Saintélyon 2016: ma course sans entraînement



saintelyon 2016 depart

Inscrit à la Saintelyon pour la 4ème fois, les conditions étaient loin d’être optimales pour terminer cette course nocturne de 72km. Je vous explique pourquoi.

Les conditions d’entraînement

Cela va être rapide à vous présenter puisque d’entraînement, il n’y en a pas eu. Juste 4-5 sorties matinales ou dominicales, pas plus. Ha si, tout de même une belle sortie longue: la Mona Lisa des Templiers. Mais hormis cela: le néant. Il faut dire que mon virus de cet été avait considérablement fatigué mon système immunitaire et que depuis, j’enchainais les angines. Tout juste remis pour les Templiers, je comptais enchaîner une prépa Sainté de 5 semaines mais une nouvelle angine revenait une nouvelle fois changer mes plans.

J’ai hésité à changer de format de course pour passer sur la SaintExpress. Mais finalement, je me suis dit que la Saintelyon serait une belle manière pour se relancer dans ma saison 2017…

Je me lance donc un gros défi, tout en sachant que les jambes risquent les crampes sur la fin du parcours. Mais l’occasion est trop belle pour rater l’aventure.

Et le sort va s’acharner. La veille de course, en revenant d’un dîner, notre voiture est percutée par un VTC qui faisait une marche arrière soudaine et rapide. Le temps que la remorqueuse arrive et que nous rentrions, la nuit est déjà bien entamée. Bref, le lendemain, c’est fatigué que je retrouve Bastien et Philippe dans le train de 12h56 pour Lyon.

Jour J

J’arrive à dormir une bonne heure sur le trajet. Puis, avec Philippe, nous faisons le tour du village et nous récupérons nos dossards. Je laisse Philippe sur place,qui partira sur la SaintExpress. Je monte dans la navette pour Saint-Etienne.

Sur le trajet, je vois la température annoncée par le bus qui diminue progressivement. Nous passons ainsi de 9 à 3 degrés en moins d’une heure. La nuit promet d’être froide!

Arrivé au Hall Expo de Saint-Etienne, j’installe mon camping pour me reposer un peu. Je n’arrive pas à dormir mais cela me permet de recharger un peu les batteries avant la longue nuit qui attend les 7000 coureurs inscrits sur la Saintelyon en solo. Je participe à la Pasta Party puis je retourne camper un peu.

À 22h, je rejoins Bastien dans le second Hall. Juste le temps de prendre une photo avec lui et Carine puis je me dirige avec XXX sur la ligne de départ, une heure avant le coup de feu. Le temps de faire les derniers réglages du matos et nous entendons la 1ère vague partir. Car oui, bien qu’étant sur la ligne de départ une heure à l’avance, nous ne partons pas les premiers. Dix minutes plus tard, c’est à notre tour de nous lancer sur le parcours. Je souhaite une bonne course à mon camarade du jour et je m’élance pour une longue nuit blanche.

Saintélyon: 4ème!

J’essaie de ne pas partir trop vite. Les repères sont difficiles sans trop d’entraînements dans les pattes, juste 4-5 séances sur le dernier mois. Du coup, je me fie à mon expérience et j’essaie de ralentir la foulée. Le souffle est là. Mais je sais que le problème sera surtout musculaire. J’attends des crampes bien méritées pour la fin du parcours.

Mais pour le moment, c’est roulant. On est sur une longue partie de bitume que je ne connais car l’itinéraire a changé. La température est assez fraîche et elle doit avoisiner les 0 degrés. Le peloton s’étire doucement. Nous commençons à rattraper les derniers de la vague précédente.

Lorsque la route devient soudainement un sigle track en partant sur la droite, c’est tout de suite les bouchons. Un peu bizarre de la part des organisateurs d’instaurer un rétrécissement si tôt sur le parcours, alors que l’affluence de coureurs est à son record.
Du coup, on ne court pas vraiment. On ne marche pas non plus pour autant. Certains coureurs tentent de passer sur les côtés mais c’est dépenser beaucoup d’énergie pour un gain d’à peine quelques mètres.

