Templiers: reprise sur la Monna Lisa

Départ de la Monna Lisa au Festival des Templiers
Départ de la Monna Lisa au Festival des Templiers

Vendredi midi, je décolle de l’aéroport Paris Charles de Gaulle pour Montpellier. L’équipe de la marque Kalenji m’a donné rendez-vous au Festival des Templiers pour me présenter sa gamme trail, et par l’occasion, la tester sur une des courses du festival dont la marque est sponsor.

Inscrit à la base sur le Grand Trail des Templiers, je switche sur une distance plus courte: la Monna Lisa. Le format 27km et 1200m de dénivelé correspond un peu plus à mon niveau d’entraînement. J’ai en effet très peu couru depuis mon abandon à l’UTMB, et partir sur une course aussi exigeante que les Templiers sans entraînement aurait été un pur suicide.

Monna Lisa: Jour J!

Le samedi matin, je me réveille assez tôt pour assister à la présentation Kalenji. Avec des journalistes venus de toute l’Europe, je me rends au village de la course où nous sommes attendus par l’équipe de la marque running et trail de Décathlon. Je reviendrai dans un prochain article pour vous parler de ces produits que j’ai d’ailleurs utilisés pendant la course.

 

Hop, demain j’ai plus qu’à me faxer! #templiers #MonaLisa

Une photo publiée par Greg Runner (@greg_runner) le

Puis je retourne à l’hôtel afin de me préparer pour ma Monna Lisa. Je prépare un sac assez léger: deux barres énergétiques, deux gels et deux flasques de 500ml dans les poches avant. Dans le sac, j’ai pris un coupe-vent, au cas où. Il faut dire que la température est basse. Ce matin, la rosée couvrait l’herbe aux alentours du village. Et pendant la présentation Kalenji, mon bonnet, mon écharpe et mes gants n’étaient pas de trop pour ne pas me refroidir. Je suis donc assez couvert quand je me rends sur le lieu du départ, où le coup de pistolet doit retentir vers 11h30.

Sur la ligne, je retrouve des têtes que je connais tels que Christophe Le Boulanger, Philippe Albinet ou encore Jérôme Thierry. Sur le podium, Chauchau fait le show et présente le plateau des élites qui s’élanceront sur le Grand Trail des Templiers le lendemain, un plateau qui est particulièrement relevé.

L’heure du départ approche. Le soleil commence à chauffer. Bien qu’il fasse encore frais, je décide de me mettre en tenue légère. Je parie sur un soleil qui brillera toute la journée pour nous réchauffer et sur les premières foulées pour me réchauffer.

Top départ pour la Monna Lisa 2016

Le départ est lancé après un lent compte à rebours, sur une chanson Ameno de Era. Parti en seconde ligne, derrière les élites, je vois les premiers coureurs partir rapidement. Avec Thierry, nous ne sommes pas lents et nous courrons sur le bitume à 4min30 au kilo. Pour mes premières foulées depuis longtemps, les sensations sont plutôt bonnes, même si les quadriceps sont un peu raides. Finalement, après plusieurs centaines de mètres, Jérôme m’avoue qu’il est un peu juste et me laisse partir.

J’arrive au bas de la première montée du parcours de la Monna Lisa. Elle n’est pas très abrupte et je l’emprunte en courant. Je retrouve un peu plus loin un des ambassadeurs Polar, Philippe aka Jahom, venu encourager les coureurs. Un petit coucou vite fait, et je continue sur mon élan.

Certaines portions sont un peu plus raides et je marche alors, mais toujours d’un pas décidé. J’en profite aussi pour prendre une photo de la vue avant de recoller avec le petit peloton qui vient de me doubler.

Monna Lisa: vue sur le viaduc de millau
Monna Lisa: vue sur le viaduc de millau

Premier checkpoint: 63ème

Lorsque nous arrivons sur le plateau, le vent souffle de face. Ce qui rend la relance un peu plus dure, surtout après la pente que que nous venons d’avaler. Mais je déroule tout de même la foulée tout en reprenant mon souffle. Je passe le premier checkpoint de cette Monna Lisa 2016 à la 63ème place après 45min de course. Je viens de courir cette première portion de 6,3km et de 515m de dénivelé à 8.54km/h, ma vitesse la plus lente du parcours selon livetrail.

L’allure se stabilise sur une bonne vitesse jusqu’à ce que j’emprunte un single track. Je me retrouve derrière un petit groupe dont l’allure est moins rapide. Dès que l’opportunité se présente, je double.

