornes. Je dis à mes deux accompagnateurs qu’ils peuvent partir à l’avant, cela permettra de rentrer dans la salle tous ensemble en courant. J’accélère progressivement la foulée. Pas de crampe en vue, c’est bon signe. Je déroule, histoire de faire un beau finish. Une famille a installé sa table pour déjeuner devant leur maison afin d’encourager les coureurs. Ils le font à mon passage. C’est super sympa!

Longue ligne droite. Puis virage à gauche, un autre à droite, puis à nouveau à gauche. On passe sur la ligne de départ franchie presque 9h plus tôt. Une voiture me suit mais ne me double pas. Je poursuis sur une bonne allure. Virage à gauche, virage à droite. La salle est en vue! Et ma femme aussi, avec mes cousines et ma belle-soeur. Cette fois, elles sont toutes positionnées au bon endroit.

100km de Steenwerck - arrivée

Elles m’encouragent, avec quelques spectateurs. Julos et Nico me suivent et nous entrons dans la salle sous « un tonnerre d’applaudissement ». En fait, pas du tout. Personne pour accueillir les coureurs. Les gens dans la salle ne bougent pas. Heureusement que les filles sont là pour m’applaudir. Aucune ambiance. Le bénévole placé devant l’ordinateur me regarde d’un œil hagard. Pas un mot. Je m’approche de lui pour connaître mon temps et mon classement: 8h50min25sec, en 7ème position.

100km de Steenwerck - l'équipe de choc

8h50 et une 7ème place!

Je suis content de ce que je viens de faire. Pas de podium, la plus haute marche sera réservée au champion belge, venu battre de 10 min son record avec un chrono de 6h33.

100km de Steenwerck - détente

Je profite de la présence de la famille. Car même si je suis trèès déçu par rapport à la convivialité de l’épreuve annoncée par les organisateurs, je profite de ce moment avec toute ma petite famille et mes amis. Nous ne nous attardons pas sur place. Nous comptons profiter d’une ambiance plus chaleureuse, familiale. Il me reste encore à gérer la récupération, pour pouvoir me remettre vite sur pied: boisson de récupération, douche + massage, un bon plat de pâtes avec du jambon blanc et enfin un peu d’électrostimulation avec mon Compex.

Je ne sais pas si c’est le fait de voir son papa courir, mais mon fils Gaston en profitera pour faire ses premiers pas. Allez, quelques bières pour fêter ça!

Résultats 100km de Steenwerck

C’est quoi cette ambiance de merde à Steenwerck?

Je parle beaucoup de ma déception par rapport à l’ambiance sur cette course. Ma discussion avec David m’a permis de trouver des éléments de réponse par rapport au manque de chaleur humaine que j’ai ressenti (ma famille aussi d’ailleurs).

  • L’événement est la course nocturne. Du coup, les spectateurs et les bénévoles donnent tout à partir de 19h et pendant toute la nuit. Forcément, quand j’arrive au petit matin, tout le monde a la tête enfarinée.
  • Mon arrivée sans accueil s’explique par une course organisée pour les enfants juste à côté de la salle. Plus de speaker, ni de spectateurs; ils sont tous partis voir la course des bambins. Note pour plus tard: patienter devant la porte en attendant que tout le monde soit revenu, histoire de ne pas terminer un 100 bornes comme un clodo.

Du coup, je me dis que la prochaine occasion de faire Steenwerck sera en nocturne. Parce qu’en plus, niveau paysage, il n’y a rien à voir. Alors quitte à courir un 100 bornes, autant le faire quand tout le monde fait la fête…

Remerciements

Un grand merci à mon frère Nico et à Julien qui ont été de super-accompagnateurs. Sans eux, je ne serai pas encore arrivé!
Merci à toute la famille qui est venue m’encourager sur la course, ça me fait trop plaisir!
Merci à David pour m’avoir accompagné sur une partie du parcours, ça fait trop plaisir et ça m’a bien relancé!

 

19 Comments

  1. Toujours très fort Greg ! C’est malheureux pour l’ambiance mais tu avais une super équipe avec toi. De plus, c’est toute une préparation pour l’UTMB 🙂

    • Merci François!
      Effectivement, heureusement que j’avais mes deux accompagnateurs. Sinon, cela aurait été long!
      Ca permet en effet de bien lancer la prépa UTMB! Va falloir rester constant et éviter de se blesser! Et intégrer du dénivelé!! 😀

  2. Excellent ! Merci pour ce récit « de l’intérieur ».
    Le secret c’est surement la régularité. Et un bon accompagnement pour garder le morale.
    Mais quel dommage de la part des organisateurs de ne pas avoir réussi à créer un événement festif autour de cette course dans sa partie « jour ».
    Bravo encore.

    • Merci beaucoup Ludovic. Effectivement, la régularité permet d’aller au bout. C’est pour cela qu’il ne faut pas partir trop vite, pour avoir le jus pur la fin.
      Je reviendrai surement pour tester la version nuit, histoire de voir si ce 100km vaut vraiment le coup!

  3. Bravo Greg ! Putain 100 bornes, c’est toujours le genre de distances qui me font halluciner…et en moins de 9h…bonne prépa pour le Mont Blanc en tout cas !

  4. T’as tout pigé Greg, c’est la nuit que ça se passe. Les animations sont plus sympa, c’est plus festif et il y a plus de chaleur à puiser. Après 5h du mat, ça se calme. Les gars sortis mettre de l’ambiance vont se coucher. L’an dernier j’étais arrivé juste après 6h (tout le monde était parti sur la ligne de départ je présume), dans un silence bizarre mais ça ne m’avait pas trop contrarié parce que j’en avais assez profité avant. Si tu refais l’épreuve de nuit, avec ton niveau, tu arriveras avant le départ de la course de jour et je pense que ce sera surement plus sympa que moi qui suis arrivé quelques minutes en retard. Je pense que tu as dû savoir plus tard que l’épreuve accueillait les championnats de Belgique parce que si c’était pas le cas, tu aurais fait podium easy.
    Pour ma part, j’ai été content de venir t’encourager. Je sais comme ça fait plaisir la moindre présence et la déception qu’on peut ressentir sur un 100km quand on loupe des supports.
    Énorme bravo à toi, t’as eu une gestion de course intéressante et…inspirante 😉

  5. Vincent Gaudin

    Bravo! Sacré boulot, faut un sacré mental pour tenir cette distance de plat. Pas certain que je pourrais le faire, ou alors en marchant beaucoup…

  6. ta régularité et ta gestion sont impressionnantes !! vraiment bravo, ..et tout ca, limite dans une sortie solo sans grand motivation exterieure !! c’est fort !!! le grand barou de l(utmb va te faire du bien !!! une autre paire de manches … de jambes…. 😉

  7. Dans les hauts de France , tu avais aussi le Trail des pyramides noires 105km et 22 terrils

  8. Bravo ! Encore une belle course, avec une organisation au top pour mettre toutes les chances de ton côté, on ne peut las vraiment mieux faire au final !
    Et puis 7ème d’une course quu servait pour un championnat national, c’est plutot très bon ! 😀

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