Au bout de plusieurs minutes, je peux enfin dérouler. Je me sens plutôt bien mais je cours sans forcer, afin de garder des forces pour le reste du parcours. Finalement, j’arrive très vite à Saint-Christo-en-Jarez, après 1h33 de course. Je prends un petit ravitaillement thé chaud et quelques fruits avant de repartir.

Saint-Christo en Jarez: tout roule!

Le flot de coureurs est moins important. Je peux alors courir un peu plus comme je veux. Par moment, j’éteins ma Nao car l’éclairage des lampes des coureurs à mes côtés suffit sur les chemins larges que nous empruntons. Dès que le passage se rétrécit ou dès que ça descend, je la rallume pour savoir un peu mieux ou je mets les pieds.

Sur le parcours, ça glisse par endroit mais rien de bien méchant. Le froid n’est pas trop piquant. Y a moyen de faire un chrono si on est venu pour ça. Mais ce n’est pas mon objectif du jour. J’ai juste l’envie de terminer dans de bonnes conditions, enfin pas trop mauvaises.

Le temps passe vite avec une allure plutôt bien imprimée. Saint-Catherine se profile après moins de 3h de course. Les jambes sont encore là.

Saint-Catherine: toujours les 2 jambes

Je profite encore une fois du ravito pour refaire le plein car je ne touche pratiquement pas à la réserve d’eau dans mon sac ni aux barres de céréales que j’ai en poche. J’ai perdu l’habitude de m’alimenter en courant. Du coup, je me rattrape sur les ravitos, qui sont finalement assez proches.

Je me sers de boisson chaude et d’une demi-banane en quittant le ravito, que je déguste en marchant. Puis je repars. La foulée est toujours bonne. Ca tombe bien, il va en falloir dans les jambes pour apprécier les 200 mètres de dénivelé à avaler sur moins de 800m. Par rapport au reste du parcours, ca coupe le rythme. D’ailleurs, on n’entend plus personne. Car sur la course, on n’entend toujours deux personnes discuter. Mais là, le souffle est court. Certains se mettent à me doubler dès le début de cette portion montante. Moi, je me mets dans mon rythme pour monter sans trop griller d’énergie. Résultat: au milieu de la pente, je repasse devant mes « doubleurs », la langue tirée et le souffle court. J’arrive en haut avec les jambes quand même atteintes et repartir en courant n’est pas si facile qu’il en a l’air.

Pourtant, je reprends vite mon rythme. Le plus dur en termes de « dénivelé » est passé, je déroule la foulée. Je suis toujours surpris de voir les coureurs freiner des quatre fers dès que ca descend. Ca fatigue beaucoup plus que de se laisser aller dans la pente…

Un moment, le terrain se fait très humide. Les coureurs s’arrêtent et passent sur les côtés les plus secs. Moi, je les double en traverser le sol trempé, n’hésitant pas à les qualifier de poules mouillées à mon passage.

Saint-Genou: les genoux grincent

J’arrive à Saint-Genou après 4h23 de course. Toujours un ravito rapide mais repartir devient difficile. J’ai envie de m’assoire. Je m’assois d’ailleurs pour apprécier mon maigre repas. Mais sur ce ravito extérieur, je prends vite froid et je décide de repartir. Je mets presque 10 minutes pour me réchauffer.

La fatigue commence aussi à se faire sentir. J’ai le nez dans ma foulée et je lève la tête pour essayer de me réconforter par le décor. Mais un rideau blanc cache le spectacle. Le froid et le brouillard règnent en maîtres sur cette course, même si nos frontales tentent de déchirer ce rideau blanc dans la nuit.

Je reste concentré sur mes pieds, sur le sol. Je ne veux pas me faire une stupide gamelle en me prenant les pieds dans une branche ou dans une pierre.

Soucieux en Jarrest: fatigué

J’arrive à Soucieux à 6h du matin. Après 52 bornes, je pers quelques places pour arriver 700ème. Je me ferai bien un petit somme. J’ai envie de dormir. Le manque de sommeil de ces derniers jours se fait ressentir. Je m’assois dans cette salle tout confort qui nous sert de lieu de ravitaillement. Je prend smon temps. Après tout, je ne suis pas là pour améliorer mon chrono. Mais je suis là pour quoi au fait? Peut-être pour cette ambiance particulière de courir en pleine nuit? Rallier deux villes comme Saint-Etienne et Lyon? Courir en plein hiver dans les bois? Participer à la création de cette longue chenille de lumière, faite de nos frontales?