Je profite que les chemins s’élargissent pour soulager ma vessie puis pour prendre une demi-barre énergétique tout en courant. Je m’hydrate par petite gorgées régulièrement. Cela fait une heure que je cours.

Je double la 4eme féminine en l’encourageant à remonter la 3eme. Mais elle m’avoue dans un grand sourire qu’elle est pas dans un bon jour.

Premier ravito: tout va bien!

J’arrive au premier ravito du parcours où je prends une tranche de pain d’épice et un verre d’eau. Je croise alors Sébastien de Globe Runner avec qui j’ai à peine le temps d’échanger deux mots.

Je poursuis le coureur juste devant moi qui m’a titillé en me doublant d’un « c’est pas le moment de s’endormir », Aaron de la Team Kalenji. Il envoie le bougre, ce qui n’est pas pour me déplaire, surtout que nous attaquons la descente, ma partie favorite en course. Nous doublons quelques coureurs tout en discutant.

Arrivés en bas, les supporters annoncent que nous sommes dans le top 50, à ma grande surprise. Puis nous enchaînons aussitôt sur la seconde et dernière montée de la Monna Lisa. Une pointe dans le mollet, qui part aussi vite qu’elle se fait sentir, promet une fin de course difficile. Pour l’instant, les forces sont là et je gère.

Finalement, mon coéquipier du moment du Team Kalenji éprouve un peu plus de difficultés en montée. Je poursuis donc mon ascension seul.

La 2eme et 3eme féminine me doublent. De retour sur le plat, je prends une petite photo de la vue et j’emboite le pas de la 3eme, Marina. Elle me parle des aigles qu’elle a vu dans la montée; je suis passé complètement à côté!

Vue sur Le Monna (et moi)
Vue sur Le Monna (et moi)

20km, 42ème position, et début de la galère

Puis quand le terrain devient roulant, elle me laisse passer. Je rattrape la seconde qui est quelques mètres devant. Elle est un peu plus dans le dur. J’entre dans le ravito couvert, qui a pris place dans une jolie ferme, ce qui  rend ce checkpoint charmant et bucolique. Je passe les 19,2km et 1000m de dénivelé après 2h01 de course, en 42ème position (vitesse moyenne: 10,01km/h).Je me fais un petit mélange mi-eau/mi-coca et je prends un abricot sec. Je repars avec Marina et je lui annonce qu’elle devrait pouvoir rejoindre la seconde, car elle est en bien meilleure forme que la concurrente qui la précède. Et clac. Elle se tord la cheville juste devant moi. Elle marche un peu puis repart. Ouf! Elle prendra la 2eme place et ne la lâchera plus.

Moi, sur le plat, je déroule. Les jambes se durcissent mais sur le plat, ça va. Sauf que nous commençons à enchaîner des petits virages qui font monter et descendre sans cesse. Ces petites montagnes russes me cassent les jambes. Puis, perte de lucidité, je me prends les pieds dans une racine juste après un virage et je m’étale de tout mon long. Je me fais mal au genou et je repars en marchant pour faire passer la douleur. Je tremble un peu, un peu choqué, mais surtout surpris par ma chute. Ce qui est sûr, c’est que je suis calmé. Je me remets à trottiner mais moins rapidement. Mais quand on tombe de cheval, il faut remonter tout de suite. Je me force à accélérer l’allure mais le rythme est cassé. La fatigue aidant, j’ai un peu de mal à relancer le rythme. Pourtant je repars.

Une descente vers l’arrivée… ou l’enfer?

Je passe par la piste de décollage des parapentes qui surplombe la ville de Millau. Au loin, on aperçoit le majestueux viaduc construit par Eiffage. Cette belle vue annonce aussi la dernière descente du parcours, qui est aussi la dernière ligne droite de la course. Youpi! Sauf que, comme me l’avait décrit la veille Antoine Allongue, 11eme de l’Endurance Trail, cette descente est une tuerie: de la caillasse glissante dans un chemin abrupte et étroit. Les jambes sont fatiguées, et après ma précédente chute, je ne veux pas récidiver une pirouette qui, cette fois-ci, pourrait faire de la casse. Du coup, je descends en m’assurant aux branches. Je laisse passer le seul concurrent qui me doublera.