Je discute un peu avec des relayeurs Puis je décide à repartir. La sortie de la salle des sports est laborieux. Les muscles sont raides et ils ont du mal à me relancer.

Je force pour avancer. La fatigue s’installe. Nous sommes plus sur des portions de route, du coup, il suffit de se mettre sur une allure de croisière et d’avancer. L’envie de marcher est grande, mais en marchant, on n’avance beaucoup moins vite, c’est sûr. Le mieux est donc de courir.

Les givres couvrent les voitures que nous croisons. Le parcours connaît un ou deux endroits glacés, sur lesquels il faut faire attention. Mais globalement, le terrain est plutôt sec et roulant.

Lorsque j’aperçois au loin le ravito de Chaponost, je me mets à marcher. Mes yeux se ferment presque tous seuls.

Chaponost: qu’on en finisse!

62 bornes, 791ème, 7h15 de course. Il y a deux ans, je terminais la Saintélyon en 7h26. Il me restait donc plus que 10 minutes… Mais là, j’en ai encore au moins pour 1h30. Surtout si je reste 20 minutes au ravito! Il fait si bon!

Et pendant que je me sers une tartine de pain d’épices, Laurent, avec qui j’avait pris le départ, me retrouve. il a l’air en plein forme pour terminer les 10 dernières bornes. Je lui souhaite bonne course et de me faire un signe quand il me doublera. Il ne faudra pas que j’attende longtemps puisqu’il me double 500 mètres après le ravito.

Le jour se lève progressivement. Les premières lumières du soleil réveillent mon cerveau. Je sais qu’on va commencer des zigs et des zags avant de franchir la ligne. Nous arrivons à l’aqueduc de Beaunant. Autrefois, on y arrivait plus tôt dans la course, la distance à faire jusqu’à l’arrivée était plus importante. Du coup, il faisait encore nuit et on pouvait contempler le monument éclairé. C’était magique. Là, le monument est encore embrumé. Et il faut attaquer la longue côté que j’avais couru pourtant il y a deux là. Pour aujourd’hui, j’alterne marche et course. Avec une dominance de marche.

Dernière ligne droite

Puis on repart pour atteindre le parcours aventure de Saint-Foy. Puis, avant d’entrer dans le parc suivant, le bénévole nous annonce qu’il ne reste que 3km. Je me force de courir alors que certains marchent dès que le chemin monte légèrement.

2km avant l’arrivée. Je poursuis puis j’atteins les fameuses marches qui sont dévalées deux par deux comme à mon accoutumée. Le parcours retrouve les bords de la Saône. J’emprunte les escaliers en fer, après être passé sous l’autoroute du soleil, qui permettent d’accéder à la dernière ligne droite. Je contourne le superbe musée de la Confluence avant de traverser le Rhône. Il reste moins d’un km. J’accélère comme je peux. Du monde attend son coureur, n’hésitant pas néanmoins à applaudir les coureurs. J’entre dans la halle Tony Garnier et je franchis la ligne après 8h33 de course. C’était ma Sainté la plus longue, avec l’entraînement le plus court. Forcément.

8h33 de course!

 

Ma 4eme Saintelyon. Sans doute la plus dure. 8h35. Maintenant miam-miam douche et dodo avant de rentrer à Paris.

Une photo publiée par Greg Runner (@greg_runner) le

Je finis en 779ème position. Pas si mal pour un retour. Il va y avoir du boulot. Mais cette course me permet de me remettre sur la rails pour l’année 2017. Et j’espère réaliser plein de belles courses et de nouveaux défis!

8 Commentaires

  1. Tout un résultat pour le peu d’entraînement que tu as eu. Bravo ! J’en profite pour te souhaiter une bonne année 2017.

  2. waouuu !! Bravo pour ce périple de running, cela force le respect !

  3. comme toujours ,un vrais plaisir de te lire et de courir avec toi en pensée merci pour le partage, bonne année 20017 pleine de défis et de belle course 🙂

  4. Bonsoir Greg
    Félicitation quand même, malgré le peu d’entrainement c’est un bon résultat.
    Quel est ton programme pour 2017 ?

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