Puis le chemin remonte. Je dois parfois poser les mains pour pouvoir avancer, avant d’arriver dans une grotte. Il fait noir, l’éclairage est faible et mes yeux ont du mal à s’habituer à cette obscurité soudaine. J’avance doucement, sans voir le sol vers ce que je pense être la sortie. Quand la lumière du soleil repointe le bout de ses rayons, je découvre un chemin qui repart à pique. Ca ne s’arrêtera donc jamais cette descente infernale?! Finalement, elle se mérite cette Monna Lisa! Le chemin difficile me fait perdre beaucoup d’énergie. Et lorsque je retrouve le chemin plat descendant, je déroule la foulée difficilement, mais j’ai l’objectif de doubler le coureur 100m devant moi.

Mais alors que je revenait sur lui, il s’arrête pour vomir sur le côté, l’estomac sûrement malmené par l’intensité de l’épreuve. Je lui demande si ça va aller et il me répond par l’affirmative. J’enchaîne un virage gauche-droite et Frédéric Poirier, armé de son appareil photo, semble surpris de me voir. Il me parle mais, mon cerveau étant sous hypoxie, je ne comprends pas ce qu’il me dit. J’allonge encore la foulée mais les crampes commencent à se manifester sérieusement.

Un final lactique, en sprint

J’entends Harry Bignon au micro. L’arrivée est proche. Je vois les premiers supporters dans un virage. Au cri de la supportrice dans ma ligne de mire, je comprends que le coureur derrière moi à l’objectif de prendre ma place. Je compte bien lui rendre la tâche difficile. J’accélère comme je peux, mes jambes sont dures comme du bois. Je descends la première série de marche deux par deux, puis la seconde série également. J’effectue un sprint tout relatif sur l’avant dernière ligne droite, puis je remonte un escalier tant bien que mal. J’aperçois enfin l’arche d’arrivée mythique du Festival des Templiers. Je cours le plus vite possible mais l’allure n’est pas si rapide.

J’arriverai tout de même 5m devant mon arrivant, bien essoufflé. Je finis à une surprenante 35eme place en 2h48. Je parle à mon poursuivant que je félicite ainsi que les coureurs avec qui j’ai fait le yoyo sur le dernier quart du parcours. Nous discutons un peu. Et lorsque je me décide à faire un coucou au speaker Harry, celui-ci se tourne vers la deuxième féminine de la course qui vient de franchir la ligne d’arrivée: Marina.

classement de la Monna Lisa
35ème: youhou!

Une surprenante 35ème place en 2h48

Je décide de me rendre au ravito pour reprendre des forces. Je me pose dehors, pour contempler les arrivées et apprécier le soleil, tout en profitant de mon assiette de finisher. Malheureusement, pas de médaille en souvenir. Dommage. Mais le souvenir d’une reprise sur les chapeaux de roue est bien ancrée en mémoire.

Je discute un peu avec Aaron, le gars de Kalenji, qui finit en 52ème place. Le seconde ascension du parcours l’a cassé. Puis je me rends à ma chambre d’hôtel pour prendre ma douche et profiter d’un repos bien mériter (une sieste de presque 2 heures!!).

Remerciements

Je remercie Kalenji de m’avoir convié à ce rendez-vous, qui m’a permis de découvrir et participer à ce mythique Festival des Templiers, si populaire. J’ai aimé le format court de la Monna Lisa, mais une chose est sûre, je reviendrai sur le format sur lequel je devais courir à la base: le Grand Trail des Templiers.

 

 

13 Comments

  1. Le talent a parlé . Bravo pour cette belle reprise !

  2. Un gros félicitations et une très belle reprise sur cette Mona Lisa !

    Et je confirme que pour l’avoir fait sur la fin de l’intégrale des Causses, cette descente finale est rude… très rude… trop rude :p

  3. Ça fait vraiment plaisir de lire un compte rendu comme ça, surtout après celui du mois d’août…
    Bonne préparation pour la suite !

  4. Reprise en trombe dans un cadre magnifique! Bon pour le moral ça. Bravo à toi.

  5. Excellent, merci pour le retour et votre tenue Kalenji est top! Où peut-on la trouver? Merci

  6. Bravo pour ce trail, je commence à m’entrainer sur du long, mais j’ai encore du mal ! Par contre je n’aurais jamais pensé à utiliser des vêtements Kalenji pour de la compétition de ce niveau, pour moi on restait sur du bas de gamme…

  7. Pingback: Saintélyon 2016: ma course sans entraînement | Greg Runner